jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2103140 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU1 |
| Avocat requérant | ROUTIER SOUBEIGA MARINA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 septembre 2021, et des mémoires complémentaires enregistrés le 17 février 2022 et le 24 janvier 2023, Mme B A, représentée par Me Routier-Soubeiga, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle Pôle emploi a rejeté son recours administratif préalable contre une décision du 31 mars 2021 relative à un indu d'allocation de solidarité spécifique sur la période de mars 2019 à décembre 2020 ;
2°) d'annuler la décision du 31 mars 2021 par laquelle Pôle emploi lui a notifié un indu d'allocation de solidarité spécifique ;
3°) de lui accorder une remise gracieuse totale de l'indu d'allocation de solidarité spécifique, à hauteur de 11 002,31 euros ;
4°) d'annuler la décision implicite par laquelle Pôle emploi a rejeté son recours formé contre la décision du 21 avril 2021 par laquelle Pôle emploi lui a infligé une sanction de radiation de la liste des demandeurs d'emploi et de suppression définitive des allocations durant une période de 12 mois ;
5°) d'annuler la décision de sanction du 21 avril 2021 ;
6°) d'enjoindre à Pôle emploi de la réinscrire sur la liste des demandeurs d'emploi, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
7°) de mettre à la charge de Pôle emploi la somme de 1 500 euros, au bénéfice de son conseil, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable dès lors qu'elle a formé un recours administratif préalable obligatoire qui a fait l'objet d'un rejet implicite ;
- son recours administratif préalable obligatoire portait sur l'ensemble des décisions dont elle a fait l'objet et notamment sur les indus dont elle a fait l'objet ;
- qu'elle a bien formé une demande de remise de dette dès lors que Pôle emploi a refusé par une décision du 21 avril 2021 sa demande d'effacement de dette, laquelle ne comporte pas les voies et délais de recours ;
En ce qui concerne l'indu d'allocation de solidarité spécifique :
- les décisions attaquées du 31 mars et du 21 avril 2021 ne sont pas signées, et ne précisent pas le nom et prénom de leur auteur, en méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la compétence de l'auteur de ces décisions n'est pas établie ;
- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;
- l'indu réclamé par la décision du 31 mars 2021 est fondé sur un motif entaché d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que la prise d'acte de la rupture du contrat de travail, intervenue le 24 avril 2019, a entrainé la cessation de son contrat de travail, que Mme A a informé Pôle emploi de cette rupture et qu'elle était donc sans emploi à compter du 24 avril 2019 ; qu'il ne pouvait par suite pas lui être reproché de n'avoir pas déclaré une activité professionnelle ;
- il est normal que l'employeur ait mentionné une rupture d'un commun accord de son contrat de travail dès lors que la prise d'acte de la rupture ne pouvait être qualifiée de justifiée que par le juge dans le cadre d'une requalification de la prise d'acte ;
- elle a toujours déclaré ses changements de situation et l'indu qui lui est réclamé a pour seule origine le retard de Pôle emploi dans l'actualisation de sa situation ;
- Pôle emploi a été avisé de la rupture du contrat de travail dès le 24 avril 2019, qui doit s'analyser comme un licenciement sans cause réelle et sérieuse ;
- elle a été contrainte de prendre acte de la rupture de son contrat de travail aux torts exclusifs de son employeur du fait de l'absence de paiement de ses salaires et heures supplémentaires ;
- le versement de dommages intérêts par l'employeur démontre que l'indemnité versée est en réalité une indemnité de licenciement ;
- le parquet a estimé que l'infraction pénale n'était pas suffisamment caractérisée faute d'intention frauduleuse et a abandonné les poursuites ;
En ce qui concerne la demande de remise gracieuse :
- elle est de bonne foi puisqu'elle n'avait pas repris d'activité professionnelle et ne s'est donc pas abstenue de déclarer une activité professionnelle ;
- elle fait face à des difficultés financières, touche le revenu de solidarité active, et fait face à une procédure d'expulsion de son logement ;
En ce qui concerne la sanction de radiation de la liste des demandeurs d'emploi et de suppression des allocations :
- elle doit être annulée compte tenu de ce que l'indu d'ASS qui lui est réclamé n'est pas fondé en l'absence d'omission de déclaration d'une activité professionnelle ;
- elle est de bonne foi.
Par des mémoires en défense enregistrés le 13 décembre 2021, le 17 mars 2022, et le 28 février 2023, Pôle Emploi, représenté par la SCP Bouquet Fayein-Bourgois Wadier, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A la somme de 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Pôle emploi soutient à titre principal :
- que les conclusions dirigées contre l'indu d'allocation de solidarité spécifique (ASS) et d'aide au retour à l'emploi (ARE) sont irrecevables dès lors que le recours préalable obligatoire formé par courrier du 6 mai 2021 n'est dirigé que contre la décision de radiation de la liste des demandeurs d'emploi du 31 mars 2021, et non contre les décisions de notification d'indus d'ASS et d'allocation d'aide au retour à l'emploi en date du 31 mars 2021 ;
- que les conclusions tendant à la remise gracieuse de sa dette relative à l'indu d'ASS sont irrecevables car Mme A n'a pas formé de demande d'effacement de dette auprès de Pôle emploi ;
- que les conclusions dirigées contre la décision implicite rejetant son recours administratif préalable obligatoire contre la décision de sanction du 21 avril 2021 sont irrecevables car une décision explicite de rejet de ce recours a été prise le 2 juillet 2021 et s'est substituée à la décision initiale ;
- que si Mme A justifie de deux décisions en date du 21 avril et 26 mai 2021 portant refus d'effacement de dette pour des montants de 1 111,26 euros et 11 0002,31 euros, elle n'a pas formé de recours préalable contre ces décisions, ni présenté de demande indemnitaire à Pole emploi ;
Il soutient à titre subsidiaire que :
- les conclusions relatives au trop-perçu d'ASS doivent être rejetées car la rupture du contrat de travail le 24 avril 2019 devait être considérée comme une rupture volontaire, laquelle faisait obstacle au versement du reliquat d'allocations de retour à l'emploi (ARE) auquel elle avait encore droit à cette date ;
- la prise d'acte de rupture d'un contrat de travail ne constitue pas l'un de cas de privation involontaire d'emploi prévu à l'article 2 du règlement annexé à la convention du 14 mai 2013, pas davantage que la " rupture d'un commun accord avec transaction " mentionnée sur son attestation employeur du 24 avril 2019 ;
- par suite, le droit à l'ARE n'étant pas épuisé, Mme A ne pouvait prétendre à bénéficier de l'ASS ;
- le trop-perçu d'ASS pour la période du 18 mars 2019 au 31 décembre 2020 est donc fondé ;
- les conclusions tendant à la remise de dette doivent être rejetées compte tenu de l'abstention fautive de l'intéressée de déclarer avant le 5 janvier 2021 la reprise d'un emploi à compter du 20 juin 2017 et la fin de son contrat de travail le 24 avril 2019, et compte tenu de l'absence de justificatifs sur sa situation personnelle ;
- la décision de sanction est justifiée car Mme A n'a déclaré ni ses périodes de prise en charge par la sécurité sociale au titre d'indemnité journalières, ni ses périodes d'activité alors qu'elle était tenue de déclarer son activité et ses périodes de maladie lors de son actualisation mensuelle ;
- les dommages et intérêts alloués dans le cadre de la transaction avec l'employeur ne constituent pas une indemnité de licenciement dès lors que la requérante ne verse pas l'accord transactionnel, ni de bulletin de salaire et d'attestation employeur conformes à cette situation ;
- la requérante n'a déclaré son changement de situation que le 5 janvier 2021 dans le cadre d'un entretien avec son conseiller sans jamais le faire sur son espace personnel avant, et alors que les " incidents de paiement " ne sont pas rares depuis 2007 ;
- la circonstance que les poursuites pénales aient été déclarées sans suite est sans incidence sur le bien-fondé de la créance.
Par une décision du 25 août 2021, Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu :
- le code du travail ;
- le décret n° 2017-826 du 5 mai 2017 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Galle, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Le rapport de Mme Galle a été entendu au cours de l'audience publique du 14 septembre 2023.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a perçu des allocations de retour à l'emploi entre le 20 mai 2016 et le 20 juillet 2017. Elle a perçu des indemnités journalières de l'assurance maladie du 7 juin au 20 juillet 2016. Le 20 juin 2017, Mme A a repris un emploi salarié. Elle a saisi le conseil des prud'hommes en raison de l'absence de paiement de ses salaires en janvier 2018. A compter du 5 juin 2018 jusqu'au 17 mars 2019, elle était en congé de maladie. Elle a été admise au bénéfice de l'allocation de solidarité spécifique à compter du 18 mars 2019, jusqu'au 31 décembre 2020. Par un courrier du 24 avril 2019, elle a pris acte de la rupture de son contrat de travail. A la suite d'un entretien avec l'intéressée en janvier 2021, Pôle emploi a détecté d'une part un indu d'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE), et d'autre part un indu d'allocation de solidarité spécifique (ASS). Le montant de l'indu d'allocation de solidarité spécifique concernait la période de mars 2019 à décembre 2020 pour un montant de 11 002,31 euros. Par deux courriers distincts du 31 mars 2021, Pole emploi a notifié ces indus à Mme A. D'autre part, Pole emploi a prononcé, le 21 avril 2021, une sanction de radiation de la liste des demandeurs d'emploi durant 12 mois et de suppression des allocations à l'encontre de Mme A, au motif qu'elle avait omis de déclarer son activité salariée. Par un courrier du 6 mai 2021 reçu le même jour, Mme A a formé un recours administratif préalable obligatoire contre la décision de sanction du 21 avril 2021. Par une décision du 2 juillet 2021, Pôle emploi a confirmé la décision de sanction initiale. D'autre part, Pôle emploi a rejeté, par une décision du 26 mai 2021, la demande formée par Mme A tendant à la remise gracieuse de sa dette.
2. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal, d'une part, d'annuler la décision du 31 mars 2021 lui notifiant un indu d'allocation de solidarité spécifique, ainsi que la décision implicite rejetant son recours administratif préalable contre cette décision, d'autre part, d'annuler la décision du 21 avril 2021 prononçant à son encontre une sanction de radiation de la liste des demandeurs d'emploi pour 12 mois et de suppression des allocations, ainsi que la décision implicite rejetant son recours gracieux formé contre cette décision. Enfin, Mme A demande au tribunal de lui accorder une remise gracieuse de sa dette résultant d'un indu d'allocation de solidarité spécifique.
En ce qui concerne les conclusions relatives à la décision de récupération de l'indu d'allocation de solidarité spécifique :
3. Aux termes de l'article R. 5426-19 du code du travail, dans sa rédaction alors applicable : " Le débiteur qui conteste le caractère indu des prestations qui lui sont réclamées forme un recours gracieux préalable devant le directeur général de Pôle emploi dans un délai de deux mois à compter de la date de notification de l'indu par Pôle emploi. Conformément aux dispositions de l'article L. 411-7 du code des relations entre le public et l'administration, lorsque la décision du directeur général de Pôle emploi sur ce recours gracieux n'a pas été portée à la connaissance du requérant dans le délai de deux mois, l'intéressé peut considérer sa contestation comme rejetée. Il peut alors, s'il le souhaite, se pourvoir devant le juge compétent. "
4. Il résulte de l'instruction que si Mme A a fait parvenir un courrier à Pole emploi daté du 6 mai 2021, dans lequel elle expose sa situation, et mentionne notamment avoir l'objet de deux " indus ", ce courrier se présente exclusivement comme une contestation de la décision du 21 avril 2021 portant radiation de Mme A de la liste des demandeurs d'emploi et suppression de ses allocations. Il ne comporte aucune demande ni argumentation précise contestant le bien-fondé de l'indu d'allocation de solidarité spécifique notifié à Mme A par une décision du 31 mars 2021, pour un montant de 11 002,31 euros, et portant sur la période de mars 2019 à décembre 2020. Par suite, Pôle emploi est fondé à soutenir qu'en l'absence de recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision du 31 mars 2021 portant récupération de l'indu d'allocation de solidarité spécifique, les conclusions présentées par Mme A devant le juge tendant à l'annulation de la décision du 31 mars 2021 portant récupération de cet indu sont irrecevables, et doivent être rejetées.
En ce qui concerne les conclusions dirigées contre le refus de remise gracieuse de la dette résultant de l'indu d'allocation de solidarité spécifique :
5. Il résulte de l'instruction que par une décision explicite du 26 mai 2021, intitulé " refus de votre demande d'effacement de dette ", Pole emploi a rejeté la demande de Mme A tendant à la remise gracieuse de sa dette relative à un indu d'allocation de solidarité spécifique.
6. Sur le fondement de l'article L. 5426-8-3 du code du travail, Pôle emploi est autorisé " à différer ou à abandonner la mise en recouvrement des allocations, aides, ainsi que de toute autre prestation indûment versées () pour le compte de l'État () ". Pour l'application de ces dispositions, il y a lieu de rechercher si la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction de dette.
7. Il résulte de l'instruction, et il n'est pas contesté, que Mme A n'a pas déclaré la reprise de son activité salariée en juin 2017, alors qu'elle était bénéficiaire de l'allocation d'aide au retour à l'emploi. Si l'intéressée n'a plus perçu de rémunération à compter du mois de janvier 2018, et touché des indemnités journalières de l'assurance maladie, et si elle a pris acte de la rupture de son contrat de travail en avril 2019 après la fin du versement de ses indemnités journalières, elle n'a pas davantage déclaré à Pôle emploi la fin de son contrat intervenue le 24 avril 2019. Enfin, elle n'avait pas davantage déclaré une période de versement d'indemnités journalières comprise entre le 20 juin et le 7 juillet 2017. Pour ces motifs, Pole emploi a détecté en mars 2021 un indu d'allocation d'aide au retour à l'emploi, et un indu d'allocation de solidarité spécifique sur la période de mars 2019 à décembre 2020, aux motifs que, à la date du 24 avril 2019, d'une part ses droits à l'ARE n'étaient en réalité pas épuisés puisque l'ARE n'était pas due durant la période de versement des indemnités journalières en juin et juillet 2017, et d'autre part, que la fin de son contrat de travail en avril 2019 n'ouvrait pas droit à ARE. Si Mme A, en se référant à ses moyens développés à l'appui de ses conclusions relatives à la décision de récupération de l'indu d'ASS, fait valoir que la prise d'acte de son contrat de travail doit être assimilée à un licenciement dès lors qu'elle fait suite à un refus de son employeur de lui verser sa rémunération, que le conseil des prud'hommes a pris acte de l'accord transactionnel conclu entre elle et son employeur en mars 2020, il est toutefois constant que l'absence de déclaration par Mme A de ses différents changements de situation, relatives à la reprise d'emploi puis à la cessation de cet emploi, ont été à l'origine de ces indus. Cette omission constitue une fausse déclaration même si l'intéressée n'a perçu aucune rémunération entre avril 2019 et décembre 2020. Par suite, la condition de bonne foi n'étant pas remplie, Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision par laquelle Pole emploi a rejeté sa demande de remise gracieuse de sa dette résultant d'un indu d'ASS. Sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir soulevée en défense, ni d'examiner si la condition de précarité était remplie, ses conclusions à fin d'annulation de la décision du 26 mai 2021 doivent donc être rejetées.
Sur les conclusions relatives à la sanction de radiation de la liste des demandeurs d'emploi et de suppression des allocations :
8. Si Mme A demande au tribunal d'annuler la décision du 21 avril 2021 portant sanction de radiation de la liste des demandeurs d'emploi et suppression des allocations, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux contre cette décision, il résulte de l'instruction que cette décision a fait l'objet d'un recours administratif préalable obligatoire, qui n'a fait l'objet d'aucune décision implicite de rejet, mais d'une décision explicite de rejet en date du 2 juillet 2021. Par suite, Mme A ayant exercé un tel recours préalable, ses conclusions doivent être regardées comme dirigées contre la décision du 2 juillet 2021, qui s'est substituée à celle du 21 avril 2021.
9. Aux termes de l'article L. 5412-2 du code du travail : " Est radiée de la liste des demandeurs d'emploi, dans des conditions déterminées par un décret en Conseil d'Etat, la personne qui a fait de fausses déclarations pour être ou demeurer inscrite sur cette liste. ". Aux termes de l'article R 5412-1 du même code : " Le directeur régional de Pôle emploi radie les personnes de la liste des demandeurs d'emploi dans les cas prévus aux articles L. 5412-1 et L. 5412-2, à l'exclusion des bénéficiaires du contrat d'engagement jeune mentionné à l'article L. 5131-6 pendant la durée dudit contrat. " Aux termes de l'article R. 5412-4 du même code : " Le retrait du bénéfice du revenu de remplacement pour l'un des motifs énumérés à l'article R. 5426-3 entraîne pour l'intéressé la radiation de la liste des demandeurs d'emploi. ". Aux termes de l'article R. 5412-5 du même code : " La radiation de la liste des demandeurs d'emploi entraîne l'impossibilité d'obtenir une nouvelle inscription : () 3° Pendant une période dont la durée est comprise entre six et douze mois consécutifs lorsque sont constatées les fausses déclarations mentionnées à l'article L. 5412-2. /L'appréciation du caractère répété des manquements tient compte des nouveaux manquements constatés dans un délai de deux ans à compter du jour de la notification de la radiation concernant le premier manquement. "
10. Aux termes de l'article L. 5426-2 du code du travail : " Le revenu de remplacement est supprimé par Pôle emploi dans les cas mentionnés aux 1° à 3° de l'article L. 5412-1, à l'article L. 5412-2 et au II de l'article L. 5426-1-2. / Il est également supprimé en cas de fraude ou de fausse déclaration. Les sommes indûment perçues donnent lieu à remboursement. ". Aux termes de l'article R. 5426-3 du code du travail : " I.-Le directeur mentionné à l'article R. 5312-26 supprime le revenu de remplacement mentionné à l'article L. 5421-1 pour une durée limitée ou définitivement selon les modalités suivantes : () / 3° En cas de manquement mentionné à l'article L. 5412-2 et, en application du deuxième alinéa de l'article L. 5426-2, en cas d'absence de déclaration, ou de déclaration mensongère du demandeur d'emploi, faites en vue de percevoir indûment le revenu de remplacement, il supprime ce revenu de façon définitive. Toutefois, lorsque ce manquement est lié à une activité non déclarée d'une durée très brève, le revenu de remplacement est supprimé, en cas de premier manquement, pour une durée de deux à six mois et, en cas de manquements répétés, de façon définitive. / L'appréciation du caractère répété des manquements tient compte des nouveaux manquements constatés dans un délai de deux ans à compter du jour de la notification de la décision de radiation ou de suppression du revenu de remplacement concernant le premier manquement. () "
11. Ainsi qu'il a été dit au point 7, il est constant que Mme A n'a ni déclaré sa reprise d'emploi en juin 2017, ni la cessation de cet emploi en avril 2019, ces éléments n'ayant été indiqués qu'en janvier 2021 à l'occasion d'un entretien. La circonstance que Mme A n'a reçu les documents de son employeur à la suite de sa prise d'acte de la rupture de son contrat de travail en avril 2019 que tardivement ne faisait pas obstacle à ce qu'elle déclare d'une part sa reprise d'emploi en juin 2017 et d'autre part la cessation de son contrat le 24 avril 2019. Par suite, cette omission doit être regardée comme une fausse déclaration en vue de percevoir indument le revenu de remplacement, même si Mme A n'a plus perçu de rémunération de la part de son employeur à compter de janvier 2018. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir que la sanction qui lui a été infligée, d'une durée de 12 mois de radiation de la liste des demandeurs d'emploi, en application des articles R. 5412-5 et R. 5426-3 du code du travail, serait disproportionnée. Les conclusions de Mme A tendant à l'annulation de cette sanction doivent, par suite, être rejetées.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de Pôle emploi, qui n'est pas partie perdante dans la présente affaire, au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme A la somme demandée par Pôle emploi sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par Pôle emploi sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à Pôle Emploi.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.
La magistrate désignée,
Signé
C. Galle
Le greffier,
Signé
J-F Langlois
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026