mardi 23 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2201198 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 avril 2022, M. B A demande au tribunal :
1°) de prononcer l'annulation de la décision du préfet de police de Paris en date du 5 novembre 2021 portant refus d'échange de son permis de conduire algérien contre un permis français ;
2°) d'enjoindre la délivrance du titre sollicité ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 50 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que son permis est authentique et que le préfet ne pouvait prendre la décision contestée sans avoir, au préalable, saisi les autorités algériennes. Il indique avoir besoin de son permis de conduire pour l'exercice de son activité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 mars 2023, le préfet de police de Paris conclut au non-lieu à statuer s'agissant d'une décision depuis abrogée et subsidiairement au rejet de la demande.
Par un mémoire complémentaire enregistré le 5 avril 2023, M. A conclut aux mêmes fins et demande qu'il soit mis à la charge de l'Etat une somme de 500 euros en réparation des préjudices subis.
Vu le courrier en date du 11 avril 2023 informant les parties que le jugement à intervenir est susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné
M. Truy, premier conseiller honoraire, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative, y compris en faisant usage des dispositions de l'article R. 222-1 du même code.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () et les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; 5° Statuer sur les requêtes qui ,ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ;() ". Aux termes de l'article R. 222-16 du même code : " Pour les affaires visées à l'article R. 222-13, les attributions dévolues par les dispositions réglementaires du présent code à la formation de jugement ou à son président sont exercées par le magistrat compétent en vertu de cet article ".
Sur les conclusions en annulation et injonction :
2. Il ressort des pièces du dossier que la décision portant refus d'échange du permis de conduire marocain de M. A a été rapportée. Par suite, il y a lieu de considérer que les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision du préfet de police de Paris est devenue sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer ainsi que celles à fin d'injonction. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit à celles tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Sur les conclusions tendant au paiement de dommages et intérêts :
3. En vertu des dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative le tribunal administratif ne peut être saisi que par voie de recours contre une décision. Par suite, à défaut de demande préalable sur ce point, les conclusions susmentionnées de M. A sont irrecevables et, dès lors, doivent être rejetées dans le cas d'un préjudice en tout état de cause non établi.
ORDONNE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de
M. A aux fins d'annulation et d'injonction.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet de police de Paris.
Fait à Amiens, le 23 mai 2023.
Le magistrat désigné,
signé
G. Truy
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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