vendredi 10 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2103129 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | VRAY |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 14 septembre 2021, le président de la 5ème section du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif d'Amiens le dossier de la requête de M. B A.
Par cette requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 8 juin 2021 et 10 juin 2022, M. A, représentée par Me Detrez-Cambrai, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 mars 2021 par lequel le directeur général de Voies navigables de France a mis fin à ses fonctions au sein de l'établissement ;
2°) d'enjoindre au directeur général de Voies navigables de France de faire droit à sa demande d'intégration directe ou, à titre subsidiaire, de la réexaminer, le tout dans un délai de sept jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de Voies navigables de France une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente dès lors notamment que la délégation produite ne comporte pas dans son champs l'acte attaqué ;
- cet arrêté a été pris au terme d'une procédure qui n'était pas contradictoire et est donc irrégulière, dès lors qu'elle méconnaît l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration et que la décision a été prise en considération de sa personne ;
- cet arrêté est illégal dès lors qu'il ne s'est pas fondé sur un rapport hiérarchique antérieur contrairement à ce qui est indiqué dans ses visas ;
- cet arrêté est illégal dès lors qu'il n'a jamais été destinataire d'une appréciation sur sa manière de servir et n'a donc pu la corriger ;
- cet arrêté est illégal en raison de l'erreur manifeste d'appréciation dont sont entachées la décision du 16 février 2021 de ne pas renouveler son détachement et la décision de rejeter sa demande d'intégration directe.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 janvier 2022, le directeur général de Voies navigables de France, représenté par Me Vray, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de M. A une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est dirigée contre un acte confirmatif et qui ne fait pas grief ;
- la décision refusant l'intégration directe de M. A ainsi que celle fixant le terme de son détachement sont devenues définitives ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 13 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 8 juillet 2022 à 12 heures.
Voies navigables de France a produit une note en délibéré le 25 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des transports ;
- le décret n° 2013-1041 du 20 novembre 2013 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Richard, rapporteur,
- les conclusions de Mme Minet, rapporteure publique,
- et les observations de Me Vray, représentant Voies navigables de France.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, surveillant principal de l'administration pénitentiaire, a été détaché dans le grade d'agent d'exploitation principal des travaux publics de l'Etat à compter du 1er mai 2019 et affecté au sein de la direction territoriale du bassin de la Seine de Voies navigables de France, pour occuper l'emploi d'agent de touage. Le 2 octobre 2020, M. A a présenté à Voies navigables de France une demande à être intégré dans son corps d'accueil à laquelle il n'a pas été donné de suite. Par un courrier du 16 février 2021, Voies navigables de France a informé l'intéressé que son détachement ne serait pas renouvelé. Par un arrêté du
17 mars 2021 dont l'intéressé demande l'annulation, le directeur général de Voies navigables de France a mis fin aux fonctions de l'intéressé au sein de l'établissement.
Sur les fins de non-recevoir opposée par Voies navigables de France :
2. Alors qu'il ressort des pièces du dossier que Voies navigables de France a informé M. A que son détachement ne serait pas renouvelé par un courrier du 16 février 2021 et n'a donné aucune suite à sa demande d'intégration directe du 2 octobre 2020, cet établissement n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué ne fait pas grief à l'intéressé, sans qu'y fasse obstacle la circonstance qu'il n'ait pas présenté de demande de renouvellement de son détachement. Par ailleurs, à supposer même que l'arrêté attaqué se borne à confirmer le refus de renouveler le détachement de M. A, celui-ci n'était pas devenu définitif à la date de présentation de la requête, à défaut d'indication des voies et délais de recours. Dès lors, Voies navigables de France n'est pas fondé à soutenir que la requête serait irrecevable comme dirigée à l'encontre d'un acte purement confirmatif ou qui ne ferait pas grief à son destinataire.
Sur la légalité de l'arrêté attaqué :
3. D'une part, aux termes de l'article L. 4312-3-1 du code des transports : " Le personnel de Voies navigables de France comprend, dans les conditions prévues à l'article
L. 4312-3-3 : / 1° Des fonctionnaires de l'Etat ; / 2° Des ouvriers des parcs et ateliers des ponts et chaussées et des bases aériennes de l'Etat ; / 3° Des agents non titulaires de droit public ; / 4° Des salariés régis par le code du travail ". Aux termes de l'article L. 4312-3-1 du code des transports : " () Le directeur général a autorité sur l'ensemble des personnels de l'établissement. / Il peut disposer d'une délégation de tout ou partie des pouvoirs du ministre chargé des transports en matière de gestion et de recrutement des personnels mentionnés aux 1° et 2° de l'article L. 4312-3-1, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ".
4. D'autre part, aux termes du I de l'article 2 du décret du 20 novembre 2013 autorisant le ministre chargé du développement durable à déléguer certains de ses pouvoirs de recrutement et de gestion d'agents placés sous son autorité : " I. ' Hormis pour les membres du corps des adjoints administratifs et sous réserve des dispositions du II, la délégation de pouvoirs du ministre chargé du développement durable ne peut porter sur les décisions soumises à l'avis préalable des commissions administratives paritaires ou des commissions consultatives paritaires, ni sur les décisions relatives : / 1° Au recrutement des fonctionnaires et des personnels non titulaires en application des articles 4, 6, 6 quinquies et 6 septies de la loi du 11 janvier 1984 susvisée ; / () 3° A l'affectation en position d'activité ; / () 5° Au détachement ; () ".
5. Si, par une décision du 1er mars 2021 publié au bulletin officiel des actes de Voies navigables de France du 2 mars 2021, le signataire de l'arrêté attaqué, adjoint à la secrétaire générale de la direction territoriale du bassin de la Seine et Loire aval des Voies navigables de France, a reçu délégation de signature du directeur territorial à l'effet de signer certaines décisions relatives à la gestion des ressources humaines visées " à l'annexe 1 et aux annexes 1 et 2 ", l'arrêté attaqué ne figure pas au nombre des décisions dont la liste est dressée aux termes de ces annexes. Par ailleurs, en admettant même que la décision de délégation du 1er mars 2021 soit entachée d'une erreur matérielle sur ce point, la portée de cette erreur ne peut, compte tenu des textes cités au point 3 et 4 qui régissent cette décision, être déterminée ni par les termes de cette décision, ni par les autres pièces du dossier. Dès lors, M. A est fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence et à en demander pour ce motif l'annulation, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens qu'il invoque à l'appui de ses conclusions.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Eu égard au motif qui la fonde, l'annulation prononcée par le présent jugement implique uniquement que la situation de M. A soit réexaminée par le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, au demeurant seule autorité compétente à cette fin en application des dispositions citées aux points 3 et 4. Il y a lieu d'enjoindre au directeur général de Voies navigables de France de saisir le ministre à cette fin dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. A, qui n'est pas la partie perdante, la somme demandée par Voies navigables de France sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
8. Enfin, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Voies navigables de France la somme demandée par M. A sur le fondement de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté attaqué du 17 mars 2021 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au directeur général de Voies navigables de France de saisir le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires de la situation de M. A en vue de son réexamen, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Les conclusions des parties présentées sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à Voies navigables de France.
Copie en sera adressée au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Délibéré après l'audience du 25 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- Mme Rondepierre, première conseillère,
- M. Richard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 février 2023.
Le rapporteur,
signé
J. Richard
Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
No 2103129
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026