jeudi 6 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2103467 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | QUENNEHEN-TOURBIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 octobre 2021, M. D A, représenté par Me Tourbier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 août 2021 par laquelle le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande de reconnaissance de la qualité d'apatride ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides de lui reconnaître le statut d'apatride dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de la décision attaquée ;
- la décision attaquée méconnaît des dispositions de l'article L. 582-1 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 1er de la convention de New York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 janvier 2022, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une décision du 27 octobre 2021, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Par une ordonnance du 19 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 11 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de New York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bazin, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Guilbaud, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D A déclare être né le 4 août 2001 à Shariat Pur au Bengladesh. Sa tutelle a été confiée au conseil départemental de l'Aisne par une ordonnance du 6 novembre 2018 du juge des affaires familiales chargé des tutelles des mineurs du E de grande instance de Laon. Il a formé une demande d'asile qui a fait l'objet d'une décision de rejet de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 31 octobre 2019. Il a saisi, le 3 février 2021, l'OFPRA d'une demande de reconnaissance de la qualité d'apatride sur le fondement des stipulations de la Convention de New York du 28 septembre 1954. Par une décision du 23 août 2021, le directeur général de l'Office a rejeté cette demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, la décision litigieuse a été signée par Mme C B, cheffe du bureau de l'apatridie en vertu d'une délégation consentie par le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides par une décision du 3 mai 2021 publiée le lendemain sur le site internet de l'Office, à l'effet de signer tous actes individuels pris en application, notamment, de l'article L. 582-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.
3. Aux termes de l'article 1er de la convention de New York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides : " 1. Aux fins de la présente Convention, le terme " apatride " désigne une personne qu'aucun État ne considère comme son ressortissant par application de sa législation. () ". Aux termes de l'article L. 582-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La qualité d'apatride est reconnue à toute personne qui répond à la définition de l'article 1er de la convention de New York du 28 septembre 1954 relative au statut des apatrides. Ces personnes sont régies par les dispositions applicables aux apatrides en vertu de cette convention. ". Aux termes de l'article L. 582-2 du même code : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides reconnaît la qualité d'apatride aux personnes remplissant les conditions mentionnées à l'article L. 582-1, au terme d'une procédure définie par décret en Conseil d'Etat. ". La reconnaissance de la qualité d'apatride implique d'établir que l'Etat susceptible de regarder une personne comme son ressortissant par application de sa législation ne le considère pas comme tel. Il incombe à toute personne se prévalant de la qualité d'apatride d'apporter la preuve qu'en dépit de démarches répétées et assidues, l'Etat de la nationalité duquel elle se prévaut a refusé de donner suite à ses démarches.
4. Pour rejeter la demande de reconnaissance de la qualité d'apatride du requérant, le directeur général de l'OFPRA a relevé que s'il se présente comme M. D A né le 4 août 2001 à Shariat Pur (Bengladesh) de deux citoyens bangladais, il n'a versé aucun justificatif muni d'une photographie permettant d'établir indubitablement son identité et, qu'en outre, bien qu'il y ait été invité, il n'a pas produit l'original de l'acte de naissance bangladais qu'il présentait comme le sien, empêchant de ce fait l'Office d'apprécier l'authenticité de cette pièce. L'Office a ensuite noté que, s'agissant de son parcours, notamment des conditions d'obtention de son document de voyage indien sous couvert duquel il indique être entré en France, ses propos sont apparus peu convaincants, qu'il ressort de l'arrêté préfectoral portant obligation de quitter le territoire du 1er août 2021 qu'il a versé et des éléments communiqués à l'Office par les autorités préfectorales qu'il est connu sous l'identité de M. D F, né le 13 mars 2000 en Inde, de nationalité indienne et qu'il a rejoint l'espace Schengen sous un document de voyage revêtu d'un visa dont l'authenticité n'a pas été remise en cause. Ainsi, l'Office a considéré que les pièces produites par l'intéressé ne permettaient pas d'établir son identité et son état civil réels et d'apprécier justement sa situation en matière de nationalité. Enfin, l'Office a estimé que les témoignages produits ne permettaient pas d'infirmer cette analyse et de démontrer que l'intéressé aurait accompli des démarches sérieuses et répétées, sous sa véritable identité, auprès d'un Etat susceptible de le reconnaître comme son ressortissant ni même d'ailleurs que celui-ci aurait refusé de le reconnaître comme tel.
5. M. A ne conteste pas avoir transmis à l'OFPRA seulement la copie d'un acte de naissance. S'il soutient qu'il ne dispose plus de l'original de son acte de naissance, mais qu'il a réalisé des démarches répétées auprès des autorités bangladaises sur le territoire français pour obtenir des documents d'identité, il n'établit pas cette allégation par les pièces qu'il produit, à savoir deux témoignages en date des 7 et 17 septembre 2020 qui attestent seulement que M. A s'est rendu à plusieurs reprises à l'ambassade du Bengladesh à Paris pour que lui soit délivré un passeport. Il ressort également du témoignage du 7 septembre 2020, qu'en juin 2019, lors d'un déplacement à l'ambassade, un traducteur a informé le travailleur social accompagnant M. A que ce dernier était surement de nationalité indienne ou pakistanaise. Enfin, le requérant ne conteste pas être connu sous l'identité de M. D F, de nationalité indienne et avoir voyagé à ce titre sous couvert d'un passeport dont l'authenticité n'a pas été remise en cause. À l'appui de sa requête, M. A n'apporte pas davantage d'éléments fiables et sérieux permettant d'établir la réalité de son état-civil et de son parcours. Dans ces conditions, la décision attaquée n'est ni entachée d'erreur de droit, ni d'erreur dans l'appréciation des stipulations de l'article 1er de la convention de New York du 28 septembre 1954 et des dispositions de l'article L. 582-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ces moyens doivent donc être écartés.
6. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 23 août 2021 par laquelle l'OFPRA a refusé de faire droit à sa demande de reconnaissance de la qualité d'apatride. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation ainsi que celles présentées à fin d'injonction et au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Me Tourbier et à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 22 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Galle, présidente,
Mme Pellerin, première conseillère,
Mme Bazin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.
La rapporteure,
signé
L. Bazin
La présidente,
signé
C. GalleLe greffier,
signé
J.-F. Langlois
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026