jeudi 28 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2103843 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SZYMANSKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 23 septembre 2021 et
20 janvier 2023, M. B A, représenté par Me Szymanski, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 22 octobre 2021 par laquelle le conseil municipal de la commune de Selens a décidé de ne pas le maintenir dans ses fonctions de premier adjoint au maire ;
2°) d'enjoindre à la commune de Selens de le réintégrer dans ses fonctions de premier adjoint au maire dans un délai de sept jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir ou, à défaut, lors de la première séance utile du conseil municipal suivant cette même date ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Selens une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les convocations n'ont pas été adressées aux membres du conseil municipal dans un délai de trois jours francs précédant la délibération attaquée en méconnaissance des dispositions de l'article L. 2122-11 du code général des collectivités territoriales ;
- la délibération attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales en portant sur la question de son maintien en qualité de premier adjoint au maire, sur laquelle le conseil municipal s'était déjà prononcé lors d'une précédente délibération du 30 septembre 2021 ;
- la délibération attaquée est entachée d'un détournement de pouvoir comme ayant été prise dans un but étranger à l'intérêt général dès lors que le maire de Selens a exercé des pressions sur les membres du conseil municipal afin de procéder à un nouveau vote portant sur son maintien en qualité de premier adjoint.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 mars 2022, la commune de Selens, représentée par Me Detrez-Cambrai, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les conclusions à fin d'annulation sont irrecevables faute de production de l'acte attaqué ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 10 février 2023, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 10 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Gars, rapporteur,
- les conclusions de Mme Minet, rapporteure publique,
- et les observations de Me Detrez-Cambrai, représentant la commune de Selens.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 9 septembre 2021, le maire de la commune de Selens a retiré à son premier adjoint, M. B A, sa délégation de signature aux affaires financières. Par une délibération du 30 septembre 2021, le conseil municipal de Selens s'est prononcé pour le maintien de M. A dans ses fonctions. Par deux délibérations du 22 octobre 2021, le conseil municipal a décidé, d'une part, de procéder au retrait de la délibération du 30 septembre 2021 et, d'autre part, de ne pas maintenir M. A dans ses fonctions de premier adjoint au maire de Selens. M. A demande au tribunal d'annuler cette dernière délibération.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2121-11 du code général des collectivités territoriales : " Dans les communes de moins de 3 500 habitants, la convocation est adressée trois jours francs au moins avant celui de la réunion () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que les convocations à la séance du conseil municipal du 22 octobre 2021 ont été adressées à ses membres le 18 octobre 2021. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que le délai de convocation de trois jours francs prescrit par les dispositions citées ci-dessus aurait été méconnu.
4. En deuxième lieu, aux termes, d'une part, de l'article L. 2121-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal. / () Lorsque le maire a retiré les délégations qu'il avait données à un adjoint, le conseil municipal doit se prononcer sur le maintien de celui-ci dans ses fonctions ".
5. D'autre part, aux termes de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration: " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision ". Selon l'article L. 243-1 du même code : " L'administration ne peut retirer un acte réglementaire ou un acte non réglementaire non créateur de droits que s'il est illégal et si le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant son édiction ".
6. Il ne résulte pas des dispositions de l'article L. 2121-8 du code général des collectivités territoriales que le conseil municipal ne puisse, le cas échéant et dans les conditions prévues par les dispositions du code des relations entre le public et l'administration citées au point précédent, prononcer le retrait de la déliberation par laquelle il a décidé de maintenir en fonction un adjoint sur le fondement du dernier alinéa de cet article. Dans ces conditions et dès lors que M. A ne conteste pas le motif pour lequel le conseil municipal a prononcé le retrait de sa délibération du 30 septembre 2021 lié au défaut d'information de ses membres, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que ce retrait, qui est intervenu moins de quatre mois après l'intervention de cette dernière délibération, ne pouvait être légalement prononcé, ni que le conseil municipal ne pouvait par suite délibérer de nouveau de ce point le 22 octobre 2021 consécutivement à ce retrait.
7. En troisième et dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment pas des témoignages produits par les parties, que les conseillers municipaux ayant demandé à procéder de nouveau à un vote relatif au maintien de M. A dans ses fonctions puis voté en défaveur de ce maintien auraient exclusivement agi à l'instigation du maire de la commune, alors même qu'un formulaire permettant de demander le retrait de la délibération du 30 septembre 2021 a été adressé aux conseillers municipaux. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que la délibération contestée serait entachée d'un détournement de pouvoir.
8. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non recevoir opposée en défense, les conclusions de la requête de M. A doivent être rejetées, y compris ses conclusions aux fins d'injonctions, ainsi que celles qu'il présente sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A une somme de 500 euros au profit de la commune de Selens sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera à la commune de Selens une somme de 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Selens.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Thérain, président,
Mme Rondepierre, première conseillère,
M. Le Gars, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 décembre 2023.
Le rapporteur,
signé
V. Le Gars
Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026