vendredi 6 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2200712 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | AARPI THEMIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 février 2022, M. A B, représenté par Mes Montrichard et Ciaudo, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 décembre 2021 par laquelle le directeur du centre pénitentiaire de Château-Thierry a refusé de modifier le régime d'escorte qui lui est appliqué lors des extractions médicales ;
2°) d'enjoindre au directeur du centre pénitentiaire de Château-Thierry de modifier le régime d'escorte dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) d'assortir cette injonction d'une astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1500 euros au profit de son conseil en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle par décision du 26 janvier 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. En premier lieu, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ()".
2. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a demandé par l'intermédiaire de son conseil au directeur du centre pénitentiaire de Château-Thierry de modifier le régime d'escorte qui lui est appliqué lors des extractions médicales. Or, il ressort des termes du courrier de réponse du directeur du 16 décembre 2021 que le requérant n'a fait préalablement à ce courrier l'objet d'aucune extraction médicale, ce dont il n'apporte pas la preuve contraire au dossier. La réponse du directeur consistant à indiquer que les mesures de sécurité lors d'une extraction médicale relèvent de l'unique appréciation de l'administration ne saurait donc être regardée comme constituant une décision de refus d'un changement de régime d'escorte qui n'a pas été appliqué. En l'absence de décision attaquée, le recours de
M. B est manifestement irrecevable et doit être rejeté dans toutes ses conclusions.
3. En second lieu, aux termes de l'article 50 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 :
" Sans préjudice des sanctions prévues à l'article 441-7 du code pénal, le bénéfice de l'aide juridictionnelle ou de l'aide à l'intervention de l'avocat est retiré, en tout ou partie, même après l'instance ou l'accomplissement des actes pour lesquels il a été accordé, dans les cas suivants : / () / 4° Lorsque la procédure engagée par le demandeur bénéficiant de l'aide juridictionnelle ou de l'aide à l'intervention de l'avocat a été jugée dilatoire, abusive, ou manifestement irrecevable ; () ". Aux termes de l'article 51 de la même loi : " Le retrait () est prononcé : / () / 2° Par la juridiction saisie dans le cas mentionné au 4° du même article 50 ". Aux termes des deux derniers alinéas de l'article 65 du décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 : " () Lorsque la procédure engagée par le bénéficiaire de l'aide a été jugée dilatoire, abusive ou manifestement irrecevable, le retrait est prononcé par la juridiction saisie qui en avise le bâtonnier et le bureau d'aide juridictionnelle. / Le retrait entraîne l'obligation, pour le bénéficiaire, de rembourser le montant des frais exposés par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle "
4. Il résulte de ce qui a été dit au point 2, que la procédure au fond engagée par
M. B bénéficiant de l'aide juridictionnelle, est manifestement irrecevable. Par suite, il y a lieu de retirer l'aide juridictionnelle accordée à M. B par la décision susvisée du bureau d'aide juridictionnelle.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le bénéfice de l'aide juridictionnelle est retiré à M. B.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Mes Montrichard et Ciaudo et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Copie en sera adressée pour information au bâtonnier de l'ordre des avocats de Dijon et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire d'Amiens.
Fait à Amiens, le 6 septembre 2024.
Le président de la 2ème chambre,
Signé
B. Boutou
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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