mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2202481 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL LOUETTE-LECLERCQ ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré et un mémoire complémentaire, enregistrés le 26 juillet 2022 et le 30 janvier 2023, la préfète de la Somme demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 1er février 2022 par lequel le maire de la commune de Flesselles a, au nom de la commune, délivré à M. B D un permis d'aménager en vue de la création de cinq lots à bâtir, sur des parcelles cadastrées section AE nos (ANO)27, 28, 29(/ANO(, situées sur le territoire de la commune.
Elle soutient que l'arrêté déféré a autorisé le projet en méconnaissance de la directive dite DERU du 21 mai 1991 relative au traitement des eaux urbaines résiduaires, de l'arrêté ministériel du 21 juillet 2015 relatif au système d'assainissement collectif et aux installations d'assainissement non collectif, de l'arrêté préfectoral du 13 décembre 2018 portant prescriptions spécifiques à déclaration du système d'assainissement de Flesselles ainsi que de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme du fait des non-conformités en performance et en équipement de la station d'épuration de la commune de Flesselles.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 20 décembre 2022 et le 3 février 2023, la commune de Flesselles, représentée par Me Leclercq, conclut au rejet du déféré et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de l'État au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que le déféré est irrecevable faute de justification du respect des formalités exigées par les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme et que, en tout état de cause, les moyens soulevés par la préfète ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 décembre 2022, M. B D conclut au rejet du déféré.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la préfète ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 2 février 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 mars 2023 à 12h00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 91/271/CEE du Conseil du 21 mai 1991 ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- l'arrêté ministériel du 21 juillet 2015 relatif au système d'assainissement collectif et aux installations d'assainissement non collectif ;
- l'arrêté du 13 décembre 2018 portant prescriptions spécifiques à déclaration du système d'assainissement de Flesselles en application des articles L. 214-1 à L. 214-3 et R. 214-1 et R. 214-60 du code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Guilbaud, rapporteure publique,
- et les observations de M. D.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 1er février 2022, le maire de la commune de Flesselles a, au nom de la commune, délivré à M. B D un permis d'aménager en vue de la création de cinq lots à bâtir, sur des parcelles cadastrées section AE nos , situées sur le territoire de la commune. Par le présent déféré, la préfète de la Somme demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Les trois premiers alinéas du point 1 de l'article 3 de la directive du Conseil du 21 mai 1991 relative au traitement des eaux urbaines résiduaires prévoient que les États membres de l'Union européenne veillent à ce que toutes les agglomérations soient équipées de systèmes de collecte des eaux urbaines résiduaires à différentes dates selon la situation de l'agglomération concernée. Ces dispositions sont transposées à l'article R. 2224-10 du code général des collectivités territoriales, dont le premier alinéa dispose que : " Les communes dont tout ou partie du territoire est compris dans une agglomération d'assainissement dont les populations et les activités économiques produisent des eaux usées dont la charge brute de pollution organique est supérieure à 120 kg par jour doivent être équipées, pour la partie concernée de leur territoire, d'un système de collecte des eaux usées ".
3. Les exigences minimales fixées par la directive précitée sont complétées au niveau national par l'arrêté ministériel du 21 juillet 2015 relatif au système d'assainissement collectif et aux installations d'assainissement non collectif lequel détermine les obligations à respecter en termes de surveillance, de performance et de niveau d'équipement, ainsi que les prescriptions propres à chaque acte administratif réglementant la surveillance et le rejet des installations de collecte et de traitement. En outre, l'arrêté préfectoral portant prescriptions spécifiques à déclaration du système d'assainissement de Flesselles décline ces exigences et obligations au niveau local. A cet égard, son article 2 indique que " () La station de traitement des eaux usées, d'une capacité nominale de 135 kg de DBOj/jour (2 250 EH), est située sur la commune de Flesselles. Cette station traite les eaux usées des communes de Flesselles. La station est de type boues activées en aération prolongée. Les eaux traitées sont rejetées par infiltration () ".
4. Par ailleurs, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
5. Il résulte des dispositions du code de l'urbanisme que les lotissements, qui constituent des opérations d'aménagement ayant pour but l'implantation de constructions, doivent respecter les règles tendant à la maîtrise de l'occupation des sols édictées par le code de l'urbanisme ou les documents locaux d'urbanisme, même s'ils n'ont pour objet ou pour effet, à un stade où il n'existe pas encore de projet concret de construction, que de permettre le détachement d'un lot d'une unité foncière. Il appartient, en conséquence, à l'autorité compétente de refuser le permis d'aménager sollicité ou de s'opposer à la déclaration préalable notamment lorsque, compte tenu de ses caractéristiques telles qu'elles ressortent des pièces du dossier qui lui est soumis, un projet de lotissement permet l'implantation de constructions dont la compatibilité avec les règles d'urbanisme ne pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises.
6. Il est constant que le projet envisagé, du fait de sa situation en secteur d'assainissement collectif sur le territoire de la commune de Flesselles, dépend de la station d'épuration de Flesselles pour le traitement des eaux usées. Il ressort des pièces du dossier, et plus précisément des données nationales, collectées par les services de police de l'eau et rendues disponibles via le portail d'information publique sur l'assainissement collectif du ministère de la transition écologique et solidaire, dont se prévaut la préfète de la Somme, que, pour les années 2020 et 2021, cette station d'épuration ne répond pas aux critères de conformité fixés aux niveaux national et local tant en termes de performance, c'est-à-dire de capacité à traiter convenablement les effluents, qu'en termes de dimensionnement suffisant de l'équipement.
7. S'il est vrai que, comme le soutient la préfète de la Somme, cette installation n'est, à la date de l'arrêté déféré, pas en mesure de recevoir des connexions supplémentaires pour l'assainissement des eaux usées de nouvelles constructions, la commune de Flesselles, qui précise qu'aucun bâtiment n'a vocation à être édifié au stade du permis d'aménager, fait valoir que des travaux de réhabilitation de la station d'épuration ont été décidés et programmés pour le début de l'année 2024. A cet égard, il ressort des pièces du dossier, et notamment du tableau de programmation prévisionnelle relatif au programme concerté pour l'eau de la communauté de communes Territoire Nord Picardie pour les années 2019 à 2024, qu'après la réalisation d'études préalables prévues en 2022 et d'études de maîtrise d'œuvre en 2023, des travaux d'amélioration de la station d'épuration de Flesselles sont planifiés pour l'année 2024. Dans ces conditions, la commune, qui produit d'ailleurs en défense un rapport de l'étude diagnostic du système d'assainissement de la commune de Flesselles correspondant à la première phase de travaux projetés lequel, certes rédigé postérieurement à l'arrêté déféré, témoigne de leur avancée conformément au tableau précité, fait à bon droit valoir que la comptabilité des futures constructions projetées sur les cinq lots aménagés par le projet en cause pourra être ultérieurement assurée lors de la délivrance du permis de construire ces bâtiments, eu égard aux travaux précédemment décrits.
8. Dès lors, il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance de la réglementation applicable en matière de traitement des eaux usées et de système d'assainissement collectif doit être écarté. Il en va de même du moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, la préfète de la Somme n'établissant, ni même n'alléguant qu'il ne pourra être remédié ultérieurement, lors de la délivrance des autorisations d'urbanisme requises, au risque pour la salubrité et la sécurité publiques qu'elle fait valoir.
9. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la commune de Flesselles, que les conclusions à fin d'annulation présentées par la préfète de la Somme doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'État, partie perdante dans la présente instance, une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Flesselles et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : Le déféré de la préfète de la Somme est rejeté.
Article 2 : L'État versera à la commune de Flesselles une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au préfet de la Somme, à M. B D et à la commune de Flesselles.
Délibéré après l'audience du 18 avril 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Binand, président,
- Mme Beaucourt, conseillère,
- M. A, magistrat honoraire.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.
La rapporteure,
signé
P. CLe président,
signé
C. BINAND
Le greffier,
signé
N. VERJOT
La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
5
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026