vendredi 29 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2202633 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | QUENNEHEN-TOURBIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 août 2022, M. B A demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération n° 2022-035 du 30 juin 2022 du conseil municipal de la commune de Beauval, en tant qu'elle approuve l'article 24 du règlement intérieur du conseil municipal ;
2°) d'enjoindre au conseil municipal de fixer à quinze lignes l'espace réservé aux élus d'opposition sur chaque numéro de la brève, ainsi que de diffuser ces tribunes sur les supports dématérialisés de la commune ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Beauval une somme de 250 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'article 24 du règlement intérieur est entaché d'une erreur de droit, dès lors que sa rédaction n'est pas intelligible ;
- il méconnait les dispositions de l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales, dès lors qu'il fixe individuellement l'espace réservé à l'expression des conseillers municipaux ;
- il méconnait ce même article, dès lors qu'il fixe à 1/19ème d'un format A4 l'espace attribué à chaque conseiller, alors que l'espace devrait être réparti proportionnellement aux résultats des suffrages des élections municipales ;
- il est entaché d'une erreur de droit, dès lors qu'il prévoit que l'article qui est soumis au maire ne dépend que de sa propre responsabilité ;
- l'article litigieux ne prévoit pas de publication sur les supports dématérialisés de la commune.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mars 2022, la commune de Beauval, représentée par Me Tourbier, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. A, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, dès lors que le tribunal s'est déjà prononcé sur la légalité de l'article 24 du règlement intérieur du conseil municipal ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 17 octobre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 novembre 2023, à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rondepierre, rapporteure,
- les conclusions de Mme Minet, rapporteure publique,
- et les observations de M. A, ainsi que celles de M. C, maire de la commune de Beauval, assisté par Me Niquet.
Considérant ce qui suit :
1. L'article 24 du règlement intérieur du conseil municipal de la commune de Beauval a été adopté par une délibération du 30 juin 2022, après l'annulation, prononcée par un jugement du tribunal du 27 avril 2022, de cette même disposition, en tant qu'elle subordonnait le droit d'expression des conseillers à leur appartenance à un groupe constitué d'opposition. M. A demande l'annulation de cette délibération en tant qu'elle approuve ce nouvel article.
Sur la fin de non-recevoir tirée de l'autorité de la chose jugée :
2. Si, par un jugement du 27 avril 2022, le tribunal a partiellement annulé l'article 24 du règlement intérieur du conseil municipal de la commune de Beauval, l'intervention de la délibération attaquée au titre de la présente instance a eu pour effet de modifier la rédaction initiale de cet article. En conséquence, en l'absence d'identité d'objet, la commune n'est pas fondée à soutenir que l'autorité de la chose jugée devrait être opposée au requérant et la fin de non-recevoir doit être écartée.
Sur la légalité de la décision attaquée :
3. En premier lieu, l'article 24 du règlement intérieur du conseil municipal de la commune de Beauval, après avoir cité les dispositions de l'article L. 2112-27-1 du code général des collectivités territoriales, dont il fait application, précise qu'au sein du bulletin d'information, un espace est réservé à l'expression des conseillers n'appartenant pas à la majorité, au sein duquel chaque conseiller concerné dispose d'un espace de 1/19 d'un format A4, et doit, s'il entend s'en servir, déposer avant le quinze du mois, et dans un format imposé, un article ne comportant pas de propos tendancieux, injurieux ou diffamatoire. Ces dispositions permettent à ses destinataires d'en mesurer la portée compte tenu de leurs aptitudes normales à cette fin et le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'elles méconnaitraient l'objectif à valeur constitutionnelle de clarté et d'intelligibilité de la norme.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales : " Dans les communes de 1 000 habitants et plus, lorsque des informations générales sur les réalisations et sur la gestion du conseil municipal sont diffusées par la commune, un espace est réservé à l'expression des conseillers élus sur une liste autre que celle ayant obtenu le plus de voix lors du dernier renouvellement du conseil municipal ou ayant déclaré ne pas appartenir à la majorité municipale. / Les modalités d'application du présent article sont définies par le règlement intérieur du conseil municipal ".
5. Il résulte de ces dispositions que l'espace réservé à l'expression des conseillers n'appartenant pas à la majorité municipale doit présenter un caractère suffisant et être équitablement réparti eu égard aux caractéristiques de la publication.
6. La décision attaquée fixe l'espace réservé à chaque conseiller n'appartenant pas à la majorité à 1/19ème d'une page A4, ce qui correspond à trois lignes par conseiller concerné. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que le format habituel des publications réalisées par la commune compte quatre pages A4. Dans ces conditions, alors que les conseillers concernés peuvent s'ils le souhaitent cumuler les espaces qui leur sont individuellement octroyés, la règle ainsi définie n'est pas de nature à méconnaitre les dispositions de l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales précitées.
7. En troisième lieu, la circonstance que l'article 24 du règlement intérieur indique que l'article soumis au maire par le conseiller n'appartenant pas à la majorité ne dépend que de sa propre responsabilité, est sans incidence sur sa légalité.
8. Mais, en dernier lieu, l'article 24 du règlement intérieur du conseil municipal de la commune ne régit l'expression des conseillers n'appartenant pas à la majorité qu'en ce qui concerne la publication du bulletin d'information matérialisé de la commune. Il ressort cependant des pièces du dossier que des informations générales sur les réalisations et sur la gestion du conseil municipal figurent également sur supports dématérialisés, tel que le compte d'un réseau social de la commune, sans toutefois que n'y figure d'espace dévolu aux conseillers n'appartenant pas à la majorité. Il s'ensuit que la disposition contestée méconnaît, dans cette mesure, les dispositions précitées de l'article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales
9. Il résulte de ce qui précède que le requérant est seulement fondé à demander l'annulation de la délibération approuvant l'article 24 du règlement intérieur du conseil municipal, en tant que cette disposition ne précise pas les modalités d'expression des conseillers n'appartenant pas à la majorité municipale sur supports dématérialisés, et que le surplus de ses conclusions aux fins d'annulation doit être rejeté.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
10. L'exécution du présent jugement implique que le conseil municipal fixe les modalités d'expression des conseillers n'appartenant pas à la majorité sur les supports dématérialisés diffusant les informations générales sur les réalisations et sur la gestion du conseil municipal de la commune, dont les comptes de réseaux sociaux détenus par la commune, dans un délai de deux mois.
Sur les frais liés au litige :
11. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La délibération du conseil municipal de la commune de Beauval du 30 juin 2022 approuvant le règlement intérieur du conseil municipal de la commune est annulée en tant que l'article 24 de ce règlement ne précise pas les modalités d'expression des conseillers n'appartenant pas à la majorité municipale sur supports dématérialisés.
Article 2 : Il est enjoint au conseil municipal de la commune de Beauval de fixer ces modalités d'expression dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête ainsi que les conclusions présentées par la commune de Beauval sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetés.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Beauval.
Délibéré après l'audience du 20 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- Mme Rondepierre, première conseillère
- M. Wavelet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2023.
La rapporteure,
signé
A. Rondepierre
Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026