lundi 11 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2200948 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | BESSE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 mars 2022, Mme A D épouse C, représentée par Me Besse, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 janvier 2022 par laquelle le préfet de l'Aisne a retiré l'autorisation de regroupement familial au bénéfice de son époux qu'il lui avait accordée le 5 août 2021 ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Aisne d'autoriser le regroupement familial au bénéfice de son époux ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, le tout dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 80 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est illégale dès lors que la fraude qui lui est reprochée n'est pas établie ;
- cette décision est illégale dès lors qu'à la date de son édiction, son époux résidait au Maroc et que les conditions pour qu'il bénéficie du regroupement familial étaient ainsi remplies ;
- cette décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, méconnaît ainsi l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur sa situation personnelle.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 25 mars 2022 et 5 septembre 2023, le préfet de l'Aisne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de M. Richard, rapporteur.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 5 août 2021, le préfet de l'Aisne a fait droit à la demande de Mme A D épouse C, ressortissante marocaine née le 29 août 1992, tendant à l'octroi du regroupement familial au bénéfice de son époux, M. B C. Le préfet a retiré cette autorisation au motif qu'elle aurait été obtenue par fraude par une décision du 11 janvier 2022. Mme C demande l'annulation de cette dernière décision.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 434-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui séjourne régulièrement en France depuis au moins dix-huit mois, sous couvert d'un des titres d'une durée de validité d'au moins un an prévus par le présent code ou par des conventions internationales, peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre du regroupement familial : / 1° Par son conjoint, si ce dernier est âgé d'au moins dix-huit ans ; / 2° Et par les enfants du couple mineurs de dix-huit ans ". Aux termes de l'article L. 434-6 du même code : " Peut être exclu du regroupement familial : / () 3° Un membre de la famille résidant en France ".
3. Mme C ne conteste pas que son époux résidait en France à la date d'octroi du regroupement familial et n'établit pas qu'il serait vu contraint d'y rester contre sa volonté, au-delà de sa durée normale de séjour, en raison des mesures de lutte contre la propagation de l'épidémie de covid-19. Par ailleurs, l'intéressée a déclaré dans sa demande de regroupement familial du 11 février 2022 que son époux résidait au Maroc alors que celui-ci a déclaré aux services de police résider en France depuis août 2012 lors de son interpellation à l'aéroport du 1er septembre 2021. Dans ces conditions, Mme C n'est pas fondée à soutenir que la fraude sur laquelle s'est fondée le préfet pour prendre la décision attaquée n'est pas établie, sans qu'y fassent obstacle les circonstances que son époux s'est vacciné contre la covid-19, qu'il a refait son passeport en France et qu'il n'a pas choisi pour retourner au Maroc le mode de transport l'exposant le moins au risque d'être découvert.
4. En deuxième lieu, la circonstance que l'époux de Mme C résiderait au Maroc depuis le 1er septembre 2021 et remplirait dorénavant les conditions pour bénéficier du regroupement familial est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, qui n'est pas fondée sur la circonstance que ces conditions ne sont pas remplies mais sur celle que l'autorisation retirée a été obtenue par fraude.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. Si Mme C s'est mariée avec son époux le 27 avril 2019, elle n'établit pas la durée de leur vie commune alors qu'elle réside en France depuis le 9 novembre 2010 et a déposé une demande de regroupement familial. En outre, leur enfant est né postérieurement à la décision attaquée. Dans ces conditions, le préfet de l'Aisne n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en prenant la décision attaquée, qui ne s'oppose pas à ce que Mme C dépose une nouvelle demande de regroupement familial, si elle s'y croit fondée, et n'a ainsi pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes raisons, la décision attaquée n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur la situation personnelle de l'intéressée.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision attaquée. En conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles qu'elle présente sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D épouse C et au préfet de l'Aisne.
Délibéré après l'audience du 15 février 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Galle, présidente,
- M. Fumagalli, conseiller,
- M. Richard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mars 2024.
Le rapporteur,
signé
J. Richard
La présidente,
signé
C. Galle
Le greffier,
signé
J.-F. Langlois
La République mande et ordonne au préfet de l'Aisne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
No 2200948
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026