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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2200553

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2200553

jeudi 16 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2200553
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJU2
Avocat requérantSCP DUMOULIN CHARTRELLE ABIVEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 février 2022, Mme A B, représentée par Me Seingier demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 14 décembre 2021 par laquelle le directeur du groupe hospitalier public du sud de l'Oise (GHPSO) a refusé de lui accorder l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) ;

2°) d'enjoindre au directeur du GHPSO de calculer et de lui verser cette allocation ou à défaut, de réexaminer sa situation, dans le délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge du GHPSO une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision est signée par une autorité incompétente pour ce faire;

- la décision est insuffisamment motivée ;

- la décision est entachée d'une erreur de droit ou à tout le moins d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que le GHPSO qui est la personne l'ayant employée sur la durée la plus longue antérieurement à son inscription sur la liste des demandeurs d'emploi, celui-ci lui doit le versement de l'ARE et ne peut lui opposer le motif qu'elle aurait volontairement été privée d'emploi dès lors qu'elle a quitté son emploi pour suivre une formation à l'institut de formation en soins infirmiers (IFSI).

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 octobre 2023, le GHPSO conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 10 avril 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 26 avril 2024.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code du travail ;

- le décret n° 2019-797 du 26 juillet 2019 et le règlement d'assurance chômage qui y est annexé ;

- le décret n° 2020-741 du 16 juin 2020 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Boutou, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu :

- les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public,

- et les observations de Me Chartrelle, pour le GHPSO.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B a été employée comme aide-soignante contractuelle par le groupe hospitalier public du sud de l'Oise (GHPSO) du 1er juin 2019 au 11 janvier 2020, date à laquelle son contrat de travail à durée déterminée a pris fin en raison de sa démission adressée le 18 novembre 2019 à son employeur. Mme B a ensuite été employée par le groupe hospitalier Carnelle-Portes-de-l'Oise sous contrats à durée déterminée entre le 16 décembre 2019 et le 31 août 2020. A l'issue de ces contrats, elle s'est inscrite à l'institut de formation en soins infirmiers de cet établissement. Il résulte de l'instruction qu'elle s'est inscrite sur la liste des demandeurs d'emploi le 7 septembre 2021. Pôle Emploi lui a indiqué par courrier du 10 décembre 2021 que l'indemnisation de l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) qu'elle sollicitait relevait du GHPSO, employeur public l'ayant rémunérée sur la durée la plus longue au titre de la période de référence. La requérante a donc saisi cet établissement d'une demande de versement de l'ARE que celui-ci a refusé par décision du 14 décembre 2021 dont Mme B demande l'annulation.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Lorsqu'il est saisi d'une demande tendant à l'annulation d'une décision de refus d'un employeur public de verser à l'un de ses anciens agents l'allocation d'aide au retour à l'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors

lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement. Dans le cas d'un contentieux portant sur les droits au revenu de remplacement des travailleurs privés d'emploi, c'est au regard des dispositions applicables et de la situation de fait existant au cours de la période en litige que le juge doit statuer.

3. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées et le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée sont inopérants, dès lors qu'ils concernent des vices propres de la décision attaquée.

4. En second lieu, Mme B soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que poursuivant une formation au métier d'infirmière, elle ne peut être assimilée, bien qu'ayant démissionné de son poste au GHPSO, à une personne ayant volontairement été privée d'emploi et peut prétendre au versement de l'ARE.

5. Aux termes de l'article L. 5421-1 du code du travail : " En complément des mesures tendant à faciliter leur reclassement ou leur conversion, les personnes aptes au travail et recherchant un emploi ont droit à un revenu de remplacement dans les conditions fixées au présent titre ". Aux termes de l'article L. 5421-2 du même code : " Le revenu de remplacement prend, selon le cas, la forme : 1° D'une allocation d'assurance, prévue au chapitre II du présent titre () ". Aux termes de l'article L. 5424-1 du même code : " Ont droit à une allocation d'assurance, lorsque leur privation d'emploi est involontaire ou assimilée à une privation involontaire ou en cas de cessation d'un commun accord de leur relation de travail avec leur employeur, et lorsqu'ils satisfont à des conditions d'âge et d'activité antérieure, dans les conditions prévues aux articles L. 5422-2 et L. 5422-3 : 1° Les agents fonctionnaires et non fonctionnaires de l'Etat et de ses établissements publics administratifs, les agents titulaires des collectivités territoriales ainsi que les agents statutaires des autres établissements publics administratifs ainsi que les militaires () ". Aux termes de l'article L. 5424-2 du même code : " Les employeurs mentionnés à l'article L. 5424-1 assurent la charge et la gestion de l'allocation d'assurance. Ceux-ci peuvent, par convention conclue avec Pôle emploi, pour le compte de l'organisme mentionné à l'article L. 5427-1, lui confier cette gestion () ". Aux termes de l'article L. 5422-1 du même code : " I.-Ont droit à l'allocation d'assurance les travailleurs aptes au travail et recherchant un emploi qui satisfont à des conditions d'âge et d'activité antérieure, et dont : 1° Soit la privation d'emploi est involontaire, ou assimilée à une privation involontaire par les accords relatifs à l'assurance chômage mentionnés à l'article L. 5422-20 ; () II.-Ont également droit à l'allocation d'assurance les travailleurs dont la privation d'emploi volontaire résulte d'une démission au sens de l'article L. 1237-1, sans préjudice du 1° du I du présent article, aptes au travail et recherchant un emploi qui : 1° Satisfont à des conditions d'activité antérieure spécifiques ; 2° Poursuivent un projet de reconversion professionnelle nécessitant le suivi d'une formation ou un projet de création ou de reprise d'une entreprise. Ce projet doit présenter un caractère réel et sérieux attesté par la commission paritaire interprofessionnelle régionale mentionnée à l'article L. 6323-17-6, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article L. 5422-20 du même code : " Les mesures d'application des dispositions du présent chapitre, à l'exception des articles de la présente section, du 5° de l'article L. 5422-9, des articles L. 5422-10, L. 5422-14 à L. 5422-16 et de l'article L. 5422-25, font l'objet d'accords conclus entre les organisations représentatives d'employeurs et de salariés./ Ces accords sont agréés dans les conditions définies par la présente section./ En l'absence d'accord ou d'agrément de celui-ci, les mesures d'application sont déterminées par décret en Conseil d'Etat ".

6. Il résulte de l'instruction que Mme B, au cours de la période de référence, a été employée sur la durée la plus longue, par le GHPSO, à qui il incombe donc de lui verser l'ARE dans le cas où la requérante en remplit les conditions à la date de sa demande. Compte tenu de la date à laquelle son dernier contrat de travail a échu, ces conditions sont définies notamment par les dispositions du règlement d'assurance-chômage annexé au décret n° 2019-797 du 26 juillet 2019 auxquelles renvoie le décret du 16 juin 2020 susvisé relatif au régime particulier d'assurance chômage applicable à certains agents publics et salariés du secteur public.

7. D'une part, aux termes de l'article 2 du décret du 16 juin 2020 relatif au régime particulier d'assurance chômage applicable à certains agents publics et salariés du secteur public : " Sont considérés comme ayant été involontairement privés d'emploi : 1° Les agents publics radiés d'office des cadres ou des contrôles et les personnels de droit public ou de droit privé licenciés pour tout motif, à l'exclusion des personnels radiés ou licenciés pour abandon de poste et des fonctionnaires optant pour la perte de la qualité d'agent titulaire de la fonction publique territoriale à la suite d'une fin de détachement dans les conditions prévues à l'article 53 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée ; 2° Les personnels de droit public ou de droit privé dont le contrat est arrivé à son terme et n'est pas renouvelé à l'initiative de l'employeur ; 3° Les personnels de droit public ou de droit privé dont le contrat a pris fin durant ou au terme de la période d'essai, à l'initiative de l'employeur ; 4° Les agents publics placés d'office, pour raison de santé, en disponibilité non indemnisée ou en congé non rémunéré à l'expiration des droits à congés maladie ; 5° Les agents publics dont la relation de travail avec l'employeur a été suspendue, lorsqu'ils sont placés ou maintenus en disponibilité ou en congé non rémunéré en cas d'impossibilité pour cet employeur, faute d'emploi vacant, de les réintégrer ou de les réemployer. Toutefois, les personnels qui n'ont pas sollicité leur réintégration ou leur réemploi dans les délais prescrits ne sont considérés comme ayant été involontairement privés d'emploi qu'à l'expiration d'un délai de même durée courant à compter de la date à laquelle ils présentent leur demande./ Lorsque les privations d'emploi mentionnées aux 1° à 3° interviennent au cours d'une période de suspension de la relation de travail avec l'employeur d'origine, les agents publics doivent justifier qu'ils n'ont pas été réintégrés auprès de leur employeur, par une attestation écrite de celui-ci./ Les agents publics mentionnés au 5° sont réputés remplir la condition de recherche d'emploi prévue à l'article L. 5421-3 du code du travail tant que leur réintégration ou leur réemploi est impossible, faute d'emploi vacant ". Aux termes de l'article 3 du même décret : " Sont assimilés aux personnels involontairement privés d'emploi : 1° Les personnels de droit public ou de droit privé ayant démissionné pour un motif considéré comme légitime au sens des mesures d'application du régime d'assurance chômage mentionnées à l'article 1er ; 2° Les personnels de droit public ou de droit privé ayant refusé le renouvellement de leur contrat pour un motif légitime lié à des considérations d'ordre personnel ou à une modification substantielle du contrat non justifiée par l'employeur ". Si Mme B soutient qu'elle a droit au versement de l'ARE dès lors qu'elle a été privée involontairement d'emploi, il ne résulte pas de l'instruction qu'elle a démissionné de son dernier emploi au GHCPO dès lors qu'il résulte des termes de l'attestation employeur qu'elle produit que sa cessation d'activité avait pour motif la fin de son contrat à durée déterminée. Elle ne relève donc pas du champ d'application de l'article 3 précité du décret du 16 juin 2020.

8. D'autre part, aux termes de l'article 2 du règlement d'assurance-chômage annexé au décret n° 2019-797 du 26 juillet 2019, rendu applicable aux employeurs publics en situation d'auto-assurance par l'effet des dispositions précitées et applicable au litige dès lors que le contrat de la requérante a pris fin le 4 octobre 2020 : " § 1er - Ont droit à l'allocation d'aide au retour à l'emploi les salariés dont la perte d'emploi est involontaire. Remplissent cette condition les salariés dont la perte d'emploi résulte : - d'un licenciement ; - d'une fin de contrat de travail à durée déterminée dont notamment le contrat à objet défini, ou de contrat de mission ; - d'une rupture anticipée d'un contrat de travail à durée déterminée, dont notamment le contrat à objet défini, ou d'un contrat de mission, à l'initiative de l'employeur ; - d'une rupture de contrat de travail résultant de l'une des causes énoncées à l'article L. 1233-3 du code du travail () § 4 - Ont également droit à l'allocation d'aide au retour à l'emploi les salariés dont la privation volontaire d'emploi résulte d'une démission au sens de l'article L. 1237-1 du code du travail, qui justifient d'une durée d'affiliation spécifique et poursuivent un projet professionnel dont le caractère réel et sérieux est attesté par la commission paritaire interprofessionnelle régionale mentionnée à l'article L. 6323-17-6 de ce code ". Aux termes de l'article 4 du même règlement : " Les salariés privés d'emploi justifiant d'une durée d'affiliation telle que définie à l'article 3 doivent : a) Etre inscrits comme demandeur d'emploi ; b) Etre à la recherche effective et permanente d'un emploi ou accomplir soit une action de formation inscrite dans le projet personnalisé d'accès à l'emploi, soit une action de formation non inscrite dans ledit projet mais financée, en tout ou partie, par la mobilisation du compte personnel de formation () c) Ne pas avoir atteint l'âge déterminé pour l'ouverture du droit à une pension de retraite au sens du 1° de l'article L. 5421-4 du code du travail ou ne pas bénéficier d'une retraite en application des articles L. 161-17-4, L. 351-1-1, L. 351-1-3 et L. 351-1-4 du code de la sécurité sociale et des troisième et septième alinéas du I de l'article 41 de la loi n° 98-1194 du 23 décembre 1998 de financement de la sécurité sociale pour 1999 () d) Etre physiquement aptes à l'exercice d'un emploi ; e) N'avoir pas quitté volontairement, sauf cas mentionnés aux §2 et §4 de l'article 2, leur dernière activité professionnelle salariée, ou une activité professionnelle salariée autre que la dernière dès lors que, depuis le départ volontaire, il ne peut être justifié d'une durée d'affiliation d'au moins 65 jours travaillés ou 455 heures travaillées. Sont pris en compte à ce titre les jours de réduction du temps de travail non pris par le salarié, ayant donné lieu au paiement de l'indemnité compensatrice de repos supplémentaire dans le cadre de la réduction du temps de travail ; f) Résider sur le territoire relevant du champ d'application du régime d'assurance chômage mentionné à l'article 2 du décret auquel est annexé le présent règlement. g) Pour les salariés mentionnés au §4 de l'article 2, justifier également d'une durée d'affiliation spécifique équivalant à au moins 1 300 jours travaillés au cours des soixante mois qui précèdent la fin du contrat de travail (terme du préavis) déterminée selon les modalités prévues à l'article 3 et de la poursuite d'un projet de reconversion professionnelle nécessitant le suivi d'une formation ou d'un projet de création ou de reprise d'une entreprise présentant un caractère réel et sérieux attesté par la commission paritaire interprofessionnelle régionale mentionnée à l'article L. 6323-17-6 du code du travail ". Enfin, aux termes de l'article 46 bis de ce règlement: " § 1 - Cas de départ volontaire d'un emploi précédemment occupé : Une ouverture de droit aux allocations ou un rechargement ou une reprise des droits peut être accordé au salarié qui a quitté volontairement son emploi ou au salarié démissionnaire en cessation d'inscription comme demandeur d'emploi au moment du contrôle prévu au II de l'article L. 5426-1-2 du code du travail, et dont l'état de chômage se prolonge contre sa volonté, sous réserve que les conditions suivantes soient réunies : a) L'intéressé doit avoir quitté l'emploi au titre duquel les allocations lui ont été refusées, depuis au moins 121 jours ou, lorsqu'il s'agit d'une demande de rechargement des droits au titre de l'article 28, avoir épuisé ses droits depuis au moins 121 jours ; b) Il doit remplir toutes les conditions auxquelles est subordonnée l'ouverture d'une période d'indemnisation, à l'exception de celle prévue au e de l'article 4 ; c) Il doit apporter des éléments attestant ses recherches actives d'emploi, ainsi que ses éventuelles reprises d'emploi de courte durée et ses démarches pour entreprendre des actions de formation./ Le point de départ du versement des allocations ou de la reprise des droits ainsi accordées est fixé au 122e jour suivant : - la fin de contrat de travail au titre de laquelle les allocations ont été refusées en application du e de l'article 4, sous réserve que celle-ci ne soit pas antérieure à la date de l'inscription comme demandeur d'emploi ou, le cas échéant, du premier jour du mois au cours duquel la demande a été déposée ; - la date d'épuisement des droits, lorsqu'il s'agit d'une demande de rechargement au titre de l'article 28./ Le délai de 121 jours est allongé des périodes indemnisées au titre des indemnités journalières de sécurité sociale d'une durée au moins égale à 21 jours consécutifs. Le point de départ du versement des allocations ou de la reprise des droits est décalé du nombre de jours correspondant et ne peut être antérieur à la date de l'inscription comme demandeur d'emploi ou, le cas échéant, du premier jour du mois au cours duquel la demande a été déposée./ L'examen de cette situation est effectué à la demande de l'intéressé () ".

9. A supposer que Mme B a entendu soutenir que la circonstance qu'elle suit une formation au sein de l'IFSI lui donne droit au versement de l'ARE et qu'elle a entendu se référer aux dispositions citées au point précédent pour en demander le bénéfice, d'une part, il ne résulte pas de l'instruction que Mme B aurait démissionné de son dernier emploi, qui est l'une des conditions prévues par le § 4 de l'article 2 du règlement-chômage et le II de l'article L. 5422-1 du code du travail. D'autre part, s'il résulte de l'instruction que Mme B avait quitté son précédent emploi depuis plus de 121 jours comme le prévoit l'article 46 bis du règlement d'assurance-chômage applicable, qu'il n'est pas contesté qu'elle réunissait toutes les conditions prévues à l'article 4 de ce même règlement en dehors de la condition prévue au e de cet article, et qu'elle suivait une formation au sein de l'IFSI depuis septembre 2020, la requérante n'a toutefois pas justifié, malgré une mesure d'instruction en ce sens, que ce projet présentait un caractère réel et sérieux attesté par la commission paritaire interprofessionnelle régionale mentionnée à l'article L. 6323-17-6 du code du travail, comme le prévoit le II de l'article L. 5422-1 du code du travail repris au paragraphe 4 de l'article 2 du règlement-chômage. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir qu'elle réunit les conditions nécessaires pour se voir verser l'ARE au titre de ces autres dispositions. Ses moyens en ce sens doivent être écartés et ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

10. Le rejet des conclusions à fin d'annulation entraîne par conséquence celui des conclusions à fin d'injonction.

Sur les conclusions fondées sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du GHPSO, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la requérante, au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, en l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Mme B la somme demandée par le GHPSO au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions du GHPSO fondées sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au groupe hospitalier public du sud de l'Oise.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

B. Boutou La greffière,

Signé

F. Joly

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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