vendredi 26 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2202277 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | QUENNEHEN-TOURBIER |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré, enregistré le 7 juillet 2022, la préfète de la Somme demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 28 janvier 2022 par lequel le maire de la commune de Ponthoile a délivré à M. C un certificat d'urbanisme opérationnel positif pour la construction d'une maison individuelle à usage d'habitation sur une partie la parcelle cadastrée section ZN située rue de Nouvion sur le territoire de la commune.
Elle soutient que l'arrêté déféré méconnaît l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme dès lors que le secteur d'implantation du projet, situé dans un espace d'urbanisation diffuse, ne peut être considéré comme un village, ni en continuité avec un village ou une agglomération existants, ni davantage comme un secteur déjà urbanisé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 février 2023, M. A C, représenté par Me Tourbier, conclut au rejet du déféré et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de l'État au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que le déféré est irrecevable, faute de justifier de la qualité de sa signataire pour représenter la préfète de la Somme en justice et que, en tout état de cause, les moyens soulevés par la préfète ne sont pas fondés.
Le déféré a été communiqué à la commune de Ponthoile qui n'a pas produit d'écritures dans la présente instance.
Par une ordonnance du 14 février 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 6 mars 2023 à 12h00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Beaucourt,
- les conclusions de M. Lapaquette, rapporteur public ;
- et les observations de Me Delors, représentant M. C.
Considérant ce qui suit :
1. Souhaitant construire une maison individuelle à usage d'habitation sur une partie de la parcelle cadastrée section ZN située rue de Nouvion sur le territoire de la commune de Ponthoile, M. A C a déposé une demande de certificat d'urbanisme opérationnel le 10 décembre 2021. Par un arrêté du 28 janvier 2022, le maire de la commune de Ponthoile a délivré un certificat d'urbanisme positif pour la réalisation de ce projet. La préfète de la Somme, à laquelle cet acte a été transmis au titre du contrôle de légalité, en a sollicité le retrait par un recours gracieux du 18 mars 2022. Cette demande a été rejetée par un courrier du maire de la commune du 10 mai suivant. Par le présent déféré, la préfète de la Somme demande l'annulation de l'arrêté du 28 janvier 2022.
Sur la fin de non-recevoir :
2. Par un arrêté du 17 décembre 2021, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, la préfète de la Somme a donné délégation à Mme Myriam Garcia, secrétaire générale de la préfecture de la Somme, à l'effet de signer " toutes requêtes, déférés, mémoires, déclinatoires de compétence auprès des différentes juridictions ". L'intéressée avait, dès lors, qualité pour signer le présent déféré au nom de la préfète de la Somme. Il s'ensuit que la fin de non-recevoir opposée à ce titre par M. C doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, dans sa rédaction issue de la loi du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique : " L'extension de l'urbanisation se réalise en continuité avec les agglomérations et villages existants. / Dans les secteurs déjà urbanisés autres que les agglomérations et villages identifiés par le schéma de cohérence territoriale et délimités par le plan local d'urbanisme, des constructions et installations peuvent être autorisées, en dehors de la bande littorale de cent mètres, des espaces proches du rivage et des rives des plans d'eau mentionnés à l'article L. 121-13, à des fins exclusives d'amélioration de l'offre de logement ou d'hébergement et d'implantation de services publics, lorsque ces constructions et installations n'ont pas pour effet d'étendre le périmètre bâti existant ni de modifier de manière significative les caractéristiques de ce bâti. Ces secteurs déjà urbanisés se distinguent des espaces d'urbanisation diffuse par, entre autres, la densité de l'urbanisation, sa continuité, sa structuration par des voies de circulation et des réseaux d'accès aux services publics de distribution d'eau potable, d'électricité, d'assainissement et de collecte de déchets, ou la présence d'équipements ou de lieux collectifs ".
4. D'une part, il résulte des dispositions du premier alinéa de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme que les constructions peuvent être autorisées dans les communes littorales en continuité avec les agglomérations et villages existants, c'est-à-dire avec les zones déjà urbanisées caractérisées par un nombre et une densité significatifs de constructions. En revanche aucune construction ne peut être autorisée, même en continuité avec d'autres, dans les espaces d'urbanisation diffuse éloignés des agglomérations et villages.
5. D'autre part, l'article 42 de la loi du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique a ajouté un deuxième alinéa à l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme ouvrant la possibilité, dans d'autres secteurs urbanisés qui sont identifiés par le schéma de cohérence territoriale et délimités par le plan local d'urbanisme, à seule fin de permettre l'amélioration de l'offre de logement ou d'hébergement et l'implantation de services publics, de densifier l'urbanisation, à l'exclusion de toute extension du périmètre bâti et sous réserve que ce dernier ne soit pas significativement modifié. En outre, il ressort des dispositions de ce même alinéa que les secteurs déjà urbanisés se distinguent des espaces d'urbanisation diffuse par, entre autres, la densité de l'urbanisation, sa continuité, sa structuration par des voies de circulation et des réseaux d'accès aux services publics de distribution d'eau potable, d'électricité, d'assainissement et de collecte de déchets, ou la présence d'équipements ou de lieux collectifs.
6. Il appartient à l'autorité administrative et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si le terrain du projet constitue une continuité avec un secteur urbanisé, de tenir compte des constructions situées sur les parcelles limitrophes de ce terrain, mais également d'apprécier le respect du principe de continuité, posé par l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, en restituant le terrain d'assiette du projet dans l'ensemble de son environnement.
7. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des photographies aériennes versées au dossier, que la parcelle en litige, située à plus de deux kilomètres à l'est du centre bourg de Ponthoile dont elle est séparée par de vastes étendues agricoles, s'inscrit dans un secteur doté de larges parcelles boisées dont l'urbanisation, constituée de constructions éparses séparées par des parcelles vierges de tout bâti, présente un caractère diffus. S'il est vrai que, ainsi que le fait valoir M. C, le terrain d'assiette du projet jouxte en ses limites est et ouest des parcelles bâties, celui-ci s'ouvre toutefois au nord sur un large espace cultivé et au sud, de l'autre côté de la route de Nouvion, sur une parcelle laissée à l'état naturel comportant une frange boisée. Dans ces conditions, eu égard à la faible densité des constructions éloignées du centre communal, le secteur d'implantation de l'opération projetée, au lieu-dit de Bonnelle, ne saurait être regardé comme constitutif d'un village ou d'une agglomération, au sens des dispositions de l'alinéa premier de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, en continuité desquels se situerait le terrain en cause, quand bien même il serait desservi par une voie publique ainsi que par l'ensemble des réseaux.
8. Par ailleurs, si le lieu-dit de Bonnelle comporte quelques lotissements, il ressort toutefois des vues satellites produites au dossier que ceux-ci sont trop peu densément bâtis pour que le secteur d'implantation du projet puisse être qualifié de " secteur déjà urbanisé " au sens de l'alinéa 2 de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme, d'autant plus que, comme le soutient la préfète de la Somme, ce secteur n'a pas été identifié comme tel par un schéma de cohérence territoriale applicable à la date de l'arrêté attaqué.
9. Par suite, le secteur en cause correspond à un espace d'urbanisation diffuse au sein duquel aucune construction n'est permise, en dépit de la circonstance, dont se prévaut M. C, selon laquelle la parcelle en cause est classée en zone U par le plan local d'urbanisme communal. Il s'ensuit que l'arrêté du 28 janvier 2022 portant certificat d'urbanisme positif a été délivré en méconnaissance des dispositions citées au point 3 et doit, dès lors, être annulé.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. A C au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 28 janvier 2022 est annulé.
Article 2 : Les conclusions présentées par M. C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au préfet de la Somme, à M. A C et à la commune de Ponthoile.
Délibéré après l'audience du 9 mai 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Binand, président,
- Mme Beaucourt, conseillère,
- M. B, magistrat honoraire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mai 2023.
La rapporteure,
signé
P. BEAUCOURTLe président,
signé
C. BINAND
Le greffier,
signé
N. VERJOT
La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026