LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2104215

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2104215

mardi 19 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2104215
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSCP GOUTAL, ALIBERT & ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 20 décembre 2021 et le 30 septembre 2022, M. C D et Mme A D, représentés par Me Monamy, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 6 septembre 2021 par lequel le maire de la commune de Villers-Saint-Frambourg-Ognon a délivré à Mme E F un permis de construire une charreterie pour le stationnement de trois véhicules sur un terrain, cadastré section AC rue de la République sur le territoire de la commune ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Villers-Saint-Frambourg-Ognon et de Mme F la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- leur requête est recevable ;

- l'arrêté est intervenu à l'issue d'une procédure irrégulière, faute de nouvelle consultation de l'architecte des bâtiments de France postérieurement à la modification par la pétitionnaire de son projet de construction ;

- le puisard, construit au droit de la charreterie, n'est pas conforme aux dispositions de l'article UA4 du règlement écrit du plan local d'urbanisme (PLU) de Villers-Saint-Frambourg-Ognon, faute de précisions quant à son débit de fuite ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article UA6 du règlement écrit du PLU communal, la charreterie n'étant pas destinée à être édifiée à l'alignement ; en outre, le mur de clôture situé à l'alignement de la rue de la République, insuffisamment haut, rend visible la charreterie à partir du domaine public de sorte que cette construction, du fait de sa hauteur importante, porte atteinte aux caractéristiques urbaines de l'ancien bourg de la commune.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mars 2022, la commune de Villers-Saint-Frambourg-Ognon, représentée par Me Peynet, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors que les époux D sont dépourvus d'intérêt pour agir et qu'ils ne justifient pas de l'accomplissement des formalités de notification du recours contentieux prévues à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;

- en tout état de cause, les moyens qu'ils soulèvent ne sont pas fondés.

La requête a été communiquée à Mme F, qui n'a pas produit d'écritures dans la présente instance.

Par une ordonnance du 3 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 4 novembre 2022 à 12h00.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Beaucourt, conseillère,

- les conclusions de M. Lapaquette, rapporteur public,

- et les observations de Me Lacoste, représentant les époux D.

Considérant ce qui suit :

1. Le 14 juin 2021, Mme E F a déposé une demande de permis de construire une charreterie pour le stationnement de trois véhicules sur le terrain qui lui appartient, cadastré section AC rue de la République sur le territoire de la commune de Villers-Saint-Frambourg-Ognon. Par un arrêté du 6 septembre 2021, le maire de la commune a délivré le permis sollicité. Par leur requête, M. C D et Mme A D, voisins immédiats du projet, demandent l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 425-18 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet porte sur la démolition d'un bâtiment situé dans un site inscrit en application de l'article L. 341-1 du code de l'environnement, le permis de démolir ne peut intervenir qu'avec l'accord exprès de l'architecte des Bâtiments de France ". Par ailleurs, l'article R. 425-30 de ce code dispose que : " Lorsque le projet est situé dans un site inscrit, la demande de permis ou la déclaration préalable tient lieu de la déclaration exigée par l'article L. 341-1 du code de l'environnement. Les travaux ne peuvent être entrepris avant l'expiration d'un délai de quatre mois à compter du dépôt de la demande ou de la déclaration. / La décision prise sur la demande de permis ou sur la déclaration préalable intervient après consultation de l'architecte des Bâtiments de France ".

3. Il est constant que l'architecte des Bâtiments de France a, sur la base d'un dossier reçu en mairie le 17 juin 2021, émis, le 16 août suivant, un avis favorable au projet de construction après démolition sur les parcelles de Mme F, situées dans les abords mais hors champ de visibilité de l'église de Villers-Saint-Frambourg ainsi qu'au sein du site inscrit de la Nonette. Dans l'optique de prendre en compte les prescriptions assortissant cet avis à savoir " abaisser a minima la hauteur du faîtage [de la construction] de 50 cm " et " végétaliser largement les abords du projet pour une meilleure insertion paysagère ", la pétitionnaire a enrichi son dossier par l'envoi, en cours d'instruction, de pièces complémentaires déposées en mairie le 2 septembre 2021. Ces nouvelles pièces révèlent, outre, l'abaissement du faîtage ainsi que la végétalisation de la parcelle, une implantation nouvelle de la charreterie laquelle, décalée de trois mètres vers l'ouest, s'adosse désormais en limite séparative de la parcelle de la pétitionnaire avec la parcelle voisine.

4. Or, la modification de l'implantation de la charreterie, qui ne s'accompagne d'aucun changement de son aspect architectural et qui, dans le dernier état des pièces du dossier de permis de construire transmis aux services instructeurs, accroît encore sa distance de l'espace public, n'est pas susceptible d'avoir une incidence sur l'intégration du projet au sein du site inscrit dans lequel il prend place. Par ailleurs, la pétitionnaire ayant veillé au respect scrupuleux des deux prescriptions formulées par l'architecte des Bâtiments de France afin de préserver le caractère des lieux, cette autorité n'avait pas à être consultée à nouveau sur les modifications résultant directement de la prise en compte desdites prescriptions. Par suite, ce moyen tiré de l'absence de nouvelle consultation de l'architecte des Bâtiments de France doit être écarté.

5. En deuxième lieu, l'article UA4 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de Villers-Saint-Frambourg-Ognon dispose, s'agissant des eaux pluviales, que : " () Pour tous projets de construction, les aménagements nécessaires au libre écoulement des eaux pluviales et ceux visant à la limitation des débits évacués de la propriété, sont à la charge exclusive du propriétaire qui doit réaliser les dispositifs adaptés à l'opération et au terrain. Le débit de fuite des ouvrages de régulation est limité à 0,7 l/s/hectare imperméabilisé pour une pluie d'occurrence cinquentenale () ".

6. Il ressort de la notice architecturale annexée au dossier de demande de permis de construire que " les eaux pluviales seront évacuées vers un puisard EP à créer à l'arrière de la charreterie ". Cette solution de gestion des eaux pluviales par infiltration et absorption directement à la parcelle, dont les requérants n'établissent d'ailleurs ni même n'allèguent qu'elle ne permettrait pas la régulation du flux en provenance de la charretterie, n'est pas contrainte, ainsi que le fait valoir à bon droit la commune en défense, par les modalités de calcul relatives au débit de fuite, applicables uniquement aux aménagements impliquant une restitution des eaux de pluie dans le réseau public. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point 5 ne peut qu'être écarté.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article UA6 du règlement écrit du PLU de Villers-Saint-Frambourg-Ognon : " Dans toute la zone, / • Les constructions nouvelles doivent par leur implantation, contribuer à maintenir le caractère de continuité bâtie du secteur. / • Pour les parties non bâties de la limite de parcelle, le continuum bâti doit être assuré par l'édification, simultanément avec celle de la construction principale, d'une clôture implantée sur l'alignement et conforme aux dispositions de l'article 11 () ".

8. Les époux D ne peuvent utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article UA6 du règlement écrit du PLU frambourgeois dès lors que la parcelle d'emprise du projet située, ainsi que l'a reconnu le conseil des requérants à l'audience, en " second rang " ne dispose pas d'une limite séparative à l'alignement des voies et emprises publiques. En outre, les requérants ne peuvent davantage se prévaloir de la circonstance que le mur de clôture, déjà existant, situé à l'alignement de la parcelle AC n° 199 avec la rue de la République méconnaît ces mêmes dispositions dès lors que cette parcelle n'appartient pas à l'unité foncière d'emprise du projet, propriété de Mme F, laquelle est délimitée par un encadrement rouge sur l'ensemble des plans de masse annexés au dossier de permis de construire.

9. Enfin, si les requérants soutiennent que du fait de sa hauteur, la charreterie porterait atteinte aux " caractéristiques urbaines de l'ancien bourg caractérisées par une continuité visuelle assurée par un habitat homogène construit à l'alignement et bordé de murs d'enceinte ", il ressort toutefois des pièces complétant la demande d'autorisation d'urbanisme en cause que des précautions ont été prises par la pétitionnaire, et ce dès réception de l'avis de l'architecte des Bâtiments de France, notamment le renforcement de la végétalisation de la parcelle par la plantation d'une douzaine arbres supplémentaires lesquels, formant un front en limites sud-est et nord-est du terrain, permettent, dès lors, une mise à distance naturelle ainsi qu'une réduction considérable de l'impact visuel depuis l'espace public du bâtiment projeté, dont la structure sera habillée de bois naturel et couverte de tuiles plates en terre cuite de teinte rouge brun ambré.

10. Compte tenu des deux points qui précèdent, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point 7 doit être écarté.

11. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions à fin d'annulation présentées par les époux D doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Villers-Saint-Frambourg-Ognon, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par les époux D au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la commune de Villers-Saint-Frambourg-Ognon présentées sur le fondement de ces mêmes dispositions.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme D est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Villers-Saint-Frambourg-Ognon sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, à Mme A D, à Mme E F et à la commune de Villers-Saint-Frambourg-Ognon.

Délibéré après l'audience du 5 décembre 2023, à laquelle siégeaient :

- M. Binand, président,

- Mme Beaucourt et Mme B, conseillères.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2023.

La rapporteure,

Signé

P. BEAUCOURTLe président,

Signé

C. BINAND

Le greffier,

Signé

N. VERJOT

La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions