lundi 12 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2201051 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP VIGNON ET ASSOCIES |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée le 25 mars 2022 sous le n° 2201051, et un mémoire complémentaire, enregistré le 28 septembre 2023, Mme A B, représentée par Me Stalin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 novembre 2021, par laquelle la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Lille a refusé de reconnaitre imputable au service le choc psychologique qu'elle a déclaré le 29 mars 2018 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure, dès lors qu'en méconnaissance de l'article 47-5 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986, elle aurait dû être placée à titre provisoire en congé pour invalidité temporaire imputable au service à l'issue du délai d'instruction de sa demande qui a été dépassé ;
- elle est intervenue à l'issue d'un délai excessif ;
- elle a pour effet de revenir sur une décision créatrice de droits reconnaissant l'incident dont elle a été victime comme imputable au service plus de quatre mois après son intervention, laquelle est notamment révélée par la circonstance que le bénéfice de l'intégralité de son traitement lui a été maintenu ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors qu'elle est intervenue à raison de la circonstance qu'elle est placée sous l'autorité hiérarchique de son époux, laquelle n'a pas d'incidence et résulte d'une situation créée par l'administration, et non à raison de considérations médicales, alors que sa pathologie est en lien avec sa situation professionnelle, notamment les difficultés relationnelles avec sa supérieure hiérarchique.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juillet 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 18 septembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 23 octobre 2023, à 12 heures.
II. Par une requête, enregistrée le 24 mai 2022 sous le n° 2201722, et un mémoire complémentaire, enregistré le 6 juillet 2023, Mme A B, représentée par Me Stalin, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 27 décembre 2021 par laquelle la direction régionale de l'administration pénitentiaire l'a placée en congé de maladie ordinaire pour la période du 9 au
22 janvier 2019 ;
2°) d'annuler la décision du 12 novembre 2021, par laquelle la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Lille a refusé de reconnaitre imputable au service l'évènement survenu le 29 mars 2018 ;
3°) de mettre à la charge de la direction régionale de l'administration pénitentiaire une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée du 27 décembre 2021 est illégale, dès lors que le délai d'instruction est excessif ;
- elle est illégale, dès lors qu'elle a pour effet de revenir sur une décision créatrice de droits reconnaissant l'incident dont elle a été victime comme imputable au service plus de quatre mois après son intervention, laquelle est notamment révélée par la circonstance que le bénéfice de l'intégralité de son traitement lui a été maintenu ;
- elle est illégale, dès lors que le refus de reconnaissance de l'incident déclaré le 29 mars 2018 est entaché d'illégalité pour les motifs qu'elle invoque à l'encontre de cette décision et qu'elle est fondée à invoquer par la voie de l'exception.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 18 septembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 23 octobre 2023, à 12 heures.
III. Par une requête, enregistrée le 24 mai 2022 sous le n° 2201723, et un mémoire complémentaire, enregistré le 6 juillet 2023, Mme A B, représentée par Me Stalin, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 31 décembre 2021 par laquelle la direction régionale de l'administration pénitentiaire l'a placée en congé de maladie ordinaire pour la période du 19 juin au 30 juillet 2020 ;
2°) d'annuler la décision du 12 novembre 2021, par laquelle la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Lille a refusé de reconnaitre imputable au service l'évènement survenu le 29 mars 2018 ;
3°) de mettre à la charge de la direction régionale de l'administration pénitentiaire une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée du 31 décembre 2021 est illégale, dès lors que le délai d'instruction est excessif ;
- elle est illégale, dès lors qu'elle a pour effet de revenir sur une décision créatrice de droits reconnaissant l'incident dont elle a été victime comme imputable au service plus de quatre mois après son intervention, laquelle est notamment révélée par la circonstance que le bénéfice de l'intégralité de son traitement lui a été maintenu ;
- elle est illégale, dès lors que le refus de reconnaissance de l'incident déclaré le 29 mars 2018 est entaché d'illégalité pour les motifs qu'elle invoque à l'encontre de cette décision et qu'elle est fondée à invoquer par la voie de l'exception.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 18 septembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 23 octobre 2023, à 12 heures.
IV. Par une requête, enregistrée le 24 mai 2022 sous le n° 2201724, et un mémoire complémentaire, enregistré le 6 juillet 2023, Mme A B, représentée par Me Stalin, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 31 décembre 2021 par laquelle la direction régionale de l'administration pénitentiaire l'a placée en congé de maladie ordinaire pour la période du 21 avril au 5 décembre 2019 ;
2°) d'annuler la décision du 12 novembre 2021, par laquelle la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Lille a refusé de reconnaitre imputable au service l'évènement survenu le 29 mars 2018 ;
3°) de mettre à la charge de la direction régionale de l'administration pénitentiaire une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée du 31 décembre 2021 est illégale, dès lors que le délai d'instruction est excessif ;
- elle est illégale, dès lors qu'elle a pour effet de revenir sur une décision créatrice de droits reconnaissant l'incident dont elle a été victime comme imputable au service plus de quatre mois après son intervention, laquelle est notamment révélée par la circonstance que le bénéfice de l'intégralité de son traitement lui a été maintenu ;
- elle est illégale, dès lors que le refus de reconnaissance de l'incident déclaré le 29 mars 2018 est entaché d'illégalité pour les motifs qu'elle invoque à l'encontre de cette décision et qu'elle est fondée à invoquer par la voie de l'exception.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 18 septembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 23 octobre 2023, à 12 heures.
V. Par une requête, enregistrée le 24 mai 2022 sous le n° 2201725, et un mémoire complémentaire, enregistré le 6 juillet 2023, Mme A B, représentée par Me Stalin, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 1er février 2022, par laquelle la direction régionale de l'administration pénitentiaire l'a placée en congé de maladie ordinaire pour la période du
1er septembre 2020 au 23 août 2021 ;
2°) d'annuler la décision du 12 novembre 2021, par laquelle la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Lille a refusé de reconnaitre imputable au service l'évènement survenu le 29 mars 2018 ;
3°) de mettre à la charge de la direction régionale de l'administration pénitentiaire une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée du 1er février 2022 est illégale, dès lors que le délai d'instruction est excessif ;
- elle est illégale, dès lors qu'elle a pour effet de revenir sur une décision créatrice de droits reconnaissant l'incident dont elle a été victime comme imputable au service plus de quatre mois après son intervention, laquelle est notamment révélée par la circonstance que le bénéfice de l'intégralité de son traitement lui a été maintenu ;
- elle est illégale, dès lors que le refus de reconnaissance de l'incident déclaré le 29 mars 2018 est entaché d'illégalité pour les motifs qu'elle invoque à l'encontre de cette décision et qu'elle est fondée à invoquer par la voie de l'exception.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 18 septembre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 23 octobre 2023, à 12 heures.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le décret n° 2019-122 du 21 février 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rondepierre, rapporteure,
- et les conclusions de Mme Minet, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, adjointe administrative principale de première classe, affectée au centre pénitentiaire de Laon, a été mise à disposition de la maison d'arrêt de Charleville-Mézières à compter du 8 janvier 2018. Elle a adressé à son administration une déclaration d'accident de service à raison du choc psychologique qu'elle soutient avoir subi le
29 mars 2018 à la réception du compte-rendu de son évaluation professionnelle pour l'année 2017. Par une décision du 12 novembre 2021, que la requérante demande au tribunal d'annuler aux termes de sa requête n° 2201051, la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Lille a refusé de reconnaitre l'imputabilité au service de cet incident. Aux termes des requêtes nos 2201722, 2201723, 2201724 et 2201725, qu'il y a lieu de joindre à la précédente pour qu'il y soit statué par un même jugement, Mme B demande l'annulation de quatre décisions intervenues les 27 décembre 2021, 31 décembre 2021 et 1er février 2022 la plaçant en congés de maladie ordinaire à demi-traitement pour des périodes comprises entre le 9 janvier 2019 et le
23 août 2021.
Sur la légalité de la décision du 12 novembre 2021 refusant de reconnaître l'incident déclaré le 29 mars 2018 comme un accident de service :
2. D'une part, aux termes de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat, dans sa rédaction applicable au litige, depuis reprises à l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires et enfin codifiées aux articles L. 822-18 et suivants du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire en activité a droit () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence () / Toutefois, si la maladie provient () d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident () ". D'autre part, aux termes de l'article 47-5 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires : " Pour se prononcer sur l'imputabilité au service de l'accident ou de la maladie, l'administration dispose d'un délai : / 1° En cas d'accident, d'un mois à compter de la date à laquelle elle reçoit la déclaration d'accident et le certificat médical () / Au terme de ces délais, lorsque l'instruction par l'administration n'est pas terminée, l'agent est placé en congé pour invalidité temporaire imputable au service à titre provisoire () ". Selon l'article 22 du décret du 21 février 2019 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique de l'Etat, entré en vigueur le 24 février 2019 : " Les conditions de forme et de délais prévues aux articles 47-2 à 47-7 du décret du 14 mars 1986 précité ne sont pas applicables aux fonctionnaires ayant déposé une déclaration d'accident ou de maladie professionnelle avant l'entrée en vigueur du présent décret ".
3. En premier lieu, la méconnaissance du délai d'instruction résultant de l'article 47-5 précité du décret du 14 mars 1986, qui n'était au demeurant pas applicable à la déclaration d'accident de Mme B en application de l'article 22 précité du décret du 21 février 2019 compte tenu de sa date de présentation, n'est pas de nature à entacher d'illégalité la décision par laquelle l'administration se prononce sur le bien-fondé de cette demande à l'issue de ce délai. Il en va de même de la circonstance tirée de ce que l'intéressée n'aurait pas été placée à titre provisoire en congé d'invalidité temporaire imputable au service durant l'instruction de sa demande.
4. En deuxième lieu, il résulte de ce qui vient d'être dit que la circonstance que la décision contestée est intervenue plusieurs années après la présentation de la demande de Mme B, et plus de deux ans après l'avis de la commission de réforme, n'a pas d'incidence sur sa légalité alors même que l'administration ne se prévaut d'aucun élément particulier expliquant un tel délai d'instruction.
5. En troisième lieu, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que l'autorité administrative aurait pris une décision ayant pour objet de reconnaître comme imputable au service l'incident du 29 mars 2018 et de placer en conséquence Mme B en congé pour invalidité temporaire imputable au service, ce que ne révèle pas la circonstance qu'elle aurait été rémunérée à plein traitement durant l'instruction de sa demande. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision contestée prononcerait le retrait ou l'abrogation implicite d'une décision créatrice de droit ayant un tel objet manque en fait.
6. En quatrième lieu, d'une part, constitue un accident de service un évènement soudain et violent survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci. D'autre part, constitue un accident de service, pour l'application des dispositions précitées, un évènement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci. Sauf à ce qu'il soit établi qu'il aurait donné lieu à un comportement ou à des propos excédant l'exercice normal du pouvoir hiérarchique, lequel peut conduire le supérieur hiérarchique à adresser aux agents des recommandations, remarques, reproches ou à prendre à leur encontre des mesures disciplinaires, un entretien, notamment d'évaluation, entre un agent et son supérieur hiérarchique, ne saurait être regardé comme un événement soudain et violent susceptible d'être qualifié d'accident de service, quels que soient les effets qu'il a pu produire sur l'agent.
7. Il ressort des pièces du dossier que, le 13 mars 2018, le médecin généraliste de
Mme B a adressé cette dernière à un confrère psychiatre, en vue de prendre en charge son état anxieux consécutif à la réception, la veille, de son compte-rendu d'entretien professionnel établi au titre de l'année 2017 par sa précédente autorité hiérarchique. Pour autant, s'il est constant que le compte rendu d'entretien professionnel rédigé pour l'année 2017 présente un ensemble d'appréciations de la valeur professionnelle de Mme B moins favorables que l'année précédente, il ne ressort ni de ce document, ni d'autres pièces du dossier, d'élément dépassant le cadre de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. Dans ces conditions, l'intéressée n'est pas fondée à soutenir que ces circonstances révéleraient un événement soudain et violent susceptible d'être qualifié d'accident de service survenu le 29 mars 2018, ni d'ailleurs à une date antérieure, quels que soient les effets qu'elles aient pu produire sur l'agent. Par suite, en refusant de les reconnaître comme un accident de service, l'administration, qui, en relevant l'éventuel conflit d'intérêt dans lequel pouvait être placé le chef de l'établissement d'affectation de Mme B, n'en a pour autant pas fait un motif de refus de sa demande, n'a pas méconnu les dispositions citées au point 2 ou les principes rappelés ci-dessus.
8. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 12 novembre 2021 refusant de reconnaître l'incident déclaré le
29 mars 2018 comme un accident de service.
Sur la légalité des décisions des 27 décembre 2021, 31 décembre 2021 et 1er février 2022 plaçant Mme B en congé de maladie ordinaire :
9. En premier lieu, le délai aux termes duquel ces décisions sont intervenues n'a pas d'incidence sur leur légalité, alors que, par ailleurs, l'administration pouvait leur conférer une portée rétroactive rendue nécessaire pour assurer la continuité de la carrière de l'agent et procéder à la régularisation de sa situation après l'intervention de la décision du 12 novembre 2021 refusant de reconnaître l'incident déclaré le 29 mars 2018 comme un accident de service.
10. En deuxième lieu, pour les mêmes raisons que celles exposées au point 7,
Mme B n'est pas fondée à soutenir que ces décisions prononceraient le retrait ou l'abrogation implicite d'une décision créatrice de droit.
10. Enfin, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que Mme B n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de la décision du 21 novembre 2021 par les moyens qu'elle invoque à l'encontre de cette dernière décision.
11. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions des 27 décembre 2021, 31 décembre 2021 et 1er février 2022 la plaçant en congé de maladie ordinaire.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions des requêtes de Mme B doivent être rejetées, y compris ses conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles qu'elle présente sur le fondement des dispositions de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes de Mme B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 24 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- M. Truy, premier conseiller,
- Mme Rondepierre, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 février 2024.
La rapporteure,
signé
A. Rondepierre
Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Nos 2201051, 2201722, 2201723, 2201724 et 2201725
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026