mardi 6 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2201893 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | NOUVIAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 juin 2022, M. B C, représenté par Me Nouvian, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 avril 2022 par laquelle la préfète de l'Oise a refusé de lui délivrer un certificat de résidence d'une durée de dix ans ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer un certificat de résidence d'une durée de dix ans sans délai, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de réexaminer sa demande dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- cette décision est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- cette décision est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que la préfète s'est bornée à constater l'existence d'une condamnation pénale dans son casier judiciaire sans apprécier si sa présence constituait une menace à l'ordre public ;
- cette décision méconnaît les dispositions de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 dès lors que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public de nature à justifier le refus qui lui a été opposé ;
- cette décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur la situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juillet 2022, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à hauteur de 55 % par une décision du 8 juin 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Galle, présidente-rapporteure.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, ressortissant algérien né le 23 août 1980, est entré sur le territoire français en 2015 et y a résidé sous couvert de titres de séjour délivrés sur le fondement de sa vie privée et familiale valables du 5 décembre 2018 au 19 février 2022. Le 26 novembre 2021, il a demandé la délivrance d'un certificat de résidence de dix ans sur le fondement de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par une décision du 14 avril 2022, la préfète de l'Oise a refusé de lui délivrer un certificat de résidence de dix ans et a décidé de lui délivrer un titre de séjour pourtant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. Le requérant demande l'annulation de cette décision en tant qu'elle lui refuse la délivrance d'un certificat de résidence de dix ans.
2. En premier lieu, la décision attaquée a été signée par M. Sébastien Lime, secrétaire général de la préfecture de l'Oise, lequel disposait pour ce faire d'une délégation de signature de la préfète de l'Oise en date du 21 décembre 2020 régulièrement publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté en litige doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée précise les éléments de la situation personnelle de M. C que la préfète a pris en considération, et notamment sa situation familiale et la circonstance que son comportement constitue une menace à l'ordre public dès lors qu'il a été condamné en 2019 pour conduite d'un véhicule sans permis ni assurance. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé.
4. En troisième lieu, il ne ressort ni de la motivation de la décision attaquée ni d'aucune autre pièce du dossier que la situation personnelle de M. C n'ait été dument prise en compte. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de cette dernière doit être écarté.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ".
6. Il ne ressort ni de la motivation de la décision attaquée ni d'aucune autre pièce du dossier que la préfète se soit bornée à constater l'existence d'une condamnation pénale dans le casier judiciaire de M. C et n'ait pas entendu apprécier si la présence de l'intéressé sur le territoire français constituait une menace à l'ordre public. Dès lors, le moyen tiré de l'erreur de droit au regard des dispositions citées au point précédent doit être écarté.
7. En cinquième lieu, aux termes de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence valable dix ans est délivré de plein droit () : / () h) Au ressortissant algérien titulaire d'un certificat de résidence d'une validité d'un an portant la mention " vie privée et familiale ", lorsqu'il remplit les conditions prévues aux alinéas précédents ou, à défaut, lorsqu'il justifie de cinq années de résidence régulière ininterrompue en France. () ".
8. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. C rentrait, à la date de la décision attaquée, dans l'une des catégories donnant droit à la délivrance d'un certificat de résidence valable dix ans, alors notamment qu'il a obtenu son premier titre de séjour le 5 décembre 2018 et qu'il résidait sur le territoire de manière irrégulière auparavant. Dans ces conditions, M. C ne peut utilement se prévaloir de ce que la décision attaquée méconnaitrait les stipulations de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 qui régissent la délivrance des certificats de résidence valable dix ans, à considérer même que sa présence en France ne constituerait pas une menace pour l'ordre public de nature à justifier un refus de titre de séjour.
9. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
10. S'il ressort des pièces du dossier que M. C résidait de manière régulière sur le territoire français avec son épouse et ses deux enfants mineurs et bénéficiait d'un contrat à durée indéterminée à la date de la décision attaquée, celle-ci se borne à refuser à l'intéressé un certificat de résidence valable dix ans auquel il ne pouvait pas prétendre, et l'informe en parallèle du renouvellement de son titre de séjour pour une durée d'un an. Dans ces conditions M. C n'est en tout état de cause pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et méconnu les stipulations citées au point précédent. Pour les mêmes raisons, l'arrêté attaqué n'est pas entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. En conséquence, ses conclusions à fins d'injonction et celles qu'il présente sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Me Nouvian et à la préfète de l'Oise.
Délibéré après l'audience du 4 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Galle, présidente-rapporteure,
- M. Fumagalli, conseiller,
- M. A, magistrat honoraire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 août 2024.
L'assesseur le plus ancien,
signé
E. Fumagalli
La présidente-rapporteure,
signé
C. Galle
Le greffier,
signé
J.-F. Langlois
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
No 2201893
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026