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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2201142

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2201142

jeudi 16 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2201142
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoire complémentaires, enregistrés les 2 avril 2022, 18 juillet 2022 et 11 août 2022, Mme B A demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, d'annuler une décision de l'Agence de services et de paiement (ASP) en tant qu'elle lui refuse la prime à la conversion pour un montant de 5 000 euros.

Elle soutient que :

- elle remplit les conditions d'octroi de la prime à la conversion ;

- le dossier déposé auprès de l'ASP est complet ;

- la prime de 2 500 euros qui lui a été attribuée en cours d'instance au titre du " bonus écologique " relève d'une aide d'Etat complémentaire de telle sorte que le litige conserve son objet.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 27 juin 2022, 5 août 2022 et 1er septembre 2022, l'Agence de services et de paiement conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- la requérante a obtenu satisfaction en cours d'instance dès lors qu'une aide de 2 500 euros lui a été attribuée, ce qui prive d'objet le litige ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'énergie ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Fumagalli, conseiller,

- les conclusions de Mme Guilbaud, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a sollicité le 30 juillet 2020 le bénéfice de la prime à la conversion auprès de l'Agence de services et de paiement (ASP). Par une décision du 6 août 2020, l'ASP a rejeté sa demande. L'intéressée a formé un recours gracieux contre cette décision le 14 août 2020, qui a été explicitement rejeté par une décision du 2 septembre 2020. Par une lettre du 10 novembre 2020, l'ASP a informé Mme A que son dossier avait fait l'objet d'une nouvelle expertise et lui demandait de produire plusieurs pièces pour compléter l'examen de sa demande, qui, selon un message des services de l'ASP adressé à Mme A, s'est conclu le 26 avril 2021 par la mise à disposition en ligne du courrier de réponse à sa réclamation. Mme A, qui n'a pas reçu le courrier annoncé par l'ASP malgré ses demandes en ce sens, a alors saisi le tribunal administratif d'Amiens d'un recours en excès de pouvoir tendant à l'annulation de la décision de rejet de la décision de l'ASP annoncée le 26 avril 2021.

Sur l'exception de non-lieu opposée en défense par l'ASP :

2. En cours d'instance, l'ASP a versé à l'intéressée une prime à la conversion d'un montant de 2 500 euros. A cet égard, Mme A ne demande plus l'annulation de la décision du 6 août 2020 rejetant sa demande de prime à la conversion mais demande à présent au tribunal d'annuler la décision de l'ASP en tant que celle-ci lui refuse cette même aide pour un montant de 5 000 euros. Par suite, compte tenu de la différence entre le montant de l'aide accordée et celui demandé par Mme A, le litige conserve son objet et l'exception de non-lieu opposée en défense doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. Aux termes de l'article D.251-3 du code de l'énergie, dans sa version applicable au litige, issue du décret n°2021-37 du 19 janvier 2021 : " I.-Une aide dite prime à la conversion est attribuée () à toute personne physique majeure justifiant d'un domicile en France () qui acquiert () un véhicule automobile terrestre à moteur () ". Aux termes de l'article D.251-1 du même code, dans sa version applicable au litige, issue du même décret : " 1° Appartient : a) () à une catégorie de véhicules faisant l'objet d'une mesure des émissions de dioxyde de carbone en application du règlement (CE) n° 715/2007 du Parlement européen et du Conseil du 20 juin 2007 () 5° S'il s'agit d'un véhicule mentionné au a du 1°, émet une quantité de dioxyde de carbone inférieure ou égale à 50 grammes par kilomètre () ".

4. Aux termes de l'article D.251-8 du même code, dans sa version applicable au litige, résultant du décret n°2020-955 du 31 juillet 2020 : " Le montant de l'aide prévue à l'article D. 251-3 est déterminé par l'un ou l'autre des cas suivants : 1° Pour les véhicules mentionnés au premier alinéa de l'article D. 251-3, correspondant au 5° de l'article D. 251-1 et dont l'autonomie équivalente en mode tout électrique en ville déterminée en application du règlement (UE) 2017/1151 de la Commission du 1er juin 2017 ou du règlement (CE) n° 692/2008 de la Commission du 18 juillet 2008 est supérieure à 50 kilomètres : a) Le montant de l'aide est fixé à 80 % du prix d'acquisition, dans la limite de 5 000 euros si le véhicule est acquis ou loué soit par une personne physique dont le revenu fiscal de référence par part est inférieur ou égal à 13 489 euros et dont la distance entre son domicile et son lieu de travail est supérieure à 30 kilomètres ou effectuant plus de 12 000 kilomètres par an dans le cadre de son activité professionnelle avec son véhicule personnel, soit par une personne physique dont le revenu fiscal de référence par part est inférieur ou égal à 6 300 euros ; b) Le montant de l'aide est fixé à 2 500 euros, dans les autres cas () ".

5. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a acquis une voiture neuve électrique le 15 juin 2020 afin de remplacer son véhicule précédent fonctionnant au diesel. L'intéressée a alors sollicité le bénéfice de l'octroi du bonus écologique et de la prime à la conversion et sa demande a été enregistrée par l'ASP le 30 juillet 2020. Par une décision du 6 août 2020, l'ASP a rejeté la demande de prime à la conversion de l'intéressé au motif que le bonus écologique de 7 000 euros lui avait été accordé par le professionnel de l'automobile et que ce montant avait déjà été déduit de sa facture.

6. Par ailleurs, il ressort des écritures en défense que l'ASP a versé à l'intéressée, postérieurement à la décision attaquée, une aide financière de 2 500 euros. En dépit de l'erreur matérielle figurant dans le mémoire en défense, il ressort de la capture d'écran produite par l'ASP en défense que l'ASP a bien versé à ce titre la prime à la conversion, prévue par l'article D.251-3 du code de l'énergie, et non le bonus écologique. L'administration fait valoir que Mme A ne pouvait pas bénéficier d'une prime à la conversion d'un montant de 5 000 euros, dès lors que son revenu fiscal de référence excédait le montant prévu au 1° a) de l'article D.251-8 du code l'énergie, cité au point 4, soit 13 489 euros. Or il ressort de l'avis d'imposition de la requérante établi en 2019 au titre des revenus 2018 que le revenu fiscal de référence de l'intéressée est de 37 093 au titre de cette année. Mme A entrait donc dans la catégorie prévue par le b) du 1 de l'article D.251-8, qui prévoit que le montant de l'aide est fixé à 2 500 euros. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'elle remplissait les conditions pour obtenir 5 000 euros au titre de la prime à la conversion. Le moyen soulevé à ce titre doit être écarté.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à l'Agence de services et de paiement.

Délibéré après l'audience du 18 avril 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Galle, présidente,

M. Richard, premier conseiller,

M. Fumagalli, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2024.

La présidente,

Signé

C. Galle

Le rapporteur,

Signé

E. Fumagalli Le greffier,

Signé

J.-F. Langlois

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°220114

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