mardi 31 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2200626 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP DUMOULIN CHARTRELLE ABIVEN |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 février et le 3 mai 2022, sous le numéro 2200626, M. A D, représenté par Me Chartrelle, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 octobre 2021 par lequel la préfète de l'Oise lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;
- le préfet a méconnu l'étendue de sa compétence dès lors qu'il s'est cru, à tort, lié par les stipulations de l'accord franco-algérien ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle est prise en méconnaissance des stipulations du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien ;
- elle méconnait l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que le préfet n'a pas fait usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait les stipulations du 1. de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 avril 2022, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir, à titre principal, que la requête est irrecevable dès lors qu'elle est tardive, et à titre subsidiaire, que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 décembre 2021.
II. Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 février et le 3 mai 2022, sous le numéro 2200627, Mme C D, représentée par Me Chartrelle, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 octobre 2021 par lequel la préfète de l'Oise lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Elle fait valoir les mêmes moyens que ceux soulevés par M. D dans la requête n°2200626.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 avril 2022, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir, à titre principal, que la requête est irrecevable dès lors qu'elle est tardive, et à titre subsidiaire, que les moyens soulevés par Mme D ne sont pas fondés.
Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 décembre 2021.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien modifié du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fass, conseillère ;
- et les observations de Me Chartrelle représentante de M. et Mme D.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme D, ressortissants algériens, demandent au tribunal d'annuler les décisions du 21 octobre 2021 par lesquelles la préfète de l'Oise a refusé de leur délivrer un titre de séjour.
2. Les requêtes enregistrées sous les numéros 2200626 et 2200627, présentées respectivement par M. D et par Mme D, appellent à juger des questions semblables. Il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Il ressort des motifs des décisions attaquées que, pour refuser la délivrance d'un titre de séjour à M. et Mme D, la préfète de l'Oise s'est fondée sur ce que leur droit au séjour ne pouvait être examiné qu'au regard de l'accord franco-algérien qui ne prévoit aucune disposition permettant aux ressortissants algériens d'obtenir un titre de séjour afin de rester aux côtés de leur enfant malade. En excluant ainsi la possibilité, qui lui appartenait, de régulariser la situation de M. et Mme D dès lors qu'aucune stipulation de cet accord ni faisait obstacle, elle a méconnu l'étendue de sa compétence et entaché les décisions attaquées d'une erreur de droit.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de leurs requêtes, que M. et Mme D sont fondés à demander l'annulation des décisions du 21 octobre 2021 par lesquelles la préfète de l'Oise a refusé de leur délivrer un titre de séjour.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Au regard du motif des annulations qu'il prononce, l'exécution du présent jugement implique seulement que le préfet de l'Oise réexamine les demandes présentées par M. et Mme D. Il y a lieu, dès lors, de lui enjoindre d'y procéder, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
6. M. et Mme D ont obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, leur avocat peut se prévaloir des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que le conseil des requérants renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Chartrelle de la somme de 2 000 euros.
Sur le montant de la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle :
7. Aux termes de l'article 92 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles : " La part contributive versée par l'Etat à l'avocat, ou à l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, choisi ou désigné pour assister plusieurs personnes dans une procédure reposant sur les mêmes faits en matière pénale ou dans un litige reposant sur les mêmes faits et comportant des prétentions ayant un objet similaire dans les autres matières est réduite par le juge de 30 % pour la deuxième affaire () ".
8. En l'espèce, la requête de Mme C D enregistrée sous le n° 2200627 repose sur les mêmes faits que la requête n° 2200626 de M. A D, son époux, comporte des prétentions similaires et des moyens présentés de manière identique. Tous deux bénéficient de l'aide juridictionnelle et sont assistés par Me Chartrelle. En conséquence, il y a lieu, conformément aux dispositions ci-dessus rappelées, d'appliquer un abattement de 30% sur le montant de l'aide juridictionnelle correspondant à la requête n° 2200627.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions de la préfète de l'Oise du 21 octobre 2021 sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Oise de procéder au réexamen de la situation de M. et Mme D dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Chartrelle une somme de 2 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Il est appliqué une réduction de 30% sur le montant de la part contributive à l'aide juridictionnelle versée à Me Chartrelle au titre de la requête n° 2200627.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A et Mme C D, au préfet de l'Oise et à Me Chartrelle.
Délibéré après l'audience du 17 décembre 2024 à laquelle siégeaient :
M. Binand, président,
Mme B et Mme Fass, conseillères,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 décembre 2024.
La rapporteure,
Signé
L. FASS
Le président,
Signé
C. BINAND Le greffier,
Signé
N. VERJOT
La République mande et ordonne au préfet de l'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2, 2200627
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026