vendredi 21 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2200254 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP ANTONINI-HANSER & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 janvier 2022, M. B A, représenté par
Me Delvallez, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 novembre 2021 par lequel le maire de la commune de Levergies l'a révoqué à compter du 1er décembre 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Levergies une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé en fait,
- cet arrêté a été pris au terme d'une procédure méconnaissant les droits de la défense dès lors qu'il n'a pas été fait droit à sa demande de report pour raison médicale de la réunion au cours de laquelle le conseil de discipline a émis un avis sur la sanction à lui appliquer ;
- les faits qui lui sont reprochés sont matériellement inexacts, dès lors notamment qu'il a été l'objet de dénonciations malveillantes de la part d'une administrée ;
- la sanction qui lui a été infligée est disproportionnée au regard des faits qui lui sont reprochés et de ses états de service.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 avril 2022, la commune de Levergies, représentée par la SCP Manuel Gros - Héloïse Hicter - Audrey d'Halluin, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de M. A une somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 25 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au
25 novembre 2022 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 89-677 du 18 septembre 1989 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Richard, rapporteur,
- les conclusions de Mme Minet, rapporteure publique,
- et les observations de Me Robillard, représentant la commune de Levergies.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, adjoint technique territorial, a été employé en tant qu'agent d'entretien de la voirie et des bâtiments par la commune de Levergies depuis 2007. Par un arrêté du 22 novembre 2021, le maire de la commune de Levergies lui a infligé la sanction de la révocation à compter du 1er décembre 2021. M. A demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur la légalité de l'arrêté attaqué :
2. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa rédaction applicable à la date de la décision attaquée : " Le pouvoir disciplinaire appartient à l'autorité investie du pouvoir de nomination. / () Aucune sanction disciplinaire autre que celles classées dans le premier groupe par les dispositions statutaires relatives aux fonctions publiques de l'Etat, territoriale et hospitalière ne peut être prononcée sans consultation préalable d'un organisme siégeant en conseil de discipline dans lequel le personnel est représenté. / L'avis de cet organisme de même que la décision prononçant une sanction disciplinaire doivent être motivés ". Par ces dispositions, le législateur a entendu imposer à l'autorité qui prononce une sanction disciplinaire l'obligation de préciser elle-même, dans sa décision, les griefs qu'elle entend retenir à l'encontre du fonctionnaire intéressé, de sorte que ce dernier puisse à la seule lecture de la décision qui lui est notifiée, connaître les motifs de la sanction qui le frappe. La volonté du législateur n'est pas respectée lorsque la décision prononçant la sanction ne comporte en elle-même aucun motif précis.
3. L'arrêté attaqué précise les fautes sur lesquelles le maire de la commune de Levergies s'est fondé pour prendre la sanction qu'il a infligée à M. A. Il comporte, en conséquence, l'énoncé des considérations de fait qui en constituent le fondement, sans qu'y fasse obstacle la circonstance que les dates de chaque faute, dont certaines relèvent d'un comportement continu de l'intéressé, ne soient précisées. Ainsi, le moyen tiré de l'insuffisance de la motivation en fait de l'arrêté attaqué ne peut qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 6 du décret du 18 septembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires territoriaux : " Le fonctionnaire poursuivi est convoqué par le président du conseil de discipline, quinze jours au moins avant la date de la réunion, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. / Il peut présenter devant le conseil de discipline des observations écrites ou orales, citer des témoins et se faire assister par un ou plusieurs conseils de son choix ". Aux termes de l'article 8 du même décret : " Le report de l'affaire peut être demandé par le fonctionnaire poursuivi ou par l'autorité territoriale : il est décidé à la majorité des membres présents. Le fonctionnaire et l'autorité territoriale ne peuvent demander qu'un seul report ".
5. Si M. A était souffrant et bénéficiait d'un arrêt de travail le jour de la séance du conseil de discipline au cours de laquelle le conseil de discipline a émis un avis sur la sanction à lui infliger, il n'établit pas, par la seule production de cet arrêt, avoir été dans l'impossibilité de se rendre à cette réunion, ni, en tout état de cause, de faire valoir ses observations par écrit et de se faire représenter par le défenseur de son choix. Dès lors, M. A n'est pas fondé à soutenir que la sanction attaquée a été prise au terme d'une procédure méconnaissant les droits de la défense ainsi que les dispositions citées au point précédent.
6. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. A a fait l'objet de rappels à l'ordre du maire les 18 janvier et 9 février 2021, en raison, respectivement, de son refus de porter le masque dans des lieux où il était obligatoire et de procéder au salage des emplacements réservés aux enfants du regroupement scolaire lors d'intempéries. Par ailleurs, le rappel à l'ordre du maire du 4 juin 2021 et les témoignages concordant d'un adjoint et d'une administrée, dont M. A n'établit pas la malveillance, établissent que l'intéressé a introduit des personnes étrangères au personnel dans les locaux de la commune en méconnaissance des instructions de sa hiérarchie. En outre, les témoignages de trois administrés corroborent le constat de la hiérarchie de M. A quant à son inactivité prolongée durant son temps de travail. Enfin, le rappel à l'ordre du maire du 6 juillet 2021 et le témoignage concordant d'un adjoint établissent que l'intéressé a refusé d'obéir à son supérieur hiérarchique et a fait preuve de désinvolture à son égard. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est fondé sur des faits matériellement inexacts.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa rédaction applicable à la date de la décision attaquée : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes. / () Quatrième groupe : / () la révocation. () ".
8. M. A a précédemment fait l'objet d'une exclusion temporaire de fonctions de trois jours du 5 mars 2018 en raison de menaces et d'injures à l'égard d'une de ses collègues et d'une exclusion temporaire de fonctions de 6 mois du 5 novembre 2019 en raison de problèmes relationnels avec ses collègues, de son comportement envers sa hiérarchie et de manquements à son devoir d'obéissance. Dans ces conditions, compte tenu du caractère répété de ces manquements qui sont de même nature que les fautes ayant justifié l'intervention de la décision attaquée, ces dernières présentent un caractère de gravité suffisante pour que l'autorité administrative ait, sans disproportion, infligé la sanction de révocation à l'intéressé.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de la commune de Levergies, qui n'est pas la partie perdante, la somme demandée par M. A au titre des frais engagés par elle et non compris dans les dépens.
11. Par ailleurs, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. A la somme demandée par la commune de Levergies sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative de la commune de Levergies sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Levergies.
Délibéré après l'audience du 24 mai 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, présidente,
- Mme Rondepierre, première conseillère,
- M. Richard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 2023.
Le rapporteur,
signé
J. Richard
Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
No 2200254
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026