jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2201290 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SA GREENLAW AVOCAT |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés sous le n° 2201290 les 12 avril 2022, 14 décembre 2023 et 15 février 2024, la société par actions simplifiée (SAS) Nord Composite, représentée par Me Borrel, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 février 2022 par lequel la préfète de la Somme l'a mise en demeure de mettre en place un système de ventilation au sein de l'installation de stockage de peroxydes organiques située sur le territoire de la commune de Condé-Folie dans un délai de deux mois ;
2°) d'annuler l'arrêté du 14 novembre 2023 par lequel le préfet de la Somme a fixé le délai d'installation de ce système à six mois à compter de la notification de l'arrêté du 21 février 2022 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il y a lieu de statuer sur la requête ;
- l'arrêté du 21 février 2022 a été pris par une autorité incompétente ;
- cet arrêté a été pris au terme d'une procédure méconnaissant le principe du contradictoire et les dispositions des articles L. 514-5, L. 171-6 et L. 171-8 du code de l'environnement dès lors que ses observations n'ont pas été prises en compte ;
- cet arrêté est entaché d'une erreur de droit dès lors que les dispositions de l'article L. 512-10 du code de l'environnement excluaient, en l'absence de motif de sécurité, l'application à l'installation en litige, dont la construction est antérieure à 2008, des dispositions constructives relatives au gros œuvre de l'article 2.6 de l'annexe I de l'arrêté du 10 novembre 2008 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations classées soumises à déclaration sous l'une ou plusieurs des rubriques nos 4410, 4411, 4420, 4421 ou 4422 ;
- cet arrêté est illégal en raison de l'illégalité de l'arrêté du 10 novembre 2008 dont les prescriptions sont disproportionnées ;
- cet arrêté méconnaît les dispositions de l'article L. 511-1 du code de l'environnement dès lors que l'installation du système de ventilation envisagé compromettrait la santé, la sécurité et la salubrité publiques en accroissant le risque d'incendie ;
- cet arrêté est disproportionné eu égard notamment aux conséquences financières que les mesures envisagées génèrent et à l'absence de bénéfice attendu en matière de sécurité ;
- l'arrêté du 14 novembre 2023 est illégal en raison de l'illégalité de l'arrêté du 21 février 2022.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 novembre 2023, le préfet de la Somme conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- il n'y a plus lieu de statuer sur la requête dès lors que l'arrêté du 14 novembre 2023 a privé d'objet les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 21 février 2022 ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 22 février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 22 mars 2024 à 12 heures.
Le préfet de la Somme a produit un mémoire le 10 septembre 2024.
II. Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés sous le n° 2400177 les 11 et 30 janvier 2024, la société par actions simplifiée (SAS) Nord Composite, représentée par Me Borrel, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 14 novembre 2023 par lequel le préfet de la Somme a fixé le délai d'installation d'un système de ventilation au sein de l'installation de stockage de peroxydes organiques située sur le territoire de la commune de Condé-Folie à six mois ;
2°) à titre subsidiaire, d'abroger l'arrêté du 14 novembre 2023 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté du 14 novembre 2023 a été pris par une autorité incompétente ;
- cet arrêté est entaché d'une erreur de droit dès lors que les dispositions de l'article L. 512-10 du code de l'environnement excluaient, en l'absence de motif de sécurité, l'application à l'installation en litige, dont la construction est antérieure à 2008, des dispositions constructives relatives au gros œuvre de l'article 2.6 de l'annexe I de l'arrêté du 10 novembre 2008 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations classées soumises à déclaration sous l'une ou plusieurs des rubriques nos 4410, 4411, 4420, 4421 ou 4422 ;
- cet arrêté est disproportionné eu égard notamment aux conséquences financières que les mesures envisagées génèrent et à l'absence de bénéfice attendu en matière de sécurité.
Par ordonnance du 22 mai 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 21 juin 2024 à 12 heures.
Le préfet de la Somme a produit un mémoire le 10 septembre 2024.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- l'arrêté du 6 novembre 2007 relatif à la prévention des risques présentés par les dépôts et ateliers utilisant des substances ou mélanges relevant de l'une ou plusieurs des rubriques nos 4410, 4411, 4420, 4421 ou 4422 ;
- l'arrêté du 10 novembre 2008 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations classées soumises à déclaration sous l'une ou plusieurs des rubriques nos 4410, 4411, 4420, 4421 ou 4422 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Richard, rapporteur,
- les conclusions de M. Liénard, rapporteur public ;
- et les observations de Me Borrel, assistant M. E F, représentant la société Nord Composite.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 10 mars 2004, le préfet de la Somme a autorisé la société par actions simplifiée (SAS) Nord Composite à exploiter une unité de formulation et de conditionnement de colles, mastics, résines et gel coats sur le territoire de la commune de Condé-Folie. Les conditions d'exploitation ont été modifiées par des arrêtés préfectoraux des 25 février 2011 et 4 mars 2021. Cette unité comprend une installation de stockage de peroxydes organiques de type D relevant de la rubrique 4421-2 de la nomenclature annexée à l'article R. 511-9 du code de l'environnement. Aux termes d'un rapport du 26 novembre 2021, l'inspection de l'environnement a considéré que cette installation de stockage méconnaissait les dispositions de l'article 2.6 de l'annexe I de l'arrêté du 10 novembre 2008 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations classées soumises à déclaration sous l'une ou plusieurs des rubriques nos 4410, 4411, 4420, 4421 ou 4422, en raison de l'absence d'un système de ventilation. Par un arrêté du 21 février 2022, la préfète de la Somme a mis en demeure la société Nord Composite de mettre en place ce système de ventilation dans un délai de deux mois. Par un arrêté du 14 novembre 2023, le préfet de la Somme a fixé le délai donné pour la mise en place de ce système à six mois à compter de la notification de l'arrêté du 21 février 2022. Aux termes de ses requêtes nos 2201290 et 2400177 qu'il convient de joindre afin qu'il y soit statué par un même jugement, la société Nord Composite demande au tribunal l'annulation de ces deux arrêtés.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée dans la requête n° 2201290 :
2. Il appartient au juge de plein contentieux des installations classées pour la protection de l'environnement de se prononcer sur l'étendue des obligations mises à la charge des exploitants par l'autorité compétente au regard des circonstances de fait et de droit existant à la date à laquelle il statue. Il en résulte que si l'acte attaqué, pris pour l'application de la législation relative aux installations classées, est rapporté par l'autorité compétente avant que le juge ait statué, il n'y a pas lieu pour celui-ci, que ce retrait ait ou non acquis un caractère définitif, de se prononcer sur le mérite de la demande dont il est saisi. Il en va de même lorsque ce retrait intervient au cours de l'instance de cassation.
3. Aux termes de l'arrêté du 14 novembre 2023, le préfet de la Somme a fixé à six mois à compter de la notification de l'arrêté du 21 février 2022, le délai donné pour la mise en place du système, objet de la mise en demeure de ce dernier arrêté et a, par suite, retiré la précédente décision qui fixait ce délai à deux mois. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu de statuer uniquement sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 21 février 2022 en tant qu'il fixe le délai de la mise en demeure.
Sur la légalité des arrêtés attaqués :
4. En premier lieu, à supposer même opérants les moyens tirés de l'incompétence des signataires des arrêtés attaqués alors que le préfet était en situation de compétence liée, les arrêtés des 21 février 2022 et 14 novembre 2023 ont été signés respectivement par Mme B A et par M. D C, secrétaires généraux de la préfecture de la Somme, lesquels disposaient chacun, pour ce faire, d'une délégation de signature du préfet en date respectivement des 17 décembre 2021 et 31 juillet 2023, régulièrement publiées au recueil des actes administratifs de la préfecture des mêmes jours. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 514-5 du code de l'environnement : " L'exploitant est informé par l'inspecteur des installations classées des suites du contrôle. L'inspecteur des installations classées transmet son rapport de contrôle au préfet et en fait copie simultanément à l'exploitant. Celui-ci peut faire part au préfet de ses observations ". Aux termes de l'article L. 171-6 du même code : " Lorsqu'un agent chargé du contrôle établit à l'adresse de l'autorité administrative compétente un rapport faisant état de faits contraires aux prescriptions applicables, en vertu du présent code, à une installation, un ouvrage, des travaux, un aménagement, une opération, un objet, un dispositif ou une activité, il en remet une copie à l'intéressé qui peut faire part de ses observations à l'autorité administrative ".
6. Alors même que le préfet a compétence liée, lorsque l'inspecteur des installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE) a constaté l'inobservation de conditions légalement imposées à l'exploitant d'une installation classée, pour édicter une mise en demeure de satisfaire à ces conditions dans un délai déterminé, la circonstance que le rapport de l'inspecteur constatant les manquements n'ait pas été préalablement porté à la connaissance de l'exploitant dans les conditions prescrites par l'article L. 514-5 du code de l'environnement est de nature à entacher d'irrégularité la mise en demeure prononcée.
7. Il résulte de l'instruction que le rapport de l'inspection de l'environnement du 2 novembre 2021 a été communiqué, le 26 novembre 2021, avec une invitation à présenter des observations dans un délai de quinze jours, à la société Nord Composite. Cette dernière a présenté des observations le 2 décembre 2021 dont la prise en compte a abouti à l'abandon du projet, présenté dans ce rapport, d'une mise en demeure relative aux moyens d'extinction des incendies. Dans ces conditions, et sans qu'y fasse obstacle l'absence de visa de ces observations ou de reprise de certains de ses éléments dans l'arrêté du 21 février 2022, la société Nord Composite n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté du 21 février 2022 aurait été pris au terme d'une procédure méconnaissant le principe du contradictoire et les dispositions citées au point 5 au motif que ses observations n'auraient pas été prises en compte.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 512-10 du code de l'environnement : " Pour la protection des intérêts mentionnés à l'article L. 511-1, le ministre chargé des installations classées peut fixer par arrêté, après consultation des ministres intéressés et du Conseil supérieur de la prévention des risques technologiques, les prescriptions générales applicables à certaines catégories d'installations soumises à déclaration. / Ces arrêtés s'imposent de plein droit aux installations nouvelles. / Ils précisent, après avis des organisations professionnelles intéressées, les délais et les conditions dans lesquels ils s'appliquent aux installations existantes. / Sauf motif tiré de la sécurité, de la santé ou de la salubrité publiques ou du respect des engagements internationaux de la France, notamment du droit de l'Union européenne, les prescriptions relatives aux dispositions constructives concernant le gros œuvre ne peuvent faire l'objet d'une application aux installations existantes. / () ". Aux termes de l'article 2.6 de l'annexe I de l'arrêté du 10 novembre 2008 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations classées soumises à déclaration sous l'une ou plusieurs des rubriques nos 4410, 4411, 4420, 4421 ou 4422 : " 2.6. Ventilation / Sans préjudice des dispositions du code du travail, les dépôts et ateliers sont convenablement ventilés, en phase normale d'exploitation, pour éviter tout risque d'apparition d'une concentration en vapeur susceptible d'être à l'origine d'une explosion et en respectant les valeurs limites de rejet (point 6.2). / Le débouché à l'atmosphère de la ventilation est placé aussi loin que possible des immeubles habités ou occupés par des tiers et des bouches d'aspiration d'air extérieur ". L'annexe V de l'arrêté du 10 novembre 2008 prévoit que l'article 2.6 de l'annexe I est applicable aux installations existantes dix-huit mois après sa publication au Journal officiel, le 21 novembre 2008.
9. A supposer même que l'installation d'un système de ventilation, objet de la mise en demeure en litige, puisse être considérée comme des travaux de construction concernant le gros œuvre alors notamment qu'elle n'affecte pas principalement les éléments porteurs ou ceux assurant le clos, le couvert et l'étanchéité, cette prescription est fondée sur un motif de sécurité publique dès lors qu'elle vise à prévenir le risque d'apparition d'une concentration en vapeur susceptible d'être à l'origine d'une explosion. Dans ces conditions, l'arrêté du 21 février 2022 n'est pas entaché d'une erreur de droit au regard des dispositions précitées de l'article L. 512-10 du code de l'environnement.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article 21 de l'arrêté du 6 novembre 2007 relatif à la prévention des risques présentés par les dépôts et ateliers utilisant des substances ou mélanges relevant de l'une ou plusieurs des rubriques nos 4410, 4411, 4420, 4421 ou 4422 : " Le dépôt comporte un dispositif permettant d'évacuer une éventuelle surpression résultant d'une décomposition ou du souffle de l'explosion d'une atmosphère explosive suite à la décomposition. () ".
11. Il résulte de l'instruction que les peroxydes susceptibles d'être stockés au sein d'une installation classée de la rubriques no 4421 sont susceptibles de dégager des vapeurs pouvant être à l'origine d'explosion et que la prévention de tels accidents suppose d'évacuer ces vapeurs. Par ailleurs, si les arrêtés des 6 novembre 2007 et 10 novembre 2008 ne prévoient pas les mêmes mesures obligatoires pour prévenir ces explosions selon que les installations soient soumises à déclaration ou à autorisation, il ne résulte pas de l'instruction que les préconisations de l'arrêté du 10 novembre 2008 soient disproportionnées au motif qu'elles obligent à ventiler les dépôts de peroxydes alors notamment que les dispositions citées au point précédent prévoient également l'installation d'un dispositif permettant d'évacuer une éventuelle surpression résultant d'une décomposition de ces produits. Dans ces conditions, les arrêtés attaqués ne sont pas illégaux en raison de l'illégalité de l'arrêté du 10 novembre 2008 dont les prescriptions seraient disproportionnées.
12. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'environnement : " Sont soumis aux dispositions du présent titre les usines, ateliers, dépôts, chantiers et, d'une manière générale, les installations exploitées ou détenues par toute personne physique ou morale, publique ou privée, qui peuvent présenter des dangers ou des inconvénients soit pour la commodité du voisinage, soit pour la santé, la sécurité, la salubrité publiques, soit pour l'agriculture, soit pour la protection de la nature, de l'environnement et des paysages, soit pour l'utilisation économe des sols naturels, agricoles ou forestiers, soit pour l'utilisation rationnelle de l'énergie, soit pour la conservation des sites et des monuments ainsi que des éléments du patrimoine archéologique. / Les dispositions du présent titre sont également applicables aux exploitations de carrières au sens des articles L. 100-2 et L. 311-1 du code minier ".
13. Si la société Nord Composite allègue avoir installé une paroi soufflable au sein du dépôt de peroxydes objet de la mise en demeure, elle n'établit pas que ce dispositif permette d'évacuer une éventuelle surpression résultant d'une décomposition des peroxydes de nature à éviter les risques d'explosion. Par ailleurs, si la société Nord Composite produit une étude du 14 décembre 2023 concluant à l'impossibilité " de créer des ouvertures hautes et basses au sein de ce local qui remettraient en cause le caractère coupe-feu ", cette étude ne précise pas les conséquences de l'installation au sein de ce local d'un système de ventilation comportant des grilles pare-flammes et des ouvertures construites en chicane, conformément aux dispositions de l'article 2.4.2 de l'arrêté du 10 novembre 2008, applicables aux locaux de stockage ne se situant pas dans un bâtiment dédié. En outre, si cette étude précise qu'en cas d'incendie dans l'atelier des pâtes pigmentaires, un flux de chaleur dangereux peut atteindre certaines parois du local de stockage des peroxydes au niveau de l'ouverture de cet atelier, elle n'indique pas les raisons pour lesquelles les orifices nécessaires à l'installation d'un système de ventilation adapté ne pourraient être percés sur les autres parois de ce local. Dans ces conditions, et en tout état de cause, l'arrêté du 21 février 2022 ne méconnaît pas les dispositions citées au point précédent au motif que l'installation du système de ventilation envisagé compromettrait la santé, la sécurité et la salubrité publiques en accroissant le risque d'incendie sans bénéfice pour la sécurité publique.
14. En sixième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que la société Nord Composite n'est pas fondée à soutenir que l'exécution des arrêtés attaqués ne générerait aucun bénéfice en matière de sécurité publique. Par ailleurs, à supposer même cette considération opérante, cette société n'établit pas par les pièces qu'elle produit que le coût du système de ventilation qu'elle est mise en demeure d'installer soit excessif au regard de ses capacités financières. Dans ces conditions, le moyen tiré de la disproportion des arrêtés attaqués doit être écarté.
15. En septième lieu, il résulte de ce qui précède que la société Nord Composite n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté du 14 novembre 2023 serait illégal en raison de l'illégalité de l'arrêté du 21 février 2022.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation et d'abrogation de la société Nord Composite doivent être rejetées ainsi que, par suite, les conclusions qu'elle présente sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 21 février 2022 en tant qu'il fixe à deux mois le délai de la mise en demeure qu'il énonce.
Article 2 : Le surplus des conclusions présentées par la société Nord Composite dans ses requêtes nos 2201290 et 2400177 est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Nord Composite et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet de la Somme.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Lebdiri, président,
- M. Fumagalli, conseiller,
- M. Richard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
Le rapporteur,
signé
J. Richard
Le président,
signé
S. Lebdiri
La greffière,
signé
Z. Aguentil
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Nos 2201290 et 2400177
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026