jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2200545 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | QUENNEHEN-TOURBIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 11 février,
6 décembre 2022 et 10 mars 2023, Mme B A, représentée par Me Tourbier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le recteur de l'académie d'Amiens a implicitement rejeté sa demande du 13 octobre 2021 tendant à l'octroi de la protection fonctionnelle ;
2°) d'enjoindre au recteur de lui octroyer le bénéfice de la protection fonctionnelle dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée méconnaît l'article 11 de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 dès lors qu'elle a été victime d'un harcèlement moral au sens de l'article 6 quinquiès de cette même loi et a fait l'objet de discriminations de la part de sa hiérarchie ;
- cette décision est entachée de détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 janvier 2023, le recteur de l'académie d'Amiens conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés, dès lors notamment que, par jugement n°2104321 du 20 décembre 2022, le tribunal a écarté ceux tirés du harcèlement moral et des discriminations dont l'intéressée s'estime victime et qu'elle ne se prévaut d'aucun élément nouveau à l'appui de ces moyens.
Par une ordonnance du 9 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 10 mars 2023 à 12h00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n° 50-581 du 25 mai 1950 ;
- le décret n° 82-453 du 28 mai 1982 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lapaquette, rapporteur,
- les conclusions de Mme Rondepierre, rapporteure publique,
- et les observations de Me Delort, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, professeure agrégée d'anglais hors classe, était affectée au lycée Louis Thuillier d'Amiens sur un poste de professeur de classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE). Par courrier du 11 octobre 2021 reçu le 13 octobre suivant, Mme A a demandé au recteur de l'académie d'Amiens de lui octroyer le bénéfice de la protection fonctionnelle à raison du harcèlement moral et des discriminations dont elle s'estimait victime de la part de sa hiérarchie. La requérante demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle le recteur a implicitement rejeté cette demande.
2. En premier lieu, aux termes de l'article de la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 applicable au litige : " I.-A raison de ses fonctions et indépendamment des règles fixées par le code pénal et par les lois spéciales, le fonctionnaire ou, le cas échéant, l'ancien fonctionnaire bénéficie, dans les conditions prévues au présent article, d'une protection organisée par la collectivité publique qui l'emploie à la date des faits en cause ou des faits ayant été imputés de façon diffamatoire. / () IV.-La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté. / Lorsqu'elle est informée, par quelque moyen que ce soit, de l'existence d'un risque manifeste d'atteinte grave à l'intégrité physique du fonctionnaire, la collectivité publique prend, sans délai et à titre conservatoire, les mesures d'urgence de nature à faire cesser ce risque et à prévenir la réalisation ou l'aggravation des dommages directement causés par ces faits. Ces mesures sont mises en œuvre pendant la durée strictement nécessaire à la cessation du risque. () " Aux termes de l'article 6 de cette même loi, désormais codifié à l'article L. 131-1 du code général de la fonction publique : " () Aucune distinction, directe ou indirecte, ne peut être faite entre les fonctionnaires en raison de leurs opinions politiques, syndicales, philosophiques ou religieuses, de leur origine, de leur orientation sexuelle ou identité de genre, de leur âge, de leur patronyme, de leur situation de famille ou de grossesse, de leur état de santé, de leur apparence physique, de leur handicap ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie ou une race. () " L'alinéa premier de l'article 6 quinquies de cette même loi, désormais codifié à l'article L. 133-2 dudit code dispose que : " Aucun agent public ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ".
3. Il appartient au requérant qui soutient qu'une mesure a pu être empreinte de discrimination ou qu'il a été victime d'agissements constitutifs de harcèlement, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer du sérieux de ses allégations. Il incombe alors à l'administration de produire, en sens contraire, tous les éléments permettant d'établir que la mesure contestée repose sur des éléments objectifs étrangers à toute discrimination ou tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si la décision contestée devant lui a été ou non prise pour des motifs entachés de discrimination ou si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
4. Par ailleurs, l'article 26 du décret du 28 mai 1982 relatif à l'hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu'à la prévention médicale dans la fonction publique dispose que : " Le médecin du travail est seul habilité à proposer des aménagements de poste de travail ou de conditions d'exercice des fonctions justifiés par l'âge, la résistance physique ou l'état de santé des agents. () / Lorsque ces propositions ne sont pas agréées par l'administration, celle-ci doit motiver par écrit son refus et le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail doit en être tenu informé ".
5. Il est constant que l'obligation de service hebdomadaire de Mme A était fixée à huit heures conformément aux dispositions de l'article 7 du décret du 25 mai 1950. Si, afin d'établir avoir été victime de discriminations et de harcèlement moral de la part de la direction du lycée Louis Thuillier, Mme A soutient que l'administration lui a retiré, à tort, ses heures d'interrogation orale à compter de novembre 2020 alors que celles-ci font partie intégrante de son obligation réglementaire de service, de telles heures dites de " colles " présentent un caractère accessoire à l'obligation de service des professeurs agrégés dès lors qu'elles ne font pas partie, à proprement dit, du service d'enseignement. Si l'intéressée soutient que son état de santé lui permettait, contrairement aux préconisations du médecin de prévention formulées le
2 septembre 2020 et le 21 mai 2021, d'effectuer des heures supplémentaires, elle ne fournit cependant pas davantage de précisions ni éléments de justification sur ce point. Ainsi, les circonstances, à les supposer même opérantes, selon lesquelles le chef d'établissement a préféré faire appel à des enseignants extérieurs, non habilités et non professeurs en CPGE, pour assurer ses heures et que d'autres professeurs CPGE continuaient d'effectuer des colles, ne sauraient traduire la volonté de sa hiérarchie de la discriminer ou un quelconque harcèlement moral perpétré à son encontre. Par ailleurs, si Mme A soutient que son nom a été supprimé de diverses façons des tableaux d'organisation des colles, lesquels ont été transmis à l'ensemble de ses collègues, et que cette situation a eu un impact sur son état de santé, de telles circonstances ne suffisent pas à faire présumer l'existence de discriminations à son détriment ni d'une situation constitutive de harcèlement moral à son égard. Enfin, pour regrettable que soit le climat tel que décrit par Mme A au sein du lycée Louis Thuillier, cette seule circonstance ne saurait faire présumer l'existence d'agissements de harcèlement moral dont elle aurait été personnellement victime, lesquelles consisteraient, selon l'intéressée, en des représailles de sa hiérarchie résultant de ce qu'elle aurait dénoncé divers faits de malveillance et de souffrance au travail tant à son égard qu'à celui de plusieurs autres collègues. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les moyens tirés de la méconnaissance des articles 6, 6 quinquies et 11 de la loi du 13 juillet 1983 ne peuvent qu'être écartés.
6. En second lieu, il résulte de ce qui a été exposé au point précédent que Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée serait entachée de détournement de pouvoir. Le moyen soulevé en ce sens doit, par suite, être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de Mme A doivent, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'exception de chose jugée que le recteur leur opposait au demeurant à tort, être rejetées, y compris ses conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles qu'elle présente sur le fondement des dispositions de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au recteur de l'académie d'Amiens.
Délibéré après l'audience du 4 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- M. Lapaquette, premier conseiller,
- M. Harang, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.
Le rapporteur,
signé
A. Lapaquette Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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N°2200545
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026