LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2200871

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2200871

jeudi 19 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2200871
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif d'Amiens a examiné la requête de M. A, détenu, contestant la décision du 9 février 2022 ordonnant sa fouille corporelle intégrale à l'occasion d'un parloir familial. Le requérant invoquait une absence de justification et un caractère non subsidiaire de la mesure, en violation de l'article 57 de la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009. Le tribunal a rejeté sa demande, considérant que la fouille était justifiée par des antécédents disciplinaires (possession d'une montre connectée) et par la nature non surveillée des parloirs, rendant la palpation insuffisante. La solution retenue valide ainsi la décision de l'administration pénitentiaire au regard des dispositions des articles 57 de la loi de 2009 et R. 57-7-79 et R. 57-7-80 du code de procédure pénale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 mars 2022, M. B A demande au tribunal d'annuler la décision du 9 février 2022 par laquelle le directeur du centre pénitentiaire de Liancourt a décidé sa fouille corporelle intégrale exécutée le 12 février suivant dans le cadre d'un parloir familial.

Il soutient que la fouille pratiquée n'avait aucune justification, ne présentait pas un caractère subsidiaire en méconnaissance de l'article 57 de la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009 et a été exécutée dans le but de l'humilier alors qu'il fait l'objet de nombreuses fouilles depuis son arrivée au centre pénitentiaire de Liancourt.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 mai 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- la loi n° 2009-1436 du 24 novembre 2009 pénitentiaire ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pierre,

- et les conclusions de M. Menet, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. A est incarcéré au centre pénitentiaire de Liancourt depuis le 4 août 2020. Par décision du 9 février 2022, le directeur du centre pénitentiaire de Liancourt a décidé sa fouille corporelle intégrale le 12 février suivant à l'occasion d'un parloir familial. M. A demande l'annulation de cette décision.

2. Aux termes de l'article 57 de la loi du 24 novembre 2009 pénitentiaire alors en vigueur : " Hors les cas où les personnes détenues accèdent à l'établissement sans être restées sous la surveillance constante de l'administration pénitentiaire ou des forces de police ou de gendarmerie, les fouilles intégrales des personnes détenues doivent être justifiées par la présomption d'une infraction ou par les risques que leur comportement fait courir à la sécurité des personnes et au maintien du bon ordre dans l'établissement. Leur nature et leur fréquence sont strictement adaptées à ces nécessités et à la personnalité des personnes détenues. Elles peuvent être réalisées de façon systématique lorsque les nécessités de l'ordre public et les contraintes du service public pénitentiaire l'imposent. Dans ce cas, le chef d'établissement doit prendre une décision pour une durée maximale de trois mois renouvelable après un nouvel examen de la situation de la personne détenue. / Lorsqu'il existe des raisons sérieuses de soupçonner l'introduction au sein de l'établissement pénitentiaire d'objets ou de substances interdits ou constituant une menace pour la sécurité des personnes ou des biens, le chef d'établissement peut également ordonner des fouilles de personnes détenues dans des lieux et pour une période de temps déterminés, indépendamment de leur personnalité. Ces fouilles doivent être strictement nécessaires et proportionnées. Elles sont spécialement motivées et font l'objet d'un rapport circonstancié transmis au procureur de la République territorialement compétent et à la direction de l'administration pénitentiaire. / Les fouilles intégrales ne sont possibles que si les fouilles par palpation ou l'utilisation des moyens de détection électronique sont insuffisantes. () ".

3. Aux termes de l'article R. 57-7-79 du code de procédure pénale, dans sa version alors en vigueur : " Les mesures de fouilles des personnes détenues, intégrales ou par palpation, sont mises en œuvre sur décision du chef d'établissement pour prévenir les risques mentionnés au premier alinéa de l'article 57 de la loi n° 2009-1436 du 24 novembre 2009. Leur nature et leur fréquence sont décidées au vu de la personnalité des personnes intéressées des circonstances de la vie en détention et de la spécificité de l'établissement. () ". Aux termes de l'article R. 57-7-80 du même code alors en vigueur : " Les personnes détenues sont fouillées chaque fois qu'il existe des éléments permettant de suspecter un risque d'évasion, l'entrée, la sortie ou la circulation en détention d'objets ou substances prohibés ou dangereux pour la sécurité des personnes ou le bon ordre de l'établissement. ".

4. Il résulte de ces dispositions que si les nécessités de l'ordre public et les contraintes du service public pénitentiaire peuvent légitimer l'application à un détenu de mesures de fouille, le cas échéant répétées, elles ne sauraient revêtir un caractère systématique et doivent être justifiées par l'un des motifs qu'elles prévoient, en tenant compte notamment du comportement de l'intéressé, de ses agissements antérieurs ou des contacts qu'il a pu avoir avec des tiers. Les fouilles intégrales revêtent un caractère subsidiaire par rapport aux fouilles par palpation ou à l'utilisation de moyens de détection électronique. Il appartient à l'administration pénitentiaire de veiller, d'une part, à ce que de telles fouilles soient, eu égard à leur caractère subsidiaire, nécessaires et proportionnées et, d'autre part, à ce que les conditions dans lesquelles elles sont effectuées ne soient pas, par elles-mêmes, attentatoires à la dignité de la personne.

5. Il ressort des pièces du dossier que M. A a fait l'objet d'un compte-rendu d'incident suivi d'une sanction de trois jours de quartier disciplinaire pour avoir été en possession d'une montre connectée le 15 janvier 2022. Il a fait l'objet le 12 février suivant d'une fouille intégrale, décidée par la décision attaquée du 9 février 2022, à la sortie d'un parloir. Alors que les parloirs n'ont pas lieu sous surveillance constante et qu'il est possible de cacher de menus objets qui ne seraient pas détectés à la simple palpation, la réalisation d'une telle fouille intégrale en sortie de parloir, en particulier pour un détenu justifiant d'antécédents, en l'espèce, surpris quelques semaines auparavant en possession d'un objet prohibé, apparaît justifiée pour assurer la sécurité des personnes et le maintien du bon ordre dans l'établissement. Cette mesure de fouille intégrale n'a pas, dans ces conditions, méconnu les dispositions précitées de l'article 57 de la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009 ni les dispositions des articles R. 57-7-59 et

R. 57-7-80 du code de procédure pénale.

6. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que les agents de l'administration pénitentiaire auraient procédé à la fouille litigieuse dans des conditions qui, par elles-mêmes, seraient attentatoires à la dignité de la personne. A cet égard, si le requérant soutient que le seul objet de la pratique de fouilles à nu sur sa personne est d'humilier le détenu afin de conserver un ascendant sur lui, voire de le punir d'un éventuel comportement qui déplairait aux surveillants, il n'assortit ces allégations à caractère général d'aucune précision permettant de les accréditer.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au garde des sceaux, ministre de la justice.

Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Boutou, président,

Mme Pierre, première conseillère,

Mme Sako, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.

La rapporteure,

Signé

A-L Pierre

Le président,

Signé

B. Boutou

La greffière,

Signé

A. Ribière

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions