vendredi 27 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2202523 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | BODELLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 juillet 2022, M. A B, représenté par
Me Bodelle, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 juin 2022 par laquelle le directeur interdépartemental des routes Nord l'a muté à sur un poste d'agent d'exploitation au sein du centre d'équipement et d'intervention de Nanteuil à compter du 1er juillet 2022 ;
2°) d'enjoindre au directeur interdépartemental des routes Nord de le réintégrer dans ses fonctions d'agent d'exploitation au centre d'équipement et d'intervention de Peuplingues dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la direction interdépartementale des routes Nord une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'erreurs de fait en se fondant sur les motifs tirés de sa consommation de cannabis dans l'exercice de ses fonctions, de ses difficultés relationnelles avec ses collègues et de sa participation au mouvement des gilets jaunes qui ne sont pas établis ;
- la décision attaquée constitue en réalité une sanction déguisée et n'a pas été prise dans l'intérêt du service.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mai 2023, le directeur interdépartemental des routes Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 17 mai 2023, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 30 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 91-393 du 25 avril 1991 portant dispositions statutaires applicables au corps des agents d'exploitation des travaux publics de l'Etat et au corps des chefs d'équipe d'exploitation des travaux publics de l'Etat ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. Le Gars, conseiller.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, agent d'exploitation des travaux publics de l'Etat, a été affecté le
30 décembre 2016 au centre d'entretien et d'intervention de Peuplingues. Après notamment la découverte, le 25 janvier 2021, d'une boîte contenant du cannabis dans un véhicule de service dont il avait été le dernier utilisateur en binôme avec un de ses collègues, le directeur interdépartemental des routes Nord, par une décision du 2 juin 2022 dont l'intéressé demande l'annulation, l'a muté d'office dans l'intérêt du service sur un poste d'agent d'exploitation au centre d'entretien et d'intervention de Nanteuil à compter du 1er juillet 2022.
2. En premier lieu, si M. B fait valoir que la décision attaquée est entachée d'erreurs de fait dès lors qu'elle est fondée sur les motifs non établis tirés de sa consommation de cannabis sur son lieu de travail, des difficultés relationnelles avec ses collègues et de sa participation au mouvement des gilets jaunes, il ressort des pièces du dossier, dont un compte-rendu de réunion du 1er mars 2022, que la plupart des collègues de l'intéressé, en ce compris le chef de service et son adjoint, éprouvait effectivement des difficultés relationnelles avec lui pouvant aller jusqu'à un refus de travailler avec celui-ci ou une perte de confiance avérée. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette même décision se fonde sur la découverte en elle-même de cannabis dans le véhicule de service dont M. B était le dernier utilisateur, même si cette circonstance a pu accentuer cette perte de confiance, ni sur sa participation au mouvement dit "des gilets jaunes". Dans ces conditions, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que la décision du 2 juin 2022 est entachée d'erreurs de fait.
3. En second lieu, la mutation dans l'intérêt du service constitue une sanction déguisée dès lors qu'il est établi que l'auteur de l'acte a eu l'intention de sanctionner l'agent et que la décision a porté atteinte à la situation professionnelle de ce dernier.
4. Ainsi qu'il a été dit au point 2, il ressort des pièces du dossier, notamment du compte-rendu de la réunion du 1er mars 2022, que de nombreux collègues de M. B ont manifesté leur défiance à son encontre et leur crainte de travailler avec lui en binôme et que, dès lors, son retour au sein du service nuirait à son bon fonctionnement. Dans ces conditions, la mutation d'office de M. B, auquel il avait été préalablement proposé, par courrier du 8 mars 2022, des postes d'agents d'exploitation vacants dans la direction interdépartementale Nord, a été prononcée dans l'intérêt du service et ne constitue pas dès lors une sanction déguisée.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 2 juin 2022 portant mutation d'office de M. B doivent être rejetées et qu'il y a lieu, en conséquence, de rejeter également ses conclusions tendant à ce que le tribunal enjoigne de la réaffecter dans ses anciennes fonctions, ainsi que les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B et au directeur interdépartemental des routes Nord.
Délibéré après l'audience du 21 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Thérain, président,
Mme Rondepierre, première conseillère,
M. Le Gars, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 septembre 2024.
Le rapporteur,
signé
V. Le Gars
Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026