jeudi 12 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2200601 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | QUENNEHEN-TOURBIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 février 2022, M. B A, représenté par
Me Tourbier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le directeur de l'office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a implicitement rejeté sa demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil présentée le 8 novembre 2021 ;
2°) d'enjoindre au directeur de l'OFII de faire droit à sa demande, sous astreinte de
50 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'OFII une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que M. A renonce à percevoir le bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la décision est entachée d'un défaut de motivation ;
- l'OFII aurait dû recueillir ses observations préalables dans un délai de quinze jours ;
- la décision méconnait les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que les documents médicaux prouvant sa vulnérabilité et la fragilité de son état de santé n'ont pas été pris en considération.
M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision en date du 9 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement () peuvent, par ordonnance () 7° rejeter, après l'expiration du délai de recours () les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".
2. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant ait demandé la communication des motifs de la décision implicite attaquée. Il s'ensuit qu'il ne peut utilement soutenir que cette décision serait insuffisamment motivée, ni par suite se prévaloir d'un défaut d'examen particulier de sa situation révélé par cette insuffisance de motivation.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ".
4. Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée fait suite à une demande de M. A présentée le 8 novembre 2021, tendant au rétablissement des conditions matérielles d'accueil de sorte que l'autorité administrative n'avait pas à recueillir ses observations préalables. Par suite, le moyen tiré du principe contradictoire doit être écarté comme inopérant.
5. En dernier lieu, si M. A soutient que les documents médicaux prouvant sa vulnérabilité et la fragilité de son état de santé n'ont pas été pris en considération à l'appui de sa demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil, l'intéressé admet concomitamment n'avoir jamais bénéficié de ces conditions matérielles d'accueil, de sorte que sa demande tendant à leur rétablissement n'avait aucun objet. Par suite, il ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des règles régissant l'examen d'une demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil sur le fondement de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A, qui ne comprend que des moyens inopérants, doit, dès lors, être rejetée sur le fondement des dispositions du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles qu'il présente sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
7. En outre, aux termes de l'article 50 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " () le bénéfice de l'aide juridictionnelle est retiré, en tout ou partie, même après l'instance ou l'accomplissement des actes pour lesquels il a été accordé, dans les cas
suivants : / () 4° Lorsque la procédure engagée par le demandeur bénéficiant de l'aide juridictionnelle a été jugée dilatoire, abusive, ou manifestement irrecevable () ". L'article 51 de cette même loi dispose que : " Le retrait de l'aide juridictionnelle () peut intervenir jusqu'à quatre ans après la fin de l'instance ou de la mesure. () Il peut également intervenir d'office. / Le retrait est prononcé : () / 2° Par la juridiction saisie dans le cas mentionné au 4° du même article 50 ".
8. La requête de M. A n'est assortie que de moyens dépourvus de toute consistance, et d'ailleurs inopérants ainsi qu'il a été relevé ci-dessus, en sorte que la procédure engagée par l'intéressé présente, à l'évidence, un caractère dilatoire. Par suite, il y a lieu de lui retirer le bénéfice de l'aide juridictionnelle qui lui a été octroyé par la décision du bureau d'aide juridictionnelle du 9 mars 2022.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le bénéfice de l'aide juridictionnelle accordée à M. A est retiré.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me Tourbier.
Copie en sera adressée au bureau d'aide juridictionnelle.
Fait à Amiens, le 12 septembre 2024.
Le président de la 3ème chambre,
signé
S. Thérain
La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
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01/06/2026
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01/06/2026