mercredi 12 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2202197 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | QUENNEHEN-TOURBIER |
Vu la procédure suivante :
I) Par une requête et un mémoire enregistrés sous le n° 2202197 le 1er juillet 2022 et le 13 janvier 2023, M. A B et Mme C D, son épouse, représentés par Me Tourbier, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 mai 2022 par lequel le maire de la commune de Varennes a décidé de mettre en œuvre le droit de préemption urbain sur la parcelle cadastrée section E n° 199 située au 21 rue du bois à Varennes ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Varennes une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- il n'est pas établi que la déclaration d'intention d'aliéner a été transmise ni à la direction des services fiscaux ni au contrôle de légalité conformément à l'article L. 213-2 du code de l'urbanisme ;
- le maire de la commune ne disposait pas d'une délégation régulière l'habilitant à signer la décision litigieuse ;
- cette décision est insuffisamment motivée au regard des dispositions de l'article L. 210-1 du code de l'urbanisme ;
- elle est illégale en conséquence de l'illégalité de la délibération du conseil municipal du 31 mars 2022 autorisant le maire à préempter et de la décision du président de la communauté de communes " Pays du coquelicot " du 9 mai 2022 déléguant le droit de préemption qui en constituent le fondement légal ;
- la commune ne justifie ni de la réalité d'un projet précis, ni de l'intérêt général d'un tel projet, en méconnaissance de l'alinéa 3 de l'article L. 210-1 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 décembre 2022, la commune de Varennes doit être regardée comme concluant à ce qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête.
Elle fait valoir que la délibération du 31 mars 2022 autorisant le maire à mettre en œuvre le droit de préemption sur la parcelle en cause a été abrogée par une délibération du 18 octobre 2022.
II) Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2202465 le 26 juillet 2022 et le 13 janvier 2023, M. A B et Mme C D, son épouse, représentés par Me Tourbier, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 31 mars 2022 par laquelle le conseil municipal de la commune de Varennes a décidé d'acquérir par voie de préemption la parcelle cadastrée section E n° 199 située au 21 rue du bois à Varennes, et a autorisé le maire à signer tous les documents nécessaires à cet effet.
2°) de mettre à la charge de la commune de Varennes une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- il n'est pas établi que la déclaration d'intention d'aliéner a été transmise à la direction des services fiscaux et au contrôle de légalité conformément à l'article L. 213-2 du code de l'urbanisme ;
- cette délibération ne satisfait pas à l'obligation de motivation prévue par les dispositions de l'article L. 210-1 du code de l'urbanisme ;
- elle est illégale faute de justification de la convocation régulière des conseillers municipaux conformément à l'article L. 2121-11 du code général des collectivités territoriales et de leur bonne information conformément à l'article L. 2121-13 du même code ;
- elle est entachée d'incompétence ratione temporis dès lors que la communauté de communes du Pays de Coquelicot n'avait pas délégué à la commune sa compétence en matière de droit de préemption urbain ;
- la décision du 9 mai 2022 est illégale dès lors qu'il n'est pas établi que le président de la communauté de communes du Pays de Coquelicot avait reçu délégation du conseil communautaire pour déléguer lui-même le droit de préemption urbain ;
- la commune ne justifie ni de la réalité d'un projet précis, ni de l'intérêt général d'un tel projet, en méconnaissance de l'alinéa 3 de l'article L. 210-1 du code de l'urbanisme.
La requête a été communiquée à la commune de Varennes qui n'a pas présenté d'observations.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête /()5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () ".
2. Les requêtes de M. et Mme B enregistrés sous les n°s 2202197 et 2202465 présentent à juger des questions semblables et connexes, qui ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour qu'il soit statué par une même décision.
3. Par une délibération du 31 mars 2022, le conseil municipal de la commune de Varennes a décidé d'exercer le droit de préemption urbain sur la parcelle cadastrée section E n° 199 située au 21 rue du bois à Varennes. Le 2 mai suivant, le maire de Varennes a notifié cette décision, par une mention apposée sur la déclaration d'intention d'aliéner ce bien retournée au notaire chargé de la vente. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que, par une nouvelle délibération du 18 octobre 2022, le conseil municipal de Varennes a abrogé la délibération du 31 mars 2022 sans que l'acquisition du bien en cause ait connu un début d'exécution par le maire. Ainsi, par l'effet du renoncement devenu définitif de la commune de Varennes à exercer le droit de préemption sur la parcelle en cause, les conclusions des requérants présentées à fin d'annulation ont perdu leur objet en cours d'instance. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.
4. Enfin, il appartient au juge, saisi de conclusions en ce sens, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, même lorsqu'il constate que les conclusions principales de la requête ont perdu leur objet. Dans ce cas il détermine quelle est la partie perdante en fonction notamment des raisons qui conduisent à rendre les conclusions principales sans objet en tenant compte également de l'équité, au regard de l'ensemble des circonstances de l'espèce.
5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Varennes, qui doit être regardée comme la partie perdante dès lors que M. et Mme B ont obtenu satisfaction à la suite de leurs recours, le versement d'une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation présentées dans les requêtes enregistrées sous les n°s 2202197 et 2202465.
Article 2 : La commune de Varennes versera une somme totale de 1 000 euros à M. et Mme B.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Mme C D épouse B et à la commune de Varennes.
Fait à Amiens, le 12 juin 2024.
Le président de la 4ème chambre,
Signé
C. Binand
La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N°s 2202197 - 2202465
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026