jeudi 16 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2201242 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | DRYE DE BAILLIENCOURT ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 8 avril 2022, 30 juin 2022 et 6 juillet 2022, l'association des usagers du vélo, des voies vertes et des véloroutes des vallées de l'Oise (AU5V) doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 décembre 2021 par lequel le maire de la commune d'Avilly-Saint-Léonard a interdit la circulation des cyclistes en double sens dans la Grande Rue ;
2°) d'enjoindre à la commune d'Avilly-Saint-Léonard de prendre une mesure d'exécution du jugement en application des articles L. 911-1 L. 911-2 du code de justice administrative dans un délai de deux mois, sous astreinte journalière ;
3°) de mettre à la charge de la commune d'Avilly-Saint-Léonard la somme de 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit au regard des articles R.110-2 et R.412-28-1 du code de la route dès lors que le maire ne pouvait en l'espèce déroger à la généralisation du double sens de circulation pour les cyclistes en zone 30.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2022, la commune d'Avilly-Saint-Léonard, représentée par Me Vanoutryve, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de l'association requérante la somme de 4 000 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par l'association requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la route ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Fumagalli, conseiller,
- les conclusions de Mme Guilbaud, rapporteure publique,
- les observations de M. A, représentant l'AU5V,
-et les observations de Me Vanoutryve, représentant la commune d'Avilly-Saint-Léonard.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 20 octobre 2020, le maire de la commune d'Avilly-Saint-Léonard a interdit la circulation des cyclistes en double sens dans la Grande Rue. L'association requérante a demandé au maire d'abroger cet arrêté par une lettre du 8 novembre 2021. Par un arrêté du 10 décembre 2021, le maire a pris un arrêté qui s'est substitué à celui du 20 octobre 2020 et contenant le même dispositif. Le 24 janvier 2022, l'association requérante a formé un recours gracieux contre cet arrêté, qui a été implicitement rejeté. L'association Au5V demande l'annulation de l'arrêté du 10 décembre 2021.
Sur conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques () ". Aux termes de l'article L.2213-1 du même code : " Le maire exerce la police de la circulation sur les routes nationales, les routes départementales et l'ensemble des voies publiques ou privées ouvertes à la circulation publique à l'intérieur des agglomérations () ".
3. Aux termes de l'article R. 110-2 du code de la route, dans sa version applicable au litige : " Pour l'application du présent code, les termes ci-après ont le sens qui leur est donné dans le présent article : () - zone 30 : section ou ensemble de sections de voies constituant une zone affectée à la circulation de tous les usagers. Dans cette zone, la vitesse des véhicules est limitée à 30 km/ h. Toutes les chaussées sont à double sens pour les cyclistes et les conducteurs d'engins de déplacement personnel motorisés, sauf dispositions différentes prises par l'autorité investie du pouvoir de police. Les entrées et sorties de cette zone sont annoncées par une signalisation et l'ensemble de la zone est aménagé de façon cohérente avec la limitation de vitesse applicable. ". Aux termes de l'article R. 412-28-1 du même code, dans sa version applicable au litige : " Lorsque la vitesse maximale autorisée est inférieure ou égale à 30 km/ h, les chaussées sont à double sens pour les conducteurs d'engins de déplacement personnel motorisés et les cyclistes sauf décision contraire de l'autorité investie du pouvoir de police. ".
4. Il ressort des pièces du dossier que la Grande Rue située à Avilly-Saint-Léonard constitue un axe de circulation important traversant la commune d'ouest en est, à partir du carrefour entre la rue de la porte Vaillant et la rue de la Nonette, jusqu'à la rue de la Garenne. Le maire a, par un arrêté du 1er février 2016, instauré un sens unique de circulation dans la partie de la Grande Rue située entre le carrefour précité et la rue du Calvaire. Il est constant que la partie de cette voie supportant un sens unique de circulation, d'une longueur d'environ trois cents mètres environ, est empruntée par des voitures, des camions, des bus, ainsi que des cyclistes. Si l'association requérante minimise la fréquence de la circulation des bus et des services de secours sur cet axe, il ressort des pièces du dossier que ces véhicules utilisent malgré tout cette voie. Il ressort également des pièces du dossier, en particulier des photos produites par les deux parties, qu'en dépit de la largeur de la chaussée, la présence d'un arrêt de bus et de places de stationnement pour les voitures, ainsi que l'étroitesse des trottoirs font obstacle à ce que la circulation dans les deux sens puisse se réaliser en toute sécurité pour l'ensemble des usagers, notamment avec une visibilité suffisante pour les automobilistes et une largeur suffisante pour les cyclistes. Dans les circonstances de l'espèce, compte tenu de la nécessité d'assurer la sécurité des usagers et de prévenir les accidents, le maire n'a pas fait une inexacte application des articles R.110-2 et R.412-28-1 du code de la route en interdisant la circulation des cyclistes en double-sens dans la Grande rue. Le moyen soulevé à ce titre doit être écarté.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par l'association requérante ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L.761-1 du code de justice administrative :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Avilly-Saint-Léonard, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par l'AU5V au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'AU5V une somme demandée par la commune d'Avilly-Saint-Léonard au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'association des usagers du vélo, des voies vertes et des véloroutes des vallées de l'Oise est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune d'Avilly-Saint-Léonard au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association des usagers du vélo, des voies vertes et des véloroutes des vallées de l'Oise et à la commune d'Avilly-Saint-Léonard.
Délibéré après l'audience du 18 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Galle, présidente,
M. Richard, premier conseiller,
M. Fumagalli, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2024.
La présidente,
Signé
C. Galle
Le rapporteur,
Signé
E. Fumagalli Le greffier,
Signé
J.-F. Langlois
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°220124
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026