LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2202380

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2202380

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2202380
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantTAJ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 12 juillet 2022, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif d'Amiens le dossier de la requête de la SAS Varsha Services.

Par cette requête, enregistrée le 4 juillet 2022, la SAS Varsha Services, représentée par Me Taj, demande au tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler la décision du 5 mai 2022 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis à sa charge de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail pour un montant de 87 600 euros et de la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement prévue à l'article L. 822-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile d'un montant de 19 204 euros ;

2°) à titre subsidiaire, de réduire le montant de la contribution spéciale ;

3°) à titre très subsidiaire, de lui accorder un délai de paiement en lui permettant de régler la contribution spéciale en quarante mensualités ;

4°) de mettre à la charge de l'OFII une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;

- cette décision n'est pas suffisamment motivée ;

- cette décision est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- cette décision méconnaît les dispositions de l'article L. 8253-1 du code du travail dès lors que deux des salariés pour lesquels elle a été sanctionnée résidaient régulièrement sur le territoire français, qu'un de ces salariés avait déposé une demande d'autorisation de travail et que neuf autres de ces salariés n'ont jamais travaillé pour elle malgré les déclarations préalables à l'embauche dont ils ont fait l'objet et qui ont été relevées lors du contrôle du 30 mars 2021 ;

- cette décision est illégale dès lors qu'elle n'avait pas conscience de la situation des salariés dont l'emploi lui est reproché ;

- le montant de la contribution spéciale qui lui a été appliquée est erroné dès lors qu'au plus, un seul de ses salariés travaillait sans autorisation ;

- cette décision est disproportionnée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juillet 2023, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par un courrier du 24 avril 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur les moyens relevés d'office, tirés, d'une part, de ce qu'il n'appartient pas au juge administratif d'accorder des délais de paiement et, d'autre part, de ce que la section 2 du chapitre II du titre II du livre VIII du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, base légale des contributions forfaitaires représentatives des frais de réacheminement qui ont été appliquées à la SAS Varsha Services, a été abrogée par l'article 34 de la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration.

L'OFII a répondu à ce moyen d'ordre public le 7 mai 2024.

Par un courrier du 22 mai 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de ce qu'il n'y a plus à statuer sur la décision mettant à la charge de la SAS Varsha Services la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement dès lors que celle-ci a été retirée par une décision du 7 mai 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code du travail ;

- la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Richard, rapporteur,

- et les conclusions de M. Liénard, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Le 18 mars 2021, l'inspection du travail a effectué un contrôle au sein d'un chantier de la commune d'Amiens et a constaté qu'une ressortissante nigériane, en situation de travail pour le compte de la SAS Varsha Services, était démunie de titre l'autorisant à travailler. Un second contrôle au siège parisien de la société a été organisé le 30 mars 2021 durant lequel a été constaté l'existence de déclarations préalables à l'embauche relatives à onze autres salariés sans autorisation de travail d'octobre 2019 à mars 2021. Par une décision du 22 mars 2022, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis à la charge de la SAS Varsha Services la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail pour un montant de 255 500 euros et la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement prévue à l'article L. 822-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile d'un montant de 19 204 euros. A la suite d'un recours gracieux de la SAS Varsha Services du 4 avril 2022, le directeur général de l'OFII a, par une décision du 5 mai 2022, réduit le montant de la contribution spéciale à 87 600 euros et maintenu le montant de la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement. Par sa requête, la SAS Varsha Services demande au tribunal d'annuler la décision du 5 mai 2022.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision d'infliger la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement :

2. Il résulte de l'instruction que, par une décision du 7 mai 2024, l'OFII a retiré la décision mettant à la charge de la SAS Varsha Services la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement. Dès lors, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de cette dernière.

Sur les conclusions tendant à ce qu'un délai de paiement soit accordé :

3. Il n'appartient pas au juge administratif d'accorder lui-même des délais de paiement. Par suite, les conclusions de la SAS Varsha Services tendant à obtenir l'échelonnement de sa dette et son paiement en quarante mensualités ne peuvent qu'être rejetées comme irrecevables.

Sur la légalité de la décision d'infliger la contribution spéciale :

4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 8253-1 du code du travail, dans sa rédaction telle qu'appliquée par l'OFII : " Sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre, l'employeur qui a employé un travailleur étranger en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 acquitte, pour chaque travailleur étranger non autorisé à travailler, une contribution spéciale. Le montant de cette contribution spéciale est déterminé dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. Il est, au plus, égal à 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12. Ce montant peut être minoré en cas de non-cumul d'infractions ou en cas de paiement spontané par l'employeur des salaires et indemnités dus au salarié étranger non autorisé à travailler mentionné à l'article R. 8252-6. Il est alors, au plus, égal à 2 000 fois ce même taux. Il peut être majoré en cas de réitération et est alors, au plus, égal à 15 000 fois ce même taux. () ".

5. Aux termes de l'article L. 8253-1 du code du travail, dans sa rédaction issue de la loi du 26 janvier 2024, applicable à compter du 28 janvier 2024 : " Le ministre chargé de l'immigration prononce, au vu des procès-verbaux et des rapports qui lui sont transmis en application de l'article L. 8271-17, une amende administrative contre l'auteur d'un manquement aux articles L. 8251-1 et L. 8251-2, sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre. / Lorsqu'il prononce l'amende, le ministre chargé de l'immigration prend en compte, pour déterminer le montant de cette dernière, les capacités financières de l'auteur d'un manquement, le degré d'intentionnalité, le degré de gravité de la négligence commise et les frais d'éloignement du territoire français du ressortissant étranger en situation irrégulière. / Le montant de l'amende est, au plus, égal à 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12. Il peut être majoré en cas de réitération et est alors, au plus, égal à 15 000 fois ce même taux. / L'amende est appliquée autant de fois qu'il y a d'étrangers concernés. / Lorsque sont prononcées, à l'encontre de la même personne, une amende administrative en application du présent article et une sanction pénale en application des articles L. 8256-2, L. 8256-7 et L. 8256-8 à raison des mêmes faits, le montant global des amendes prononcées ne dépasse pas le maximum légal le plus élevé des sanctions encourues. / () ".

6. Un juge, saisi d'une contestation portant sur une sanction que l'administration inflige à un administré, se prononçant comme juge de plein contentieux, il lui appartient de prendre une décision qui se substitue à celle de l'administration et, le cas échéant, de faire application d'une loi nouvelle plus douce entrée en vigueur entre la date à laquelle l'infraction a été commise et celle à laquelle il statue.

7. Eu égard aux conditions dans lesquelles la contribution spéciale était susceptible d'être minorée dans la précédente version de l'article L. 8253-1 du code du travail, citée au point 4, le même article, dans sa rédaction issue de la loi du 26 janvier 2024, citée au point 5, ne constitue pas une disposition nouvelle plus douce. Dès lors, il ne convient pas d'en faire application pour statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision d'appliquer la contribution spéciale à la SAS Varsha Services.

8. En deuxième lieu, la décision attaquée a été signée par Mme B A, cheffe du service juridique et contentieux, laquelle disposait pour ce faire d'une délégation de signature du directeur général de l'OFII en date du 19 décembre 2019 régulièrement publiée sur le site Internet de l'établissement le même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.

9. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui () 2° Infligent une sanction ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".

10. La décision attaquée vise les articles L. 8251-1 et L. 8253-1 du code du travail et indique que les contributions spéciales en litige ont été mises à la charge de la requérante en raison de l'emploi de salariés étrangers n'ayant pas l'autorisation de travailler sur le territoire français. Par ailleurs, cette décision, prise à la suite d'un recours gracieux de la SAS Varsha Services contre une décision du 25 mars 2022 qui dressait la liste de ces salariés, précise l'identité des employés pour l'emploi desquels, au vu des pièces et arguments de la société, la contribution spéciale ne sera finalement pas appliquée. La décision comporte, en conséquence, l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Ainsi, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut qu'être écarté.

11. En quatrième lieu, il ne résulte pas de l'instruction que la situation la SAS Varsha Services n'ait été dûment prise en compte. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de cette dernière doit être écarté.

12. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 8251-1 du code du travail : " Nul ne peut, directement ou indirectement, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France. / Il est également interdit à toute personne d'engager ou de conserver à son service un étranger dans une catégorie professionnelle, une profession ou une zone géographique autres que celles qui sont mentionnées, le cas échéant, sur le titre prévu au premier alinéa ". Aux termes de l'article L. 5221-8 du même code : " L'employeur s'assure auprès des administrations territorialement compétentes de l'existence du titre autorisant l'étranger à exercer une activité salariée en France, sauf si cet étranger est inscrit sur la liste des demandeurs d'emploi tenue par l'institution mentionnée à l'article L. 5312-1 ".

13. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 8253-1 du code du travail du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la contribution qu'il prévoit a pour objet de sanctionner les faits d'emploi d'un travailleur étranger démuni de titre l'autorisant à exercer une activité salariée, sans qu'un élément intentionnel soit nécessaire à la caractérisation du manquement. Toutefois, un employeur ne saurait être sanctionné sur le fondement de ces dispositions, qui assurent la transposition des articles 3, 4 et 5 de la directive 2009/52/CE du Parlement européen et du Conseil du 18 juin 2009 prévoyant des normes minimales concernant les sanctions et les mesures à l'encontre des employeurs de ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier, lorsque tout à la fois, d'une part, il s'est acquitté des obligations qui lui incombent en vertu de l'article L. 5221-8 du code du travail et, d'autre part, il n'était pas en mesure de savoir que les documents qui lui étaient présentés revêtaient un caractère frauduleux ou procédaient d'une usurpation d'identité. En outre, lorsqu'un salarié s'est prévalu lors de son embauche de la nationalité française ou de sa qualité de ressortissant d'un Etat pour lequel une autorisation de travail n'est pas exigée, l'employeur ne peut être sanctionné s'il s'est assuré que ce salarié disposait d'un document d'identité de nature à en justifier et s'il n'était pas en mesure de savoir que ce document revêtait un caractère frauduleux ou procédait d'une usurpation d'identité.

14. D'une part, la SAS Varsha Services ne peut utilement se prévaloir de l'absence de caractère intentionnel de l'emploi d'un salarié étranger non autorisé à travailler.

15. D'autre part, si la SAS Varsha Services soutient que deux des salariés pour lesquels elle a été sanctionnée, résidaient régulièrement sur le territoire français, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la décision de lui appliquer la contribution spéciale dès lors qu'il résulte de l'instruction que ces salariés n'étaient pas autorisés à travailler. Par ailleurs, la SAS Varsha Services n'établit pas que le salarié dont elle soutient qu'il aurait déposé une demande d'autorisation de travail en aurait bénéficié pendant la période durant laquelle il a travaillé en son sein. De surcroît, il résulte des procès-verbaux d'audition par les services de police des 31 mars et 29 septembre 2021 du gérant de la société que ce dernier a reconnu le travail effectif au sein de sa société de onze des douze salariés pour l'emploi desquels la contribution spéciale a été appliquée. Enfin, ce gérant a de manière constante soutenu qu'un des salariés dont l'emploi lui est reproché n'avait jamais travaillé effectivement au sein de sa société. Toutefois, il ne produit aucun élément de nature à expliquer les raisons pour lesquelles ce salarié a fait l'objet d'une déclaration préalable à l'embauche alors qu'il a reconnu lors de ses auditions par les services de police, ne pas vérifier les dates de validité des titres de séjour qui lui sont présentés, ne pas saisir la préfecture pour vérifier le statut des étrangers qu'il embauche et n'établir de contrat de travail qu'une semaine après le début du travail effectif pour s'assurer des compétences des salariés recrutés.

16. Dans ces conditions, l'OFII a légalement pu prendre la décision attaquée sur le fondement des circonstances qu'il a retenues.

17. En sixième lieu, il résulte de ce qui vient d'être dit que le montant de la contribution spéciale qui a été appliquée à SAS Varsha Services n'est pas erroné au motif qu'au plus, un seul de ses salariés travaillait sans autorisation.

18. En septième et dernier lieu, s'il ne saurait interdire de fixer des règles assurant une répression effective des infractions, le principe de nécessité des peines découlant de l'article 8 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 implique qu'une sanction administrative ayant le caractère d'une punition ne puisse être appliquée que si l'autorité compétente la prononce expressément en tenant compte des circonstances propres à chaque espèce. Il appartient au juge administratif, lorsqu'il est saisi comme juge de plein contentieux d'une contestation portant sur une sanction prononcée sur le fondement de l'article L. 8253-1 du code du travail, d'examiner tant les moyens tirés des vices propres de la décision de sanction que ceux mettant en cause le bien-fondé de cette décision et de prendre, le cas échéant, une décision qui se substitue à celle de l'administration. Celle-ci devant apprécier, au vu notamment des observations éventuelles de l'employeur, si les faits sont suffisamment établis et, dans l'affirmative, s'ils justifient l'application de cette sanction administrative, au regard de la nature et de la gravité des agissements et des circonstances particulières à la situation de l'intéressé, le juge peut, de la même façon, après avoir exercé son plein contrôle sur les faits invoqués et la qualification retenue par l'administration, tant s'agissant du manquement que de la proportionnalité de la sanction, maintenir la contribution, au montant fixé de manière forfaitaire ou en décharger l'employeur.

19. Il résulte de l'instruction, ainsi qu'il a été dit, que la SAS Varsha Services ne procédait à aucune vérification des dates de validité des titres de séjour qui lui étaient présentés par les candidats à l'embauche et ne saisissaient pas la préfecture pour vérifier le statut des étrangers qu'elle recrutait. Par ailleurs, le SAS Varsha Services ne produit aucun élément quant à sa situation financière. Dans ces conditions, le moyen tiré de la disproportion de la décision attaquée doit être écarté.

20. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la SAS Varsha Services à fin d'annulation de la décision attaquée en tant qu'elle lui applique la contribution spéciale et de réduction du montant de cette dernière doivent être rejetées.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

21. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'OFII, la somme demandée par la SAS Varsha Services sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision mettant à la charge de la SAS Varsha Services des contributions forfaitaires représentatives de frais de réacheminement.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Varsha Services et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Lebdiri, président,

- M. Fumagalli, conseiller,

- M. Richard, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.

Le rapporteur,

signé

J. Richard

Le président,

signé

S. Lebdiri

La greffière,

signé

Z. Aguentil

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

No 2202380

Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 515333

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de Mme A..., magistrate, qui demandait le report et l'encadrement de ses auditions par l'inspection générale de la justice (IGJ) dans le cadre d'une enquête administrative. La requérante invoquait une atteinte grave à ses droits de la défense, à sa dignité et à l'indépendance juridictionnelle. Le juge a estimé que l'audition prévue du 4 au 7 mai 2026, qui ne préjugeait pas de l'issue de l'enquête ni d'éventuelles poursuites disciplinaires, n'était pas susceptible de porter une atteinte manifestement disproportionnée à ses droits. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la condition d'urgence n'étant pas retenue comme caractérisant une illégalité grave.

03/05/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 509298

Le Conseil d'État rejette la requête de M. A... pour défaut d'intérêt à agir, les circonstances invoquées (qualité de citoyen, d'usager ou de professionnel) n'étant pas suffisamment directes et certaines pour contester la nomination du président du conseil d'administration de l'OFII. La portée de cette décision est de rappeler la rigueur du contrôle de l'intérêt à agir en matière de nominations aux emplois publics.

09/04/2026

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 507528

Le Conseil d'État refuse d'admettre le pourvoi de La Poste contre l'ordonnance ayant suspendu la révocation de M. B..., estimant qu'aucun moyen sérieux n'est soulevé.

09/04/2026

← Retour aux décisions