jeudi 15 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2202240 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | MOREAU -NASSAR - HAN-KWAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 5 juillet 2022 et le 6 juillet 2023, l'association One Voice, représentée par Me Moreau, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 mai 2022 de la préfète de l'Oise en tant qu'elle autorise à son article 8 une période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau pour la campagne de chasse 2022-2023 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure dès lors que les associations de protection de l'environnement siégeant à la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage n'ont reçu préalablement à sa séance aucune information relative à la période de chasse complémentaire, en méconnaissance de l'article R. 133-8 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il est entaché d'un vice de procédure, dès lors que la note de présentation ne comporte aucune mention de l'ouverture d'une période complémentaire de vénerie sous terre, en méconnaissance de l'article L. 123-9-1 du code de l'environnement ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 424-10 du code de l'environnement dès lors qu'il est porté atteinte aux portées et aux petits de blaireaux ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 juin 2023, la préfète de l'Oise, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par l'association requérante ne sont pas fondés.
Par deux mémoires en intervention, enregistrés les 9 février 2023 et 17 juillet 2023, la fédération départementale des chasseurs de l'Oise, représentée par Me Phelip, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de l'association requérante la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- son intervention est recevable dès lors que l'annulation de la décision porterait atteinte aux intérêts de ses adhérents et à l'objectif de limitation des dégâts causés aux cultures par le gibier ;
- aucun des moyens soulevés par l'association requérante n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Fumagalli, conseiller,
- les conclusions de Mme Guilbaud, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 19 mai 2022, dont l'association One Voice demande l'annulation, la préfète de l'Oise a autorisé à son article 8 une période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau, du 15 mai au 14 septembre 2023, en application de l'article R. 424-5 du code de l'environnement.
Sur l'intervention de la fédération départementale des chasseurs de l'Oise :
2. Compte tenu de son objet, tel qu'il ressort de ses statuts, la fédération départementale des chasseurs de l'Oise a intérêt au maintien de la décision attaquée. Ainsi son intervention est recevable.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article R. 424-5 du code de l'environnement : " La clôture de la vénerie sous terre intervient le 15 janvier. Le préfet peut, sur proposition du directeur départemental de l'agriculture et de la forêt et après avis de la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage et de la fédération des chasseurs, autoriser l'exercice de la vénerie du blaireau pour une période complémentaire à partir du 15 mai. "
4. Aux termes de l'article L. 424-10 du code de l'environnement : " Il est interdit de détruire, d'enlever ou d'endommager intentionnellement les nids et les œufs, de ramasser les œufs dans la nature et de les détenir. Il est interdit de détruire, d'enlever, de vendre, d'acheter et de transporter les portées ou petits de tous mammifères dont la chasse est autorisée, sous réserve des dispositions relatives aux animaux susceptibles d'occasionner des dégâts. ()".
5. La préfète de l'Oise s'est fondée, pour autoriser la chasse des blaireaux au cours d'une période complémentaire, sur la circonstance que les jeunes blaireaux sont sevrés au 15 mai. Il ressort toutefois des pièces produites par l'association requérante, sans que la préfète de l'Oise ne les conteste ni ne réponde au moyen soulevé, que les blaireautins, dont la naissance intervient entre janvier et mars, ne sont pas tous sevrés à cette date et qu'en tout cas ces derniers ne peuvent être regardés comme émancipés qu'à partir de l'âge de six à huit mois minimum. Il n'est donc pas démontré que les blaireautins sont indépendants lors de la période de chasse complémentaire autorisée par l'arrêté attaqué. Dans ces conditions, ils doivent encore être qualifiés, à ce stade, de petits de mammifère au sens de l'article L. 424-10 du code de l'environnement. Si la fédération départementale des chasseurs fait valoir que la vénerie sous terre est encadrée par l'arrêté du 18 mars 1982 relatif à la vénerie, il n'est pas sérieusement contesté que la méthode de chasse utilisée implique la mise à mort des parents et la destruction du terrier, voire la blessure accidentelle d'un blaireautin par les chiens. Or en l'espèce la préfète de l'Oise n'a assorti sa décision d'aucune prescription particulière évitant la destruction des jeunes blaireaux. Par conséquent, l'existence d'une période complémentaire de chasse décidée par l'arrêté attaqué est de nature à favoriser la méconnaissance, par les chasseurs, de l'interdiction légale de détruire les petits blaireaux. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 424-10 du code de l'environnement doit être accueilli.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que l'association One Voice est fondée à demander l'annulation de l'arrêté de la préfète de l'Oise du 19 mai 2022 en tant qu'il prévoit à son article 8 une période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau du 15 mai 2023 au 14 septembre 2023.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'association One Voice, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la fédération départementale des chasseurs de l'Oise, qui en tout état de cause est intervenante dans la présente instance, demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par l'association One Voice et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'intervention de la fédération départementale des chasseurs de l'Oise est admise.
Article 2 : L'arrêté du 19 mai 2022 de la préfète de l'Oise relatif à l'ouverture et la clôture de la chasse pour la campagne 2022-2023 est annulé en tant qu'il prévoit à son article 8 une période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau du 15 mai 2023 au 14 septembre 2023.
Article 3 : L'Etat versera à l'association One Voice une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions de la fédération départementale des chasseurs de l'Oise présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à l'association One Voice, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à la fédération départementale des chasseurs de l'Oise.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Oise.
Délibéré après l'audience du 1er février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Boutou, président,
M. Richard, premier conseiller,
M. Fumagalli, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 février 2024.
Le président,
signé
B. Boutou
Le rapporteur,
signé
E. Fumagalli Le greffier,
signé
J.-F. Langlois
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2202240
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026