mercredi 19 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2202497 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | DEVOS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 juillet 2022, M. B, représenté par
Me Devos, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 4 mars 2022, par laquelle la préfète de l'Oise a refusé de lui délivrer une carte de résident en qualité de parent d'enfant français ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour pendant ce délai.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation, dès lors qu'en se bornant à relever l'existence de plusieurs condamnations judiciaires pour refuser de lui délivrer le titre de séjour demandé, alors même qu'il ne présente aucun état dangereux ni aucun état criminel dangereux, la préfète n'a pas pris en considération les éléments de sa personnalité, ni ses efforts d'insertion sociale, par ailleurs reconnus par le SPIP, qui est prêt à aménager sa peine ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 août 2022, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Rondepierre, rapporteure.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant de la République démocratique du Congo né le
4 février 1979, déclare être entré en France en 2003. Il a formulé une demande de titre de séjour en qualité de parent d'enfant français, le 29 avril 2021. Par décision du 4 mars 2022, dont il demande l'annulation, la préfète de l'Oise a refusé de lui délivrer le titre de séjour demandé.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article
L. 412-1 " et selon l'article L. 432-1 du même code : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. B est incarcéré depuis le 1er juin 2013, en premier lieu pour l'exécution d'une peine de six mois d'emprisonnement prononcée par le tribunal correctionnel de Beauvais le 15 mai 2012 pour des appels téléphoniques malveillants réitérés et dégradations de biens appartenant à autrui et par un moyen dangereux pour les personnes, peine dont le sursis de 18 mois a de plus été révoqué par jugement du 20 juillet 2017, en deuxième lieu pour une peine de deux mois d'emprisonnement résultant d'un jugement du
16 février 2015 du même tribunal judiciaire, pour des faits de recel de biens provenant d'un délit puni d'une peine n'excédant pas cinq ans d'emprisonnement et, enfin, pour l'exécution d'une peine de treize ans de réclusion criminelle, prononcée par la cour d'assises de l'Oise le 3 mars 2017, pour destruction du bien d'autrui par un moyen dangereux pour les personnes et tentative de meurtre. Compte tenu du caractère réitéré de ces faits et de leur gravité, la préfète n'a pas commis d'erreur d'appréciation en considérant que la présence de M. B constituait une menace pour l'ordre public en refusant de lui délivrer pour ce motif le titre de séjour demandé. Au surplus, si l'intéressé se prévaut de sa qualité de parent d'enfants français, il ressort des pièces du dossier qu'il n'entretient plus de relations avec ses fils depuis 2013 s'agissant du plus jeune et 2019 s'agissant de l'aîné. Par suite, M. B n'établit pas en tout état de cause contribuer à l'entretien ou à l'éducation de ses enfants, dont la nationalité n'est au demeurant pas justifiée.
4. En second lieu, à supposer qu'il soit regardé comme soulevant ce moyen, l'intéressé ne peut utilement soutenir que l'autorité préfectorale aurait méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il n'a pas présenté de demande de titre de séjour sur ce fondement et que l'autorité administrative ne s'est pas prononcée sur ce point aux termes de sa décision.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de M. B doivent être rejetées, y compris ses conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la préfète de l'Oise.
Délibéré après l'audience du 8 mars 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- M. Richard, premier conseiller,
- Mme Rondepierre, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 avril 2023.
La rapporteure,
signé
A. Rondepierre
Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026