lundi 22 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2201656 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU3 |
| Avocat requérant | SCP DUMOULIN CHARTRELLE ABIVEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des pièces et des mémoires enregistrés les 19 et 24 mai, 29 juillet,
15 septembre et 17 novembre 2022, M. B A, représenté par Me Chartrelle, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite du 26 mars 2022 par laquelle la préfète de l'Oise a refusé de faire droit intégralement à sa demande de communication de divers documents administratifs présentée le 7 décembre 2021 ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui communiquer l'intégralité des documents sollicités dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée méconnait son droit à communication des documents administratifs sollicités, dont la communication a fait l'objet d'un avis favorable de la commission d'accès aux documents administratifs ;
- la perte du dossier par la préfecture n'a aucune incidence sur le bien-fondé de sa requête ;
- les documents transmis par l'office public d'aménagement et de construction de l'Oise ne satisfont que partiellement sa demande car il manque deux courriers de la direction départementale des territoires de l'Oise à l'OPAC de l'Oise des 7 juin 2016 et 27 octobre 2017.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 août 2022, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête, à titre principal, en tant qu'elle est irrecevable et, à titre subsidiaire, en tant qu'elle est non fondée.
Elle soutient :
- à titre principal, que les conclusions à fin d'injonction présentées à titre principal sont irrecevables par leur objet ;
- à titre subsidiaire, que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 novembre 2022, le directeur général de l'office public d'aménagement et de construction de l'Oise conclut au non-lieu à statuer sur la requête.
Il soutient qu'il n'est pas partie à l'instance et qu'il a communiqué les documents sollicités.
Par une ordonnance du 28 février 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 28 mars 2023 à 12h00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Wavelet pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Wavelet, magistrat désigné,
- les conclusions de Mme Minet, rapporteure publique,
- et les observations de Me Chartrelle, représentant M. A, ainsi que celles de
M. A.
M. A a produit des notes en délibéré les 17 et 19 avril 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Par courrier du 7 décembre 2021, M. A a demandé au directeur départemental des territoires (DDT) de l'Oise la communication, sous forme dématérialisée, de différents documents administratifs concernant le dossier " Loi sur l'eau n° 60-2011-00035 " déposé par l'office public d'aménagement et de construction (OPAC) de l'Oise et la commune de Ressons-sur-Matz pour la réalisation d'un lotissement sur le territoire de cette commune, en l'occurrence la déclaration complémentaire réceptionnée à la DDT de l'Oise le 28 juin 2011 ainsi que les réponses aux demandes de compléments au " porter à connaissance " et la justification de la demande d'un nouveau " porter à connaissance ". En l'absence de réponse à sa demande, l'intéressé a saisi la commission d'accès aux documents administratifs le 26 janvier 2022 laquelle a émis, le 31 mars suivant, un avis favorable à la communication des documents sollicités. M. A demande au tribunal l'annulation de la décision implicite du 26 mars 2022 par laquelle la préfète de l'Oise a refusé de faire droit à sa demande du 7 décembre 2021.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée par l'OPAC de l'Oise :
2. Il ressort des pièces du dossier que l'OPAC de l'Oise, appelé à l'instance au regard des observations en défense de la préfète de l'Oise indiquant ne plus être en possession des documents et informations objet du litige et avoir ainsi transmis la demande du requérant à cet organisme, a transmis dans le cadre de son mémoire produit à l'instance le 2 novembre 2022, postérieurement à l'enregistrement de la requête, l'ensemble des documents en sa possession relativement à la demande de M. A. A la suite de cette communication, le requérant, qui ne conteste pas avoir reçu certains des documents sollicités parmi l'ensemble de ceux transmis, indique néanmoins, sans être contesté, que la transmission est incomplète dès lors qu'elle ne comporte pas les réponses de l'OPAC de l'Oise aux courriers de la DDT de l'Oise des 7 juin 2016 et 27 octobre 2017. Ainsi, le requérant doit être regardé comme ayant obtenu en cours d'instance l'ensemble des documents sollicités hormis les deux réponses précitées, de sorte que, dans cette mesure, le litige a perdu son objet et que l'OPAC de l'Oise est partiellement fondé à soulever l'exception de non-lieu à statuer.
3. Il résulte de ce qui précède qu'il n'y a plus lieu de statuer, dans la mesure indiquée au point 2, sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 26 mars 2022 de la préfète de l'Oise.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
4. Si la préfète de l'Oise soutient, à titre principal, que les conclusions à fin d'injonction présentées à titre principal sont irrecevables par leur objet, il ressort toutefois des écritures de
M. A que celles-ci doivent être regardées comme tendant à l'annulation de la décision implicite du 26 mars 2022 par laquelle la préfète de l'Oise a refusé de faire droit intégralement à sa demande de communication de divers documents administratifs présentée le 7 décembre 2021. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la préfète de l'Oise doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation restant en litige :
5. M. A soutient que la communication des documents en cours d'instance par l'OPAC de l'Oise est incomplète dès lors qu'il manque la réponse à deux courriers de la direction départementale des territoires (DDT) de l'Oise adressés à l'OPAC respectivement les
7 juin 2016 et 27 octobre 2017. Or, outre qu'il ne ressort d'aucune pièce du dossier que l'OPAC n'y aurait pas apporté de réponse, cet organisme, à qui la demande de communication a été transmise à bon droit par la préfète de l'Oise dès lors qu'elle n'était pas en possession de ces documents, ne conteste pas ne pas avoir communiqué les courriers de réponse litigieux et n'établit pas ni même n'allègue qu'ils seraient inexistants. Dans ces conditions, M. A est fondé à soutenir que la communication en cours d'instance par cet organisme des documents en sa possession est incomplète en ce qu'elle ne comporte pas les réponses aux courriers de la DDT de l'Oise des 7 juin 2016 et 27 octobre 2017.
6. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation du refus implicite de l'OPAC de l'Oise de faire droit à sa demande de communication des documents sollicités en tant que ce refus porte sur les réponses aux courriers de la DDT de l'Oise des 7 juin 2016 et 27 octobre 2017.
Sur les conclusions aux d'injonction sous astreinte :
7. Eu égard au motif d'annulation retenu au point 5, le présent jugement implique nécessairement d'enjoindre à l'OPAC de l'Oise de communiquer à M. A les courriers de réponse aux courriers de la DDT de l'Oise des 7 juin 2016 et 27 octobre 2017, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. En revanche, il n'y pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la somme demandée par M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer, dans la mesure indiquée au point 2, sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision implicite du 26 mars 2022 de la préfète de l'Oise et de la décision implicite de l'OPAC de l'Oise rejetant la demande de communication des documents administratifs sollicités par M. A.
Article 2 : La décision implicite de l'OPAC de l'Oise refusant de faire droit à la demande de communication des documents sollicités par M. A en tant que ce refus porte sur les réponses aux courriers de la DDT de l'Oise des 7 juin 2016 et 27 octobre 2017 est annulée.
Article 3 : Il est enjoint à l'OPAC de l'Oise de communiquer à M. A les courriers de réponse aux courriers de la DDT de l'Oise des 7 juin 2016 et 27 octobre 2017 dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A, à la préfète de l'Oise et à l'office public d'aménagement et de construction de l'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
signé
F. WaveletLa greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026