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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2200554

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2200554

jeudi 8 février 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2200554
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSCP DUMOULIN CHARTRELLE ABIVEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 14 février 2022 et 9 novembre 2023, M. B A doit être regardé, dans le dernier état de ses écritures, comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 19 janvier 2022 par laquelle le groupe hospitalier public du Sud de l'Oise (GHPSO) a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de son accident survenu le 14 septembre 2021 ;

2°) d'enjoindre au GHPSO de reconnaître l'imputabilité au service de son accident survenu le 14 septembre 2021.

Il soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- il s'est blessé au dos en ramassant sa motocyclette tombée devant son domicile et l'imputabilité au service de cet accident a été reconnue par tous les organismes.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 octobre 2023, le GHPSO, représenté par Me Chartrelle, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que M. A lui verse une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que la requête est irrecevable comme étant dépourvue de tout moyen et subsidiairement, qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Les parties ont été informées le 18 janvier 2024, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public, relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité du moyen fondé sur l'insuffisance de motivation de la décision attaquée dès lors qu'il relève d'une cause juridique nouvelle, aucun moyen de légalité externe n'ayant été soulevé dans les deux mois suivant l'enregistrement de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi no 86-33 du 9 janvier 1986 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Menet, premier conseiller,

- les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public,

- et les observations de Me Chartrelle pour le GHPSO.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, agent titulaire de la fonction publique hospitalière exerçant au sein du GHPSO des fonctions de chargé d'exploitation électrique, a sollicité la reconnaissance de l'imputabilité au service d'un accident survenu le 14 septembre 2021, durant le trajet vers son lieu de travail. Par une décision du 19 janvier 2022, dont le requérant demande l'annulation, le GHPSO l'a refusée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée a été présenté pour la première fois dans le mémoire enregistré le 9 novembre 2023, soit au-delà du délai de deux mois suivant l'enregistrement de la requête, durant lequel aucun moyen de légalité externe n'a été soulevé par le requérant. Ce moyen qui relève d'une cause juridique nouvelle est irrecevable et doit être écarté.

3. En second lieu, est réputé constituer un accident de trajet tout accident dont est victime un agent public qui se produit sur le parcours habituel entre le lieu où s'accomplit son travail et sa résidence et pendant la durée normale pour l'effectuer, sauf si un fait personnel de cet agent ou toute autre circonstance particulière est de nature à détacher l'accident du service. Pour que soit reconnue l'existence d'un accident de trajet, il faut que le trajet du domicile au lieu de destination ait commencé. Tel n'est pas le cas lorsque l'intéressé se trouve encore, lors de l'accident, à l'intérieur de son domicile ou de sa propriété. Il appartient dans tous les cas au juge administratif, saisi d'une décision de l'autorité administrative compétente refusant de reconnaître l'imputabilité au service d'un tel événement, de se prononcer au vu des circonstances de l'espèce.

4. Il ressort des pièces du dossier que M. A a déclaré le 15 septembre 2021 s'être bloqué le dos, la veille à 7 heures 45, en relevant sa motocyclette tombée à terre alors qu'il s'apprêtait à se rendre à son travail débutant à 8 heures. Lors de l'enquête administrative diligentée le 24 septembre 2021, M. A a précisé que l'accident était survenu sur le trottoir devant son domicile alors que la motocyclette était en chauffe. L'intéressé a produit une attestation de son voisin datée du 23 octobre 2023 indiquant qu'il ne se souvenait pas du jour des faits en cause mais que le requérant avait pour habitude de démarrer sa motocyclette sur le trottoir le matin. Suivant un avis du 15 décembre 2021, la commission de réforme a retenu l'imputabilité au service de l'accident précité.

5. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que l'accident de l'intéressé a bien eu lieu en dehors de son domicile comme il l'affirme. L'attestation du voisin du requérant qui n'apporte aucun élément sur le déroulement proprement dit de l'accident n'a aucune force probante à cet égard. Il s'ensuit que M. A n'est pas fondé à soutenir que le GHPSO a entaché d'une erreur d'appréciation la décision lui refusant l'imputabilité au service de son accident. Ainsi, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par l'administration, il y a lieu de rejeter la requête.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

6. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision attaquée, n'implique aucune mesure d'exécution de la part de l'administration. Les conclusions aux fins d'injonction doivent dès lors également être rejetées.

Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :

7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions du GHPSO présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1 er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions du GHPSO présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au groupe hospitalier public du Sud de l'Oise.

Délibéré après l'audience du 25 janvier 2024, à laquelle siégeaient :

M. Boutou, président,

Mme Pierre, première conseillère,

M. Menet, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition le 8 février 2024.

Le rapporteur,

Signé

M. Menet

Le président,

Signé

B. Boutou

La greffière,

Signé

A. Ribière

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2200554

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