vendredi 27 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2200363 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | CLAEYS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 27 janvier 2022, le 29 juillet 2022, le 13 septembre 2022, le 11 janvier 2023 et le 29 mars 2023, M. H C, Mme R C épouse M, Mme U C, M. E C et Mme Q C épouse O, représentés par Me Boyer, demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 août 2021 par lequel le maire de la commune de Le Crotoy a délivré à M. G S un permis de construire en vue de la réhabilitation et la création de terrasses d'une maison située sur une parcelle cadastrée section à Le Crotoy, ensemble la décision implicite de rejet de leur recours gracieux du 1er octobre 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Le Crotoy ou toute partie succombante une somme de 3 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils ont intérêt à agir contre le permis de construire délivré à M. S, les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de leur bien étant directement affectées par la construction en cause ;
- ils ont justifié de leur qualité pour agir contre l'arrêté attaqué conformément à l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence de son auteur, en l'absence de délégation de signature du maire à celui-ci, régulièrement publiée et transmise en préfecture ;
- le dossier de demande de permis de construire était incomplet dès lors qu'en méconnaissance des articles R. 431-8 et R. 431-10 du code de l'urbanisme, d'une part, la demande de permis de construire, portant également sur la réhabilitation d'une petite annexe, ne comporte aucun plan des façades de ce local ni de photographies de celui-ci et, d'autre part, cette demande, comportant de même la démolition partielle d'une partie du mur de clôture existant, n'emporte pas, en violation de l'article R. 421-28 du code de l'urbanisme, demande de délivrance d'un permis de démolir un immeuble situé dans le périmètre de protection d'un monument historique et destiné à être encadré par la future aire de valorisation de l'architecture et du patrimoine ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles R. 111-27 du code de l'urbanisme et UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Le Crotoy.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juin 2022, la commune de Le Crotoy, représentée par Me Vamour, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir à titre principal, que la requête est irrecevable en raison de l'absence d'intérêt à agir des requérants et en l'absence de justification de l'accomplissement de la formalité requise par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, à titre subsidiaire, que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par un mémoire en intervention, enregistré le 21 juillet 2022, l'association " Le Crotoy préservé et authentique ", Mme P K, M. B J et Mme L N, représentés par Me Claeys, concluent :
1°) à l'annulation de l'arrêté du 9 août 2021 par lequel le maire de la commune de Le Crotoy a délivré à M. G S un permis de construire en vue de la réhabilitation et la création de terrasses d'une maison située sur une parcelle cadastrée section à Le Crotoy ;
2°) à ce que la commune de Le Crotoy et M. S versent chacun une somme de 2 000 euros aux intervenants pris dans leur ensemble sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de mettre les dépens à la charge de la commune de Le Crotoy et de M. S.
Elle fait valoir que :
- l'association " Le Crotoy préservé et authentique " (LCPA) est recevable à demander l'annulation de l'arrêté attaqué dès lors, d'une part, que, compte tenu tant de la nature du projet en cause que de l'objet statutaire de cette association, elle justifie d'un intérêt à agir suffisant et, d'autre part, que son président a qualité pour exercer le présent recours contentieux au nom de celle-ci ;
- les requérants personnes physiques ont intérêt à agir contre le permis de construire délivré à M. S, les conditions d'occupation, d'utilisation et de jouissance de leur bien étant directement affectées par la construction en cause ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence de son auteur, en l'absence de délégation de signature du maire à celui-ci régulièrement publiée et transmise en préfecture;
- M. S n'établit pas, en méconnaissance de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, avoir la qualité de propriétaire du bien en cause ;
- l'arrêté attaqué est intervenu à l'issue d'une procédure irrégulière du fait de défaut de saisine pour avis de l'autorité de l'Etat compétente s'agissant d'une construction projetée dans un site classé ;
- le dossier de demande de permis de construire était incomplet dès lors qu'en méconnaissance des c) et d) de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme, les documents graphiques de ce dossier ne permettent pas de visualiser le projet par rapport aux constructions avoisinantes et les photographies produites ne permettent pas de situer le projet dans son environnement proche et lointain ;
- l'architecte des bâtiments de France n'a, en violation de l'article L. 621-32 du code du patrimoine, émis aucun avis sur la construction des terrasses alors que le projet est situé dans le périmètre d'un immeuble inscrit au titre des monuments historiques, dans le site inscrit du littoral picard et au sein d'une aire de valorisation de l'architecture et du patrimoine en cours de finalisation ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles R. 111-27 du code de l'urbanisme et UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Le Crotoy.
Par un mémoire, enregistré le 25 janvier 2023, M. G S, représenté par Me Le Port, conclut au rejet de la requête et à ce que des sommes d'un montant de 3 000 euros chacune soient mises à la charge respectivement des requérants et des intervenants, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir à titre principal, que la requête et l'intervention volontaire sont irrecevables en raison respectivement du défaut d'intérêt à agir des requérants et d'intérêt à intervenir des intervenants, à titre subsidiaire, que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 30 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 avril 2023 à 12h00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de l'environnement ;
- le code du patrimoine ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Binand, président-rapporteur,
- les conclusions de M. Lapaquette, rapporteur public,
- les observations de Me Claeys pour les intervenants en requête,
- les observations de Me Sule, substituant Me Vamour, représentant la commune de Le Crotoy ;
- et les observations de M. S.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 9 août 2021, dont les requérants demandent l'annulation, le maire de la commune de Le Crotoy a délivré à M. S un permis de construire en vue de la réhabilitation et la création de terrasses d'une maison située sur une parcelle cadastrée à Le Crotoy. Les requérants demandent également l'annulation de la décision implicite de rejet de leur recours gracieux du 1er octobre 2021.
Sur l'intervention de l'association " Le Crotoy préservé et authentique " (LCPA), de Mme K, de M. J et de Mme N :
2. Tant l'association LCPA, eu égard à son objet statutaire portant notamment sur la préservation de l'architecture typique du Crotoy, que Mme K et Mme N, par les vues supplémentaires en direction de leur habitation que générera la terrasse envisagée au projet, justifient d'un intérêt suffisant à l'annulation de l'autorisation de construire attaquée. Ainsi, leur intervention à l'appui de la requête formée par les consorts C est recevable. En revanche, tel n'est pas le cas de M. J, qui ne justifie ni de la création de vues supplémentaires sur son habitation ni de la diminution de la valeur vénale de son bien alléguées, qui résulteraient du projet en cause.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, ou une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code. / L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. / La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux. "
4. Il ressort des pièces du dossier que les requérants ont en notifié leur recours gracieux au pétitionnaire par envoi du 6 octobre 2021 et leur recours contentieux tant à ce dernier qu'au maire de Le Crotoy par courriers envoyés le 28 janvier 2022 ainsi qu'en attestent les récépissés postaux produits par les intéressés.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. () "
6. Il résulte de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
7. Il ressort des pièces du dossier que la propriété des requérants étant contigüe à la parcelle d'assiette du projet, ceux-ci ont la qualité de voisins immédiats de ce dernier. Il ressort de la confrontation des pièces du dossier de demande de permis de construire avec les photographies produites par les consorts C que la terrasse envisagée adossée à la façade nord de la construction existante donnant sur la propriété des intéressés sera composée sur cette face d'un revêtement en polycarbonate blanc translucide de telle sorte que des vues directes et plongeantes seront créées depuis cette terrasse sur le bien des consorts C. Dans ces conditions, les requérants, établissant que le projet de création de la terrasse en cause est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leur bien, justifient pas d'un intérêt leur donnant qualité pour agir contre le permis de construire délivré à M. S le 9 août 2021. La fin de non-recevoir opposée en défense sur ce point doit, par suite, être écartée.
Sur les conclusions en annulation :
8. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et, en l'absence ou en cas d'empêchement des adjoints ou dès lors que ceux-ci sont tous titulaires d'une délégation, à des membres du conseil municipal ". L'article L. 2131-1 du même code, dans sa rédaction applicable au litige, dispose que : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. Pour les décisions individuelles, cette transmission intervient dans un délai de quinze jours à compter de leur signature. "
9. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 26 mai 2020, le maire de Le Crotoy a délégué au signataire de l'arrêté attaqué, M. D F, 3ème adjoint au maire, l'exercice de ses fonctions en matière d'urbanisme. Il ressort, en outre, des mentions de cet arrêté que celui-ci a été transmis à la préfecture de la Somme le 2 juin 2020 et qu'en vertu de son article 6, il sera " affiché aux lieux et place ordinaires " faisant dès lors présumer, en l'absence de preuve contraire, que l'affichage ainsi prescrit a effectivement été mis en œuvre. Par suite, dès lors que M. F bénéficiait d'une délégation de fonction en vigueur et exécutoire à la date de l'arrêté attaqué, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cet arrêté doit être écarté comme manquant en fait.
10. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; () ". En vertu du dernier alinéa de l'article R. 431-5 du même code, la demande de permis de construire comporte " l'attestation du ou des demandeurs qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une demande de permis ".
11. Il résulte de ces dispositions que les demandes de permis de construire doivent seulement comporter l'attestation du pétitionnaire qu'il remplit les conditions définies à l'article R. 423-1 cité ci-dessus. Les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une demande de permis, la validité de l'attestation établie par le demandeur. Ainsi, sous réserve de la fraude, le pétitionnaire qui fournit l'attestation prévue à l'article R. 423-1 du code doit être regardé comme ayant qualité pour présenter sa demande. Toutefois, lorsque l'autorité saisie d'une telle demande de permis de construire vient à disposer au moment où elle statue, sans avoir à procéder à une mesure d'instruction lui permettant de les recueillir, d'informations de nature à établir son caractère frauduleux ou faisant apparaître, sans que cela puisse donner lieu à une contestation sérieuse, que le pétitionnaire ne dispose, contrairement à ce qu'implique l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, d'aucun droit à la déposer, il lui revient de refuser la demande de permis pour ce motif.
12. Il ressort du dossier de la demande de permis de construire du 30 juin 2021 que M. S a, conformément aux articles précités, signé l'attestation du formulaire CERFA attestant qu'il disposait de la qualité requise pour déposer sa demande de permis de construire. Dans ces conditions, et en l'absence de fraude ou de contestation sérieuse, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme ne peut qu'être écarté.
13. En troisième lieu, dès lors qu'il est constant que la parcelle d'assiette du projet n'est pas située dans un site classé en application de l'article L. 341-10 du code de l'environnement, il ne peut être utilement soutenu que l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure en l'absence de saisine pour avis de l'autorité de l'Etat compétente en la matière. Le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 341-10 et R. 341-10 et 12 du code de l'environnement doit, par suite, être écarté comme inopérant.
14. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; /2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; () ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : / a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. "
15. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
16. D'une part, il ressort du formulaire de demande du permis de construire, que le projet porte également sur la réhabilitation d'un local de faibles dimensions situé en rez-de-jardin au nord de la parcelle. Si aucune des pièces produites à l'appui de cette demande ne représente les façades de cette annexe, il ressort toutefois de la pièce PCMI5B que la réhabilitation de celle-ci se limitera au remplacement de sa toiture en tuiles par une verrière. Par suite, en dépit de la circonstance que le dossier de permis de construire ne comporte pas de représentation des façades du local en cause, les services instructeurs disposaient d'informations suffisantes pour apprécier la conformité de la modification de la toiture de l'annexe avec la réglementation d'urbanisme applicable.
17. D'autre part, il ressort de la notice du projet architectural que celle-ci indique que la parcelle d'assiette du projet se trouve en limite sud du centre ancien de la ville et " côtoie tour à tour des habitations traditionnelles de pêcheurs au gabarit clairement identifiable (maisons accolées de type R+combles) et des constructions issues du développement du chemin de fer et de l'essor du tourisme balnéaire : hôtels, restaurants, maisons bourgeoises. ". Elle comporte ensuite un exposé détaillé des constructions avoisinantes, corroboré par le document graphique PCMI6 combiné avec les pièces PCMI7 et 8, ainsi que des photographies permettant d'apprécier l'insertion du projet dans l'environnement bâti avoisinant. Si la Villa Minuta n'apparaît certes pas sur ces pièces, cette construction est toutefois décrite dans la notice comme étant " une élégante demeure (désignée comme " architecture balnéaire de degré 3 par le PVAP) " qui " s'offre à la vue des passants depuis la place [Mancel] " et une photographie de celle-ci figure dans la notice. Ces éléments permettent, par suite, d'apprécier la situation du projet dans son environnement proche. En outre, si la notice se borne à mentionner, sans fournir davantage de précisions, que le projet est proche de l'Eglise Saint-Pierre, inscrite au titre des monuments historiques depuis 2019 et les documents photographiques ne comportent aucune prise de vue permettant d'appréhender l'impact du projet sur cet édifice, M. S soutient toutefois sans être contredit qu'il était impossible de disposer d'une photographie sur laquelle figureraient en même temps l'église et le projet, ainsi qu'en atteste le plan cadastral annoté produit à l'appui de la demande de permis de construire. Dans ces conditions, le service instructeur disposait d'éléments suffisamment détaillés lui permettant d'apprécier la conformité du projet à la réglementation applicable. Par conséquent, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de permis de construire au regard des c) et d) de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme ne peut qu'être écarté.
18. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 421-28 du code de l'urbanisme : " Doivent en outre être précédés d'un permis de démolir les travaux ayant pour objet de démolir ou de rendre inutilisable tout ou partie d'une construction : / () b) Située dans les abords des monuments historiques définis à l'article L. 621-30 du code du patrimoine ou inscrite au titre des monuments historiques ; () ".
19. Lorsqu'un permis de construire autorise un projet qui implique la démolition totale ou partielle d'un bâtiment soumis au régime du permis de démolir, la demande de permis de construire doit, soit être accompagnée de la justification du dépôt de la demande de permis de démolir, soit porter à la fois sur la démolition et sur la construction. Si le permis de construire et le permis de démolir peuvent être accordés par une même décision, au terme d'une instruction commune, ils constituent des actes distincts ayant des effets propres. Eu égard à l'objet et à la portée du permis de démolir, la décision statuant sur la demande de permis de construire ne peut valoir autorisation de démolir que si le dossier de demande mentionne explicitement que le pétitionnaire entend solliciter cette autorisation. Est par elle-même sans incidence la circonstance que les plans joints à la demande de permis de construire montrent que la réalisation de la construction implique la démolition de bâtiments existants.
20. Dès lors qu'il est constant que le terrain d'assiette du projet se situe dans les abords de l'Eglise Saint-Pierre inscrite au titre des monuments historiques, le pétitionnaire devait disposer d'un permis de démolir les constructions vouées à être supprimées. Il ressort du formulaire de demande de permis de construire que celle-ci comportera également des travaux de démolition partielle, lesquels consisteront en la dépose du revêtement en ardoises de la façade ouest sur toute sa hauteur suivie d'un ravalement des briques révélées, le piquage de l'enduit béton de la façade nord sur la hauteur du rez-de-chaussée suivi d'un ravalement de même nature ainsi que la création d'ouvertures pour portes-fenêtres dans la façade nord. Il ressort toutefois des pièces du dossier, notamment des plans des façades sud et est PCMI5B et PCMI5Aa, que la clôture située à l'alignement de la rue du Château sera démolie et le muret la supportant arasé afin d'accueillir les terrasses adossées à un mur aveugle en façade nord de la construction existante, alors que l'autorisation de démolir ces ouvrages n'a pas été explicitement sollicitée par le pétitionnaire. Par suite, en dépit de la circonstance que cette démolition apparaît dans les plans précités, l'ambiguïté affectant l'étendue des démolitions projetées a été de nature à fausser l'appréciation du service instructeur quant à la conformité de celles-ci avec la réglementation applicable. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 421-28 du code de l'urbanisme doit dès lors être accueilli.
21. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 621-32 du code du patrimoine : " Les travaux susceptibles de modifier l'aspect extérieur d'un immeuble, bâti ou non bâti, protégé au titre des abords sont soumis à une autorisation préalable. / L'autorisation peut être refusée ou assortie de prescriptions lorsque les travaux sont susceptibles de porter atteinte à la conservation ou à la mise en valeur d'un monument historique ou des abords. / Lorsqu'elle porte sur des travaux soumis à formalité au titre du code de l'urbanisme ou au titre du code de l'environnement, l'autorisation prévue au présent article est délivrée dans les conditions et selon les modalités de recours prévues aux articles L. 632-2 et L. 632-2-1. "
22. Il ressort des pièces du dossier, notamment de la demande de permis de construire que celle-ci mentionnait précisément la construction de terrasses adossées à un mur aveugle de la construction existante destinée à être réhabilitée. A la supposer même avérée, la circonstance que l'architecte des bâtiments n'aurait pas émis un avis sur cet aspect du projet est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée dès lors que, s'agissant d'un avis favorable fut-il conforme ou non et avec ou sans prescription, le maire n'était pas lié par celui-ci sur les points autres que ceux sur lesquels l'architecte des bâtiments a porté une appréciation, pour délivrer le permis de construire demandé. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 621-32 du code du patrimoine ne peut, par conséquent, qu'être écarté.
23. En septième lieu, aux termes de l'article UA11 du règlement écrit du plan local d'urbanisme de Le Crotoy : " L'autorisation d'occupation du sol peut être refusée ou n'être accordée que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur, des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. " Ces dispositions ont le même objet que celles, également invoquées par les requérants, de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et posent des exigences qui ne sont pas moindres ; que, dès lors, c'est par rapport aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de l'arrêté attaqué.
24. Il ressort des pièces du dossier, notamment des photographies et documents graphiques corroborées par les photographies produites par les parties, que le site dans lequel est destiné à s'implanter le projet comporte de nombreuses habitations en briques ou revêtues d'enduit de ton blanc mis en œuvre selon des procédés traditionnels avec ou sans toitures à la Mansard majoritairement recouvertes d'ardoises, typiques de l'architecture picarde, à l'instar de la construction existante destinée à être réhabilitée. Ce site, localisé dans le périmètre des abords de l'Eglise Saint-Pierre inscrite au titre des monuments historiques, est également marqué par la présence à proximité quasi immédiate du terrain d'assiette du projet de la Villa Minuta décrite dans la notice du projet architectural comme une " élégante demeure (désignée comme une architecture blanéaire de degré 3 par le PVAP) " ainsi que d'une vaste maison de maître prenant place, aux termes de la notice, sur un ilôt remarquable. Il suit de là qu'en dépit de la présence de constructions pavillonnaires au bâti hétérogène en face de la parcelle cadastrée ainsi que de maisons de style très moderne situées plus loin, les lieux avoisinants sont d'intérêt au sens de l'article UA 11 du règlement du PLU. Il ressort des différentes pièces produites à l'appui de la demande de permis de construire que si la construction existante sera réahabilitée en tenant compte des prescriptions assortissant l'arrêté attaqué afin d'en assurer une insertion plus harmonieuse avec les bâtiments d'une indéniable qualité architecturale, le projet porte également sur l'édification d'une terrasse adossée à la façade nord de l'habitation et qui, construite sur trois niveaux, reposera sur une dalle en béton au rez-de-chaussée, sera composée de bois de type mélèze brut ou pin douglas pré-grisé pour les terrasses des niveaux supérieurs ainsi que pour le barreaudage vertical de celles-ci et sera pourvue d'une façade de 10 mètres de hauteur à destination de brise-vue mais intégralement composée de polycarbonate blanc translucide. Eu égard à l'agencement des matériaux précités conférant un caractère moderne à la terrasse en cause aisément visible depuis la voie publique et marquant une rupture flagrante avec l'harmonie du bâti existant, s'agissant tant de la maison vouée à être rénovée à laquelle elle sera accolée que des bâtisses remarquables situées aux alentours immédiats, le maire de Le Crotoy a, en autorisant la création de cet ouvrage, fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article UA 11, dès lors que celui-ci porte atteinte au caractère et à l'intérêt des lieux avoisinants. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 11 doit, par suite, être accueilli.
Sur la mise en œuvre de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme :
25. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé. ". L'article L. 600-5-1 du même code dispose que : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".
26. Il résulte de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, éclairé par les travaux parlementaires ayant précédé l'adoption de la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée, sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Il invite au préalable les parties à présenter leurs observations sur la possibilité de régulariser le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme. Le juge n'est toutefois pas tenu de surseoir à statuer, d'une part, si les conditions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme sont réunies et qu'il fait le choix d'y recourir, d'autre part, si le bénéficiaire de l'autorisation lui a indiqué qu'il ne souhaitait pas bénéficier d'une mesure de régularisation. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.
27. Les vices relevés aux points 20 et 24 du présent jugement n'affectent que des parties identifiables du projet et, au regard des règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le tribunal statue, permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Il y a, dès lors, lieu d'annuler l'arrêté attaqué en tant qu'il autorise la démolition de la grille de clôture et l'arasement de la partie supérieure du muret la supportant et autorise la construction d'une terrasse accolée à la façade nord de la construction existante. Il y a lieu également de fixer à quatre mois le délai, courant à compter de la notification du présent jugement, dans lequel le pétitionnaire pourra demander la régularisation du vice retenu.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
28. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que qu'il soit fait droit aux conclusions que la commune de Le Crotoy et M. S présentent sur leur fondement. Il en va de même des conclusions présentées au même titre par les intervenants qui n'ont pas la qualité de partie à l'instance au sens de ces dispositions. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Le Crotoy et de M. S une somme de 750 euros chacun à verser chacun aux consorts C en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : L'intervention de l'association Le Crotoy préservé et authentique ", de Mme P K et de Mme L N est admise. L'intervention de M. J n'est pas admise.
Article 2 : L'arrêté du 9 août 2021 du maire de la commune de Le Crotoy est annulé en tant qu'il autorise la démolition de la grille de clôture et l'arasement de la partie supérieure du muret la supportant et la construction d'une terrasse accolée à la façade nord de la construction existante. Il est laissé au pétitionnaire un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement pour régulariser ces vices.
Article 3 : La commune de Le Crotoy et M. S verseront chacun une somme globale de 750 euros aux consorts C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Les conclusions présentées par l'association " Le Crotoy préservé et authentique ", Mme P K, M. B J et Mme L N au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. H C, Mme R C épouse M, Mme U C, M. E C et Mme Q C épouse O, à la commune de Le Crotoy, à M. G S et à l'association Le Crotoy préservé et authentique ", Mme P K, M. B J et Mme L N.
Délibéré après l'audience du 9 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Binand, président,
- Mme I et Mme A, conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024.
Le président-rapporteur,
Signé
C. Binand L'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau
Signé
J. I
Le greffier,
Signé
N. Verjot
La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2602914
Le tribunal administratif de Rouen, statuant en urgence, a rejeté les demandes de M. A... B..., ressortissant tunisien, visant à l’annulation d’un arrêté préfectoral du 8 mai 2026 l’obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec interdiction de retour de deux ans, et d’un arrêté du 12 mai 2026 l’assignant à résidence. Le juge a estimé que les moyens soulevés, tirés notamment de l’incompétence de l’auteur de l’acte, du défaut de motivation, de la méconnaissance des articles 8 de la Convention européenne des droits de l’homme et 3-1 de la Convention internationale des droits de l’enfant, n’étaient pas fondés. La solution retenue confirme la légalité des décisions contestées, en application des dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2602912
Le Tribunal administratif de Rouen, statuant en urgence, a rejeté la requête de M. B... contre l'arrêté préfectoral du 5 mai 2026 lui interdisant le retour sur le territoire français pour un an. Le tribunal a jugé que la décision était suffisamment motivée et ne révélait pas de défaut d'examen particulier de sa situation. Il a estimé que l'interdiction de retour, fondée sur les articles L. 612-7 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ne méconnaissait pas l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et n'était pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2602898
Le Tribunal administratif de Rouen, statuant en référé, a rejeté la demande de M. C... visant à suspendre l'arrêté préfectoral du 23 février 2026 suspendant son permis de conduire pour six mois, ainsi que le refus d'aménagement par un éthylotest antidémarrage. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés (incompétence, défaut de motivation, erreur d'appréciation, méconnaissance de l'article R. 224-6 du code de la route) n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité des décisions. La condition d'urgence n'a pas été examinée. La requête a été rejetée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Rouen — N° TA76-2602803
Le Tribunal Administratif de Rouen, statuant en urgence, était saisi par M. B... d’un recours en excès de pouvoir contre des arrêtés du 6 mai 2026 du préfet de la Seine-Maritime portant obligation de quitter le territoire français, interdiction de retour et assignation à résidence. Le préfet a toutefois retiré ces arrêtés par un arrêté du 22 mai 2026, rendant la requête sans objet. En conséquence, le tribunal a constaté qu’il n’y avait plus lieu de statuer sur les conclusions principales de M. B.... Il a néanmoins admis l’intéressé au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire et a rejeté sa demande de frais de justice, faute de justificatifs.
01/06/2026