jeudi 29 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2200913 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU1 |
| Avocat requérant | SELARL ORMILLIEN MONEY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 mars 2022, M. A D, représenté par Me Ormillien, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 janvier 2022 par laquelle la directrice territoriale de l'Oise de Pôle emploi a rejeté son recours administratif préalable obligatoire présenté à l'encontre de la décision du 16 décembre 2021 le radiant de la liste des demandeurs d'emploi pour une durée d'un mois à compter de cette même date ;
2°) d'enjoindre à Pôle emploi, à titre principal, de lui verser les allocations échues au titre du mois qui a fait l'objet de la mesure de radiation en date du 16 décembre 2021 ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de deux semaines à compter de la notification du jugement.
Il soutient que :
- la compétence du signataire de la décision n'est pas établie ;
- la décision attaquée méconnaît l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'elle n'est pas signée ;
- la décision est insuffisamment motivée au regard des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'inexactitude matérielle des faits et d'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 5412-1 du code du travail dès lors qu'il a prévenu de son absence à son rendez-vous du 25 novembre 2021.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 avril 2022, Pôle emploi Hauts-de-France conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Galle, vice-présidente, en application de l'article R.222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges visés audit article.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Galle, magistrate désignée, a été entendu au cours de l'audience publique du 8 juin 2023.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi, a été convoqué, le 15 novembre 2021, à un entretien téléphonique prévu le 25 novembre 2021 à 11h30. L'intéressé n'ayant pas réalisé cet entretien, il a été destinataire, par un courrier du 30 novembre 2021, d'un avertissement avant sanction l'invitant à communiquer les motifs de son absence. Par une décision du 16 décembre 2021, le directeur de Pôle emploi Hauts-de-France a prononcé sa radiation de la liste des demandeurs d'emploi et la suppression des allocations pour une durée d'un mois à compter de cette même date. M. D a formé, à l'encontre de cette décision, un recours préalable obligatoire le 6 janvier 2022 auprès de Pôle emploi. Par décision du 13 janvier 2022, ce dernier a rejeté son recours. M. D demande l'annulation de cette décision.
2. En premier lieu, Pôle Emploi produit la délégation de signature en date du 20 décembre 2021 publiée sur le site de l'établissement public, consentie par le directeur régional à Mme C B, directrice territoriale de l'Oise, à l'effet de signer les décisions statuant sur les réclamations préalables obligatoires formées contre les décisions de radiation et de suppression du revenu de remplacement. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit donc être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée du 13 janvier 2022 comporte les nom prénom qualité et signature de son auteur. Par suite, le moyen tiré de la violation des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. À cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / - infligent une sanction () ". Et aux termes de l'article R. 5412-7-1 du code du travail " la décision, notifiée à l'intéressé, est motivée. Elle indique la durée de la radiation et mentionne les voies et délais de recours ".
5. Il appartient au juge du fond, saisi d'une contestation portant sur une sanction que l'administration inflige à un administré, de prendre une décision qui se substitue à celle de l'administration et, le cas échéant, de faire application d'une loi nouvelle plus douce entrée en vigueur entre la date à laquelle l'infraction a été commise et celle à laquelle il statue. Compte tenu des pouvoirs dont il dispose ainsi pour contrôler une sanction de cette nature, le juge se prononce sur la contestation dont il est saisi comme juge de plein contentieux.
6. Il résulte de l'instruction que, d'une part, la décision du 13 janvier 2022 fait référence à la décision initiale du 16 décembre 2021 à laquelle elle se substitue à la suite du recours administratif préalable formé par M. D et confirme la sanction de radiation pour un mois de la liste des demandeurs d'emploi prise le 16 janvier 2021. Cette dernière décision mentionnait les dispositions des articles L. 5412-1 et R. 5412-5 du code du travail, sur le fondement desquelles elle a été prise et a permis ainsi au requérant d'avoir connaissance des dispositions sur lesquelles l'administration s'est fondée en confirmant sa décision initiale par la décision en litige du 13 janvier 2022. D'autre part, la décision contestée du 13 janvier 2022 mentionne le motif sur lequel pôle emploi s'est fondé pour prononcer la radiation de l'intéressé, à savoir son absence à un rendez-vous. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 5412-1 du code du travail : " Est radiée de la liste des demandeurs d'emploi, dans des conditions déterminées par un décret en Conseil d'Etat, la personne qui : () 3° Soit, sans motif légitime : () c) Est absente à un rendez-vous avec les services et organismes mentionnés à l'article L.5311-2 ou mandatés par ces services et organismes ; () ". Aux termes de l'article L. 5426-2 du même code : " Le revenu de remplacement est supprimé par Pôle emploi dans les cas mentionnés aux 1° à 3° de l'article L. 5412-1, à l'article L. 5412-2 et au II de l'article L. 5426-1-2 (). ".
8. Il résulte de la décision contestée que pour la mise en œuvre des dispositions précitées de l'article L. 5412-1 du code du travail, Pôle emploi a retenu que M. D ne justifiait pas d'un motif légitime de nature à justifier son absence à son entretien du 25 novembre 2021.
9. Si M. D soutient que, par des échanges de courriels datant du 21, 22 et 23 décembre 2021, il avait prévenu Pôle emploi de son absence à son entretien, il résulte de l'instruction que l'entretien téléphonique pour lequel il était absent devait avoir lieu le 25 novembre 2021 à 11h30, et qu'il n'a pas prévenu préalablement de son absence à ce rendez-vous. En outre, il est constant que le requérant a été convoqué à cet entretien, au demeurant réalisé à sa demande, par un courrier du 15 novembre 2021. Si, dans un courriel en date du 23 décembre 2021, l'intéressé soutient que l'appel téléphonique du conseiller de Pôle emploi est intervenu le 25 novembre 2021 à 11h36 alors qu'il était prévu à 11h30 et qu'entre temps il a dû répondre à un appel téléphonique d'un employeur potentiel qu'il ne devait pas manquer, M. D ne justifie ni avoir reçu un autre appel téléphonique avant de recevoir celui de Pôle emploi, ni de l'identité de son interlocuteur. Il n'allègue pas avoir tenté de rappeler son conseiller Pôle emploi au numéro indiqué dans la convocation après son entretien téléphonique avec son employeur potentiel. En outre, suite au courrier du 30 novembre 2021 valant avertissement avant sanction, M. D ne s'est nullement manifesté auprès de son conseiller dans le délai de 10 jours qui lui était imparti, et n'a invoqué le motif précité que dans un courriel du 23 décembre 2021 postérieur à la décision de sanction initiale. Dans ces conditions, c'est par une exacte application des textes précités que Pôle emploi a pu prononcer la radiation de M. D de la liste des demandeurs d'emploi pour une durée d'un mois.
10. Il résulte tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 13 janvier 2022 par laquelle la directrice territoriale de l'Oise de Pôle emploi a confirmé sur recours préalable obligatoire la décision du 16 décembre 2021 portant radiation de la liste des demandeurs d'emploi pour une durée d'un mois. De même, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction présentées par le requérant doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, et à Pôle emploi.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juin 2023.
La magistrate désignée,
Signé
C. Galle
Le greffier,
Signé
J. F Langlois
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026