jeudi 4 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2201896 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | EUREX PARIS AVOCATS CONSEILS SPE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 8 juin et 13 octobre 2022, la société Au creuset de la Thiérache Industries (CTI), représentée par Me Loaëc-Berthou, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 novembre 2021 par laquelle l'inspecteur du travail a rejeté sa demande d'autoriser le licenciement de M. A B ;
2°) d'annuler la décision implicite du 14 mai 2022 par laquelle la ministre du travail a rejeté son recours hiérarchique contre la décision du 30 novembre 2021 ;
3°) d'enjoindre à l'inspecteur du travail d'autoriser le licenciement de M. B ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision de la ministre du travail est illégale dès lors qu'aucune suite n'a été donnée à sa demande de communication de ses motifs du 22 avril 2022, en méconnaissance de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration ;
- la décision de l'inspecteur du travail est entachée d'erreur de fait dès lors que la réitération des menaces verbales et physiques effectuées par M. B n'a pas été prise en considération ;
- la décision de l'inspecteur du travail est illégale dès lors qu'elle considère à tort que les faits reprochés à M. B, et notamment les menaces de mort répétées par deux fois à l'intention d'un collègue, ne justifient pas son licenciement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 septembre 2022, la ministre du travail, de la santé et des solidarités conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée à M. A B qui n'a pas présenté d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Richard, rapporteur ;
- les conclusions de Mme Minet, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Loaëc-Berthou, représentant la société Au creuset de la Thiérache Industries.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a été recruté le 3 janvier 2012 par la société Au creuset de la Thiérache Industries (CTI), sous couvert d'un contrat à durée indéterminée pour exercer en dernier lieu des fonctions d'agent polyvalent. Il a été investi d'un mandat de membre titulaire du comité social et économique. Par un courrier du 30 juillet 2021, la société CTI a convoqué M. B à un entretien du 30 août 2021 préalable à un éventuel licenciement. Par un courrier du 5 octobre 2021, la société CTI a demandé à l'inspection du travail l'autorisation de licencier M. B pour faute. Par une décision du 30 novembre 2021, l'inspecteur du travail a rejeté cette demande. La société CTI a présenté un recours hiérarchique contre cette décision par un courrier du 12 janvier 2022. La ministre du travail a rejeté ce recours implicitement le 14 mai 2022. La société CTI demande l'annulation de ces deux décisions.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation.
Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".
3. Lorsqu'il est demandé à la fois l'annulation d'une décision individuelle d'autorisation de licenciement et du refus de faire droit au recours hiérarchique présenté à l'encontre de cette même décision, les moyens critiquant les vices propres dont la décision de rejet du recours hiérarchique serait entachée ne peuvent être utilement invoqués à l'appui de la requête.
4. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que le moyen tiré du défaut de communication des motifs de la décision implicite de la ministre du travail du 14 mai 2022 doit être écarté comme inopérant.
5. En deuxième lieu, aux termes mêmes de la décision du 30 novembre 2021, l'inspecteur du travail a considéré que M. B avait par deux fois proféré des menaces à l'intention d'un de ses collègues. Dans ces conditions, la société CTI n'est pas fondée à soutenir que cette décision serait entachée d'une erreur de fait au motif de l'absence de prise en compte de cette réitération.
6. En troisième lieu, en vertu des dispositions du code du travail, le licenciement des salariés légalement investis de fonctions représentatives ou de fonctions de conseiller prud'homme, qui bénéficient d'une protection exceptionnelle dans l'intérêt de l'ensemble des travailleurs qu'ils représentent, ne peut intervenir que sur autorisation de l'inspecteur du travail. Lorsque leur licenciement est envisagé, celui-ci ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées ou avec leur appartenance syndicale. Dans le cas où la demande de licenciement est motivée par un comportement fautif, il appartient à l'inspecteur du travail saisi et, le cas échéant, au ministre compétent, de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les faits reprochés au salarié sont d'une gravité suffisante pour justifier le licenciement, compte tenu de l'ensemble des règles applicables au contrat de travail de l'intéressé et des exigences propres à l'exécution normale du mandat dont il est investi.
7. S'il ressort des pièces du dossier que M. B a dormi le lundi 26 juillet 2021 dans l'infirmerie mise à disposition par la société CTI durant ses heures de travail sans renseigner le cahier dédié aux entrées dans ce local, il est constant que M. B a informé son collègue du fait qu'il ne se sentait pas bien et qu'il avait besoin de s'allonger. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que M. B a été aperçu alors qu'il se reposait à l'infirmerie par un collègue qui a prévenu d'autres membres de son équipe et que l'intéressé a menacé ce collègue de représailles physiques voire de mort, par deux fois, le mardi 27 juillet 2021 au matin. Si ce comportement était de nature à justifier une sanction disciplinaire, la ministre du travail a légalement pu considérer qu'il n'était pas d'une gravité suffisante pour justifier le licenciement de M. B alors que l'intéressé n'avait aucun antécédent disciplinaire. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'inexacte appréciation de la gravité des fautes reprochées au salarié doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la société CTI n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions des 30 novembre 2021 et 14 mai 2022. Par suite, ses conclusions à fin d'injonction et celles qu'elle présente sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société CTI est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Au creuset de la Thiérache Industries, à la ministre du travail, de la santé et des solidarités et à M. A B.
Copie en sera adressée à la direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités des Hauts-de-France.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Galle, présidente,
- M. Fumagalli, conseiller,
- M. Richard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. Richard
La présidente,
Signé
C. Galle
Le greffier,
Signé
J.-F. Langlois
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
No 2201896
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026