mardi 19 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2200232 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | TAOUFIK |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 janvier et 10 février 2022,
Mme A B, représentée par Me Taoufik, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 juillet 2021 par laquelle la préfète de l'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) à titre principal, d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer une carte de séjour temporaire dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à la préfète de l'Oise de réexaminer sa demande de titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence, faute de délégation de signature consentie à cette fin à son signataire ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- la préfète n'est pas compétente pour apprécier la valeur juridique des actes d'état civil d'autorités étrangères ;
- en rejetant sa demande de titre de séjour au motif qu'elle ne présentait pas les documents permettant de justifier son état civil, la préfète de l'Oise a commis une erreur manifeste d'appréciation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. Thérain, président-rapporteur.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante libérienne née le 4 septembre 2001, a présenté une demande d'admission au séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par une décision du 12 juillet 2021, la préfète de l'Oise a rejeté sa demande de titre de séjour. Mme B demande l'annulation de cette décision.
2. En premier lieu, par un arrêté du 21 décembre 2020, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, la préfète de l'Oise a donné délégation à M. Sébastien Lime, secrétaire général de la préfecture de l'Oise, à l'effet de signer en toutes matières, tous actes, arrêtés, correspondances, décisions, requêtes et circulaires relevant des attributions de l'Etat dans le département de l'Oise à l'exclusion de certaines mesures limitativement énumérées au nombre desquelles ne figurent pas les actes et décisions concernant le séjour et l'éloignement des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision en litige doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les textes dont il fait application et indique, après examen de l'état civil de la requérante, les motifs du rejet de sa demande. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée est insuffisamment motivée.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 811-2 du code civil : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies à l'article 47 du code civil ". Aux termes de l'article 47 de ce code: " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. Celle-ci est appréciée au regard de la loi française. ".
5. Il résulte de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis.
6. Pour rejeter la demande de titre de séjour de Mme B, la préfète de l'Oise s'est fondée sur la circonstance que les documents produits par la requérante présentaient des anomalies et les caractéristiques d'une fraude, de sorte qu'elle ne justifiait pas son état civil. A l'appui de sa requête Mme B soutient que la préfète ne pouvait apprécier la valeur juridique des actes d'état civil d'autorités civiles étrangères. Toutefois, si la préfète ne peut apprécier la validité juridique de ces actes, il ne lui appartient pas moins d'écarter, conformément à l'article 47 du code civil, les actes qu'elle estime irréguliers, falsifiés ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité, ainsi qu'elle l'a fait en l'espèce, et sans que cela ne soit d'ailleurs contesté, pour en déduire que l'état civil de la requérante ne pouvait être établi. Dans ces conditions, Mme B n'est pas fondée à soutenir que la préfète ne pouvait apprécier la validité juridique des actes d'état civil d'autorités étrangères.
7. Enfin, si Mme B soutient que c'est à tort que la préfète de l'Oise a écarté les documents qu'elle a produits à l'appui de sa demande de titre de séjour, la requérante se borne à contester le bien-fondé de la décision sans toutefois apporter des éléments à l'appui de ses allégations. Ainsi, Mme B n'est pas fondée à soutenir qu'en rejetant sa demande de titre de séjour au motif qu'elle ne présentait pas les documents permettant de justifier son état civil, la préfète de l'Oise aurait entaché sa décision d'illégalité.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation doivent être rejetées, y compris celles à fin d'injonction. Par conséquent, les conclusions que
Mme B a présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B.
Délibéré après l'audience du 5 juillet 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- Mme Rondepierre, première conseillère,
- M. Richard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2023.
Le président-rapporteur,
signé
S. Thérain
L'assesseur le plus ancien,
signé
A. RondepierreLa greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026