jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2201709 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | NICOLET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 23 mai 2022 et le 17 août 2022, et un mémoire récapitulatif enregistré le 18 avril 2024, le Cercle des amateurs du braque de Weimar, représenté par Me Doyen, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 février 2022 par laquelle le comité de la Société centrale canine a prononcé sa désaffiliation de la Société centrale canine, au profit de l'association Amicale des propriétaires de braque de Weimar ;
2°) de mettre à la charge de la Société centrale canine la somme de 6 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la juridiction administrative est compétente pour connaître du litige ;
- l'article du 12 du règlement intérieur de la Société centrale canine, sur lequel est fondée la décision attaquée, n'était pas applicable en l'espèce dès lors que le Cercle des amateurs du braque de Weimar n'est pas une société régionale mais un club spécial ;
- la décision attaquée revêt le caractère d'une sanction disciplinaire qui relevait de la compétence exclusive du conseil de discipline de la Société centrale canine et non de celle du Comité, en application des articles 33 et suivants du règlement ;
- la procédure disciplinaire applicable en matière de sanction disciplinaire n'a pas été respectée dès lors que le Cercle des amateurs du braque de Weimar n'a pas eu accès au dossier, qu'il n'a pas été entendu par le comité préalablement à l'intervention de la décision attaquée, que la composition de la commission des affiliations n'est pas précisée et qu'au aucun procès-verbal de la réunion de cette commission n'a été établi ;
- la décision attaquée méconnaît le droit au procès équitable ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qui concerne les griefs reprochés au Cercle des amateurs du braque de Weimar ;
- elle est illégale dès lors qu'elle procède à l'affiliation d'une association ne remplissant pas les conditions pour une telle affiliation, en l'absence de conformité des statuts de l'Amicale des propriétaires du braque de Weimar avec le règlement intérieur de la Société centrale canine ;
- elle méconnaît l'article 7 du règlement intérieur de la Société centrale canine en tant qu'elle procède à l'affiliation de l'Amicale des propriétaires du braque de Weimar avant la réalisation du stage prévu à cet effet par ces dispositions.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 21 juillet 2022 et 19 décembre 2022, la Société centrale canine pour l'amélioration des races de chiens en France, représentée par Me Nicolet, conclut au rejet de la requête et ce qu'il soit mis à la charge de l'association requérante la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la juridiction administrative est incompétente pour connaître des conclusions présentées par le Cercle des amateurs du braque de Weimar ;
- à titre subsidiaire, le tribunal administratif d'Amiens n'est pas territorialement compétent ;
- à titre subsidiaire, les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 mars 2024, l'Amicale des propriétaires de braque de Weimar conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le règlement intérieur de la Société centrale canine ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Fumagalli, conseiller,
- les conclusions de Mme Minet, rapporteure publique,
- les observations de Me Smyth substituant Me Doyen, représentant le Cercle des amateurs du braque de Weimar.
Considérant ce qui suit :
1. Le Cercle des amateurs du braque de Weimar est une association affiliée à la Société centrale canine depuis le 21 mai 1980. Par une lettre du 25 septembre 2020, l'Amicale des propriétaires du braque de Weimar a sollicité son affiliation à la Société centrale canine en application de l'article 13 du règlement intérieur de la Société centrale canine, en lieu et place du Cercle des amateurs du braque de Weimar. Par une décision du 3 février 2022, la Société centrale canine a désaffilié le Cercle des amateurs du braque de Weimar et a validé, sous réserve de la réalisation du stage, l'affiliation de l'Amicale des propriétaires de braque de Weimar. Le Cercle des amateurs du braque de Weimar demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les exceptions d'incompétence opposées par la Société centrale canine :
En ce qui concerne la compétence de la juridiction administrative :
2. Aux termes du III de l'article L. 214-8 du code rural et de la pêche maritime : " Ne peuvent être dénommés comme chiens ou chats appartenant à une race que les chiens ou les chats inscrits à un livre généalogique reconnu par le ministre chargé de l'agriculture. ". Aux termes de l'article D. 214-8 du même code : " Il est tenu, pour les animaux des espèces canines et félines un livre généalogique unique, divisé en autant de sections que de races. / Le livre est tenu par une fédération nationale agréée, ouverte notamment aux associations spécialisées par race. / L'association spécialisée la plus représentative pour chaque race ou groupe de races, sous réserve qu'elle adhère à la fédération tenant le livre généalogique, dans les conditions prévues par les statuts de ladite fédération, peut être agréée. / L'agrément est accordé en tenant compte notamment de la régularité de la constitution et du fonctionnement de l'association, de la définition de ses objectifs, de l'importance des effectifs concernés et de l'organisation générale de l'élevage canin et félin. / L'association spécialisée agréée est alors chargée de définir les standards de la race ainsi que les règles techniques de qualification des animaux au livre généalogique en accord avec la fédération tenant le livre généalogique. / Les agréments prévus ci-dessus et les retraits d'agrément sont prononcés par arrêté du ministre chargé de l'agriculture. () ".
3. Par arrêté du 20 mai 1994, le ministre de l'agriculture et de la pêche a agréé la Société centrale canine en qualité de fédération chargée de la tenue du livre généalogique unique pour les animaux de l'espèce canine. Il résulte des dispositions citées au point 2 que cette fédération, chargée d'inscrire les chiens de race au livre officiel des origines canines et de veiller au respect de la réglementation en vigueur par les éleveurs et propriétaires de ces chiens, et qui assume à ce titre une mission de service public à caractère administratif, est compétente pour définir les standards de cette race ainsi que les règles techniques de qualification des animaux au livre généalogique.
4. La Société centrale canine a ainsi pour objet, en vertu de ses statuts, d'assurer l'amélioration ainsi que la reconstitution des races de chiens et de contribuer à la défense de l'élevage canin. Selon son règlement intérieur, elle s'appuie à cet effet sur des sociétés régionales et des clubs spéciaux, qui doivent faire l'objet d'une affiliation, par laquelle ces groupements se voient reconnaître le plein exercice de tous les droits reconnus aux membres de la fédération. Par ailleurs, il résulte du 2° de l'article 4 du règlement intérieur de la Société centrale canine que " le club spécial s'occupe de l'amélioration d'une race déterminée () de l'établissement du Standard s'il s'agit d'une race française, de la divulgation du Standard reconnu par la fédération canine internationale s'il s'agit d'une race étrangère, ainsi que des règles techniques de sélection et d'inscription des animaux au livre des origines " (dit " A ") de l'espèce canine. Cet article précise que le club spécial affilé à la Société centrale canine n'est compétent que pour une seule race de chien. Il ressort également des pièces du dossier que les clubs sont conduits à organiser des manifestations en vue, notamment, d'augmenter le nombre des inscriptions sur le livre des origines françaises et de promouvoir ainsi les chiens de race, au profit des éleveurs et propriétaires. Dans le cadre de la mission de service public administratif qui lui est confiée en application des dispositions citées au point 2, la Société centrale canine est dotée de prérogatives de puissance publique, auxquelles se rattache le pouvoir de désaffilier une association spécialisée qui ne serait plus celle la plus représentative de la race canine dont elle a la charge. En l'espèce, la décision attaquée, par laquelle la Société centrale canine a mis fin à l'affiliation dont bénéficiait le Cercle des amateurs du braque de Weimar, pour affilier une autre association, a été prise en application des prérogatives de puissance publique précitées. Par suite, le présent litige relève de la compétence de la juridiction administrative.
En ce qui concerne la compétence territoriale :
5. Aux termes de l'article R.221-3 du code de justice administrative : " Le siège et le ressort des tribunaux administratifs sont fixés comme suit : Amiens : () Somme ". Aux termes de l'article R.312-15 du même code : " Sous réserve de l'application des articles R. 312-6 à R. 312-14, les litiges relatifs à l'organisation ou au fonctionnement () de tout organisme () privé, notamment en matière de contrôle administratif ou de tutelle, relèvent de la compétence du tribunal administratif dans le ressort duquel a son siège la collectivité ou l'organisme objet des décisions attaquées ".
6. La décision attaquée, prise par la Société centrale canine dans sa mission de service public administratif, a pour objet de mettre fin à l'affiliation dont bénéficie l'association requérante, organisme de droit privé, en raison de dysfonctionnements que lui reproche son organisme de tutelle. Par suite, la décision attaquée relève des dispositions de l'article R.312-15 du code de justice administrative. Or le Cercle des amateurs du braque de Weimar a son siège à Nampont-Saint-Martin, dans le département de la Somme. Ce département est situé dans le ressort du tribunal administratif d'Amiens, qui est ainsi la juridiction territorialement compétente pour connaître du présent litige.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
7. En premier lieu, aux termes de l'article 13 du règlement intérieur de la Société centrale canine : " La S.C.C. n'admet l'existence que d'un seul Club spécial par race de chien. / Cependant, si par suite de divergences de vues ou pour toute autre raison, un certain nombre de membres du Club préexistant décidaient de l'abandonner et d'en fonder un autre, le Comité du nouveau Club devrait, en déposant le dossier joint à sa demande d'affiliation : / 1° Exposer par écrit les motifs de la scission. / 2° Accepter qu'un essai de conciliation soit tenté par le Comité de la S.C.C. / 3° Se prêter courtoisement à tout arbitrage jugé utile par le Comité. Si cette tentative de conciliation s'avère sans effet, le Comité décidera quel est entre les deux Groupements le plus représentatif. "
8. Il ressort des pièces du dossier que par un courrier du 20 septembre 2020 l'Amicale des propriétaires de braque de Weimar a demandé son affiliation à la Société centrale canine. La Société centrale canine en a informé l'association requérante par une lettre du 5 octobre 2021 et a réuni les deux associations devant la commission des affiliations le 8 novembre 2021 pour une tentative de conciliation. Compte tenu des éléments en sa possession relatifs au fonctionnement et à l'organisation des deux associations, la commission a proposé à celles-ci de fusionner pour créer une nouvelle association. Relevant le refus opposé par le Cercle des amateurs du braque de Weimar par courrier du 12 décembre 2021, le comité de la Société centrale canine a pris la décision attaquée le 3 février 2022. Ainsi, en dépit de la mention erronée de l'article 12 du règlement intérieur qui constitue une simple erreur matérielle, la décision attaquée a bien été prise en application de l'article 13 du même règlement de la société centrale canine, relatif aux affiliations. La décision litigieuse, qui d'ailleurs ne fait état d'aucune faute de nature à donner lieu aux sanctions prévues à l'article 33 du même règlement, ne revêt donc pas le caractère d'une sanction. Par conséquent, les moyens tirés de la méconnaissance de la procédure disciplinaire, de ce que seul le conseil de discipline était seul compétent pour prendre la décision litigieuse et de la méconnaissance du droit au procès équitable sont inopérants et doivent être écartés.
9. En deuxième lieu, alors que le Cercle des amateurs du braque de Weimar se borne à relever la circonstance que la composition de commission des affiliations " n'est pas précisée ", ce moyen n'est pas assorti des précisions nécessaires permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par ailleurs, il ressort des pièces produites en défense qu'un compte-rendu de la séance de la commission d'affiliation du 8 novembre a bien été réalisé et qu'il mentionne le nom des personnes présentes. Le moyen soulevé à ce titre doit être écarté.
10. En troisième lieu, si la décision attaquée mentionne l'article 12 du règlement intérieur de la société centrale canine, relatif à la modification de la zone d'influence d'une société régionale, alors qu'il ressort des pièces du dossier qu'elle a été prise en application de l'article 13 de ce règlement cité au point 8, cette seule erreur matérielle n'est pas de nature à entacher d'illégalité la décision attaquée. Le moyen soulevé à ce titre doit être écarté.
11. En quatrième lieu, il ressort des termes de la décision attaquée que la Société centrale canine a pris cette décision après avoir examiné la gestion et l'activité des deux associations afin de déterminer laquelle est la plus représentative pour gérer la race de chiens du braque de Weimar, au regard de la mission de service public administratif dont la Société centrale canine a la charge. S'agissant de la situation du Cercle des amateurs du braque de Weimar, la décision litigieuse a retenu que le site internet de l'association n'était pas à jour et qu'il comportait des informations insuffisantes. L'association requérante ne conteste pas cette circonstance et ne produit d'ailleurs aucune pièce sur ce point. La Société centrale canine a également relevé une baisse du nombre des adhésions au Cercle des amateurs du braque de Weimar. A cet égard, l'association requérante se prévaut de 295 adhérents en 2018, 313 en 2019 et 235 en 2020. Toutefois, les pièces produites par le Cercle des amateurs du braque de Weimar, constituées de la liste nominative des adhérents et d'une attestation du trésorier indiquant le montant des redevances versées correspondantes, ne permettent pas de tenir pour suffisamment établis les chiffres avancés alors qu'il ressort du procès-verbal de l'assemblée générale du 1er août 2020, que le Cercle compte à cette date 240 adhérents, mais seulement 185 à jour de cotisation, alors que la race compte environ 1500 naissances par an. La baisse des adhésions se manifeste en tout état de cause par le poste de recettes afférent qui connaît une baisse importante, comme le souligne le même procès-verbal. Il ressort en outre des pièces du dossier que, ainsi que l'a relevé le comité de la Société centrale canine dans la décision attaquée, la trésorerie du cercle connaît une baisse de ses recettes. Il ressort en particulier des documents bancaires produits par l'association requérante, que si son compte courant a été créditeur entre 2016 et 2020, et si la trésorerie fait apparaître un solde positif de 9 727,25 euros au 30 septembre 2021, des dons ont été versés à titre exceptionnel en 2021, et il est constant que les recettes liées aux cotisations des adhérents ont connu une baisse importante, qui se révèle " inquiét[ante] " et que " la trésorerie baisse considérablement " selon les termes du procès-verbal de l'assemblée du 16 mars 2019. Enfin, si l'association a contesté la circonstance que tous les administrateurs ont démissionné, il est constant que trois d'entre eux ont bien renoncé à exercer leur mandat en démissionnant le 17 octobre 2020 et ont été remplacés par cooptation, et que d'autres administrateurs avaient déjà démissionné durant les années précédentes. Il ressort également des pièces du dossier qu'à la date de la décision attaquée, la composition du comité du Cercle des amateurs du braque de Weimar n'était pas conforme à ses statuts, notamment du fait de l'absence de quorum pour procéder à des nominations, et que la gestion de l'association doit être regardée comme instable. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que l'Association des propriétaires de braque de Weimar a été créée en 2013. Il n'est pas sérieusement contesté, comme le relève la décision attaquée, que son site internet est complet et régulièrement mis à jour, qu'il démontre une gestion financière saine et justifiait à la date de la décision attaquée de 154 adhérents à jour de cotisation, malgré l'absence d'affiliation, et d'une implantation sur le tout le territoire ainsi que d'une gestion efficace, notamment par des réunions en visio-conférence et une procédure de vote électronique. Enfin, il n'est pas contesté que cette association organise des séances d'entrainements et évènements divers de nature à promouvoir la race du braque de Weimar. Si l'association requérante relativise la portée des avantages comparatifs de l'Amicale et renvoie à cet effet à un courrier du 25 mars 2022 par lequel elle a entendu contester, auprès du président de la Société centrale canine, les divers griefs relevés à son encontre dans la décision attaquée ainsi que le choix d'affilier l'Amicale des propriétaires de braque de Weimar, ces éléments restent confus et peu circonstanciés. Dans les circonstances de l'espèce, et compte tenu de ce qui vient d'être exposé, la décision attaquée a pu légalement procéder à la désaffiliation du Cercle des amateurs du braque de Weimar et procéder à la mise en stage d'affiliation de l'Amicale, qui doit être regardée comme l'association spécialisée la plus représentative de la race canine des braques de Weimar en application de l'article D. 214-8 du code rural et de la pêche maritime. Le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit donc être écarté.
12. En dernier lieu, aux termes de l'article 4 du règlement intérieur de la Société centrale canine : " Les seuls Groupements susceptibles d'être affiliés sont ceux figurant dans une des deux catégories suivantes : () 2°Le club spécial s'occupe de l'amélioration d'une race déterminée, de la propagande pour la faire mieux connaître, de l'établissement du Standard s'il s'agit d'une race française, de la divulgation du Standard reconnu par la F.C.I. s'il s'agit d'une race étrangère, ainsi que des règles techniques de sélection et d'inscription des animaux au L.O.F.
Par définition il ne s'occupe que d'une seule race. A titre exceptionnel un Club spécial peut s'intéresser à plusieurs races d'un même groupe lorsque ces races n'ont pas de Club spécial. Cette latitude cesse pour une race dès que celle-ci fait l'objet d'un Club spécial distinct admis à l'affiliation. ". Aux termes de l'article 7 du même règlement : " L'affiliation d'un Groupement comme Membre de la Fédération ne peut être prononcée par le Comité qu'après l'expiration d'un stage dont la durée est fixée à deux ans, au minimum ()".
13. Il ressort des termes de la décision attaquée que le comité de la Société centrale canine a validé, sous réserve de la modification des statuts de l'Amicale des propriétaires de braque de Weimar, la proposition de la commission des affiliations de placer l'Amicale des propriétaires du braque de Weimar en stage d'affiliation, en remplacement du Cercle des amateurs du Braque de Weimar. Ainsi, contrairement à ce que soutient l'association requérante, la décision attaquée ne procède pas à l'affiliation immédiate de l'Amicale, mais prévoit son placement, sous réserve de la mise en conformité de ses statuts, en stage d'affiliation pour une durée de deux ans, en application des dispositions citées au point précédent. Le moyen tiré de ce que l'Amicale des propriétaires de braque de Weimar ne remplissait pas les conditions pour être affiliée comme club spécial ne peut donc qu'être écarté.
14. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par le Cercle des amateurs du braque de Weimar doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et sur les dépens :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la Société centrale canine, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par le Cercle des amateurs du braque de Weimar au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du Cercle des amateurs du braque de Weimar la somme demandée par la Société centrale canine au même titre.
16. La présente instance n'ayant pas occasionné de dépens, les conclusions présentées à ce titre par l'association requérante doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête du Cercle des amateurs du braque de Weimar est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la Société centrale canine présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au Cercle des amateurs du braque de Weimar, à la Société centrale canine pour l'amélioration des races de chiens en France et à l'Amicale des propriétaires du braque de Weimar.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Galle, présidente,
M. Richard, premier conseiller,
M. Fumagalli, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024.
La présidente,
Signé
C. Galle
Le rapporteur,
Signé
E. Fumagalli Le greffier,
Signé
J.-F. Langlois
La République mande et ordonne au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2201709
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026