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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2201930

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2201930

vendredi 15 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2201930
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationJU2
Avocat requérantSCP CARON - DAQUO - AMOUEL - PEREIRA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 juin 2022, M. B A C, représenté par Me Pereira, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 24 mai 2022 par lequel la préfète de l'Oise a refusé de l'admettre au séjour au titre de l'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai d'un mois suivant la notification de la décision à intervenir, dans l'attente du réexamen de sa situation.

Il soutient que la préfète de l'Oise a méconnu les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juin 2022, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête, en se bornant à produire des pièces.

Vu les autres pièces du dossier.

M. A C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 22 juin 2022.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. D pour se prononcer sur les litiges mentionnés à l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. D.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A C, ressortissant de République démocratique du Congo, né le 20 mars 1993, a déposé une demande d'asile le 31 août 2020. Sa demande a été rejetée par décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 16 juin 2021, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 4 mars 2022. Il demande au tribunal de prononcer l'annulation d'un arrêté du 24 mai 2022 par lequel la préfète de l'Oise a refusé de l'admettre au séjour au titre de l'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an.

2. En premier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

3. M. A C soutient qu'il serait exposé à des traitements inhumains ou dégradants en cas de renvoi en République démocratique du Congo en tant qu'opposant au gouvernement de ce pays. Pour l'établir il se borne à affirmer qu'il est membre du parti BDK le Bundu dia Kongo et qu'il a été détenu pendant deux jours pour avoir participé à une manifestation organisée par ce mouvement. Ses seules allégations ne sont pas suffisantes pour établir la réalité de risques personnels pour sa vie ou sa santé auxquels il serait effectivement exposé. D'ailleurs, ainsi qu'il a été dit précédemment, l'OFPRA et la CNDA ont rejeté sa demande. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

4. En second lieu, aux termes de l'article aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

5. M. A C soutient qu'il n'a plus de famille en République démocratique du Congo alors que vivent en France son père, sa sœur et son frère. Toutefois, il ne produit aucune pièce pour établir la réalité de ses allégations alors qu'il ressort de l'arrêté attaqué qu'il a des enfants dans son pays d'origine. En outre, M. A C, qui n'est entré en France que le 4 mars 2020 et a vécu en République démocratique du Congo au moins jusqu'à l'âge de vingt-six ans, ne se prévaut d'aucun autre élément probant d'intégration en France. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts poursuivis. Par conséquent, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A C doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A C et à la préfète de l'Oise.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2022.

Le magistrat désigné,

Signé

S. D

La greffière,

Signé

T. PETR

La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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