jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2202685 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL FABRE SAVARY FABBRO |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête numéro 2202685 et un mémoire enregistrés les 16 août et 22 novembre 2022, le centre hospitalier universitaire (CHU) Amiens-Picardie, représenté par
Me Tordjman, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler le titre exécutoire no 655 du 20 mai 2022 par lequel l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) a mis à sa charge la somme de 39 715,46 euros';
2°) de réduire son obligation de payer à la somme de 11 279,38 euros ;
3°) de rejeter les demandes reconventionnelles de l'ONIAM ou les réduire à de plus justes proportions ;
4°) de mettre à la charge de l'ONIAM la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens.
Il soutient que le taux de perte de chance d'éviter les préjudices subis par
M. B A, dont il est responsable, s'élève à 50 % et non à 66 % comme l'a retenu l'ONIAM et que le déficit fonctionnel permanent subi par M. A en lien avec sa faute s'évalue à 10 % et non 33 %.
Par des mémoires en défense enregistrés les 24 octobre 2022 et 19 février 2024, l'ONIAM, représenté par Me Roquelle-Meyer, demande au tribunal :
1°) de rejeter la requête ;
2°) de condamner le CHU Amiens-Picardie au paiement des intérêts au taux légal à compter du 18 juin 2022 et à la capitalisation de ces intérêts ;
3°) de condamner le CHU Amiens-Picardie à lui verser une pénalité de 15 % de la somme en principal au titre de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique ;
4°) de condamner le CHU Amiens-Picardie à lui rembourser les frais d'expertise à hauteur de la somme de 700 euros ;
5°) de mettre à la charge du CHU Amiens-Picardie la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens.
Il fait valoir que le défaut de prise en charge de M. A par le CHU Amiens-Picardie lui a causé une perte de chance de 66 % d'éviter les préjudices subis.
Par ordonnance du 22 février 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 12 avril 2024.
II. Par une requête numéro 2300193 et un mémoire enregistrés les 19 janvier 2023 et 24 avril 2024, la caisse primaire d'assurance maladie de la Somme, représentée par
Me de Berny, demande au tribunal :
1°)de condamner le CHU Amiens-Picardie à lui verser la somme de 25 330,22 euros au titre des débours exposés avec intérêts au taux légal à compter du 1er décembre 2022 ;
2°)de condamner le CHU Amiens-Picardie à lui verser l'indemnité forfaitaire de gestion prévue à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ;
3°)de mettre à la charge du CHU Amiens-Picardie la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que la réparation des dommages subis par M. A incombe au CHU Amiens-Picardie.
Par des mémoires en défense enregistrés les 24 juillet 2023 et 12 avril 2024, le CHU Amiens Picardie, représenté par Me Tordjman, demande au tribunal de réduire à la somme de 12 665,11 euros la demande de la CPAM de la Somme et de ne le condamner aux intérêts moratoires qu'à compter du jugement à intervenir.
Il fait valoir que le défaut de prise en charge de M. A a été la cause d'une perte de chance d'éviter les préjudices subis à hauteur de 50 % et non 66 %.
La requête a été transmise à M. A qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de la santé publique';
- le code de la sécurité sociale';
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Menet, premier conseiller,
- les conclusions de M. Beaujard, rapporteur public,
- et les observations de Me Roué, substituant Me Tordjman, pour le CHU Amiens-Picardie.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, alors âgé de 57 ans, a consulté au service d'urologie du CHU Amiens-Picardie le 19 mars 2018 pour des troubles mictionnels à type de brûlures. Il a été diagnostiqué une récidive de prostatite chronique. Le 7 septembre 2019, une imagerie par résonance magnétique a mis en évidence une volumineuse lésion prostatique. Une prostatectomie totale a été mise en œuvre le 3 décembre 2019 dans une clinique.
2. Par un avis du 1er juillet 2021, la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, à la suite d'un rapport d'expertise du 19 avril 2021, a estimé que la réparation des préjudices subis par M. A incombait au CHU Amiens-Picardie à raison d'une perte de chance d'éviter les préjudices subis à hauteur de 66 %. L'ONIAM se substituant au CHU Amiens-Picardie a, en exécution d'un protocole d'indemnisation transactionnelle du 1er avril 2022, versé à M. A, la somme de 38 798,67 euros. Sur le fondement de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique, l'ONIAM a émis à l'encontre du CHU Amiens-Picardie un titre exécutoire no 655 du 20 mai 2022, à hauteur de la somme de 39 715,46 euros comprenant le montant de la transaction et les frais d'expertise devant la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux. Le CHU Amiens-Picardie demande au tribunal l'annulation de ce titre exécutoire et la décharge de l'obligation de payer les sommes réclamées. L'ONIAM présente pour sa part des conclusions reconventionnelles financières, tandis que la CPAM de la Somme demande le remboursement des débours exposés.
3. Les requêtes nos 2202685 et 2300193 présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur le principe de responsabilité du CHU Amiens-Picardie :
4. Aux termes du I. de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute ".
5. Il résulte de l'instruction, particulièrement de l'expertise et n'est pas contesté que dès le mois de mai 2018, en raison des résultats des dosages de PSA (Prostatic Specific Antigen, antigène spécifique de prostate) en augmentation constante et des examens cytobactériologiques des urines (ECBU) revenus stériles effectués par M. A, le CHU Amiens-Picardie aurait dû mettre en œuvre des biopsies de la prostate qui auraient permis d'infirmer le diagnostic initial erroné de prostatite chronique et de poser le diagnostic de cancer de la prostate beaucoup plus tôt. Ce retard fautif de plus d'un an qui est la cause des préjudices subis engage la responsabilité du CHU Amiens-Picardie sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique.
Sur les conclusions aux fins de réduction de l'obligation de payer et d'annulation du titre no 655 :
En ce qui concerne la perte de chance :
6. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou le traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter la survenue de ce dommage. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.
7. En l'espèce, il résulte de l'instruction et particulièrement de l'expertise que le retard de diagnostic du CHU Amiens-Picardie a eu pour conséquence de ne pas permettre de limiter l'évolution du cancer de la prostate de M. A qui est passé d'un stade localisé à un stade métastatique justifiant notamment un traitement de blocage androgénique viager. L'expert a relevé que l'absence d'une prostatectomie radicale mise en œuvre au plus tôt n'a pas permis d'éviter les préjudices subis, à hauteur d'une perte de chance de 66 %. Pour contester ce taux de perte de chance d'éviter cette évolution métastatique du cancer de l'intéressé et l'estimer à hauteur de 50 %, le CHU Amiens-Picardie se borne à faire valoir, sans apporter aucun élément que M. A présentait dès l'origine un tableau clinique de cancer de la prostate à haut risque et que la prostatectomie était inévitable. Eu égard aux conclusions univoques expertales non sérieusement contestées, il y a lieu d'évaluer à 66 % la perte de chance pour M. A d'éviter les préjudices subis en lien avec le retard de diagnostic fautif de l'établissement public de santé.
En ce qui concerne le montant de la créance :
8. Par le titre exécutoire en litige, l'ONIAM a mis à la charge du CHU Amiens-Picardie la somme de 39 715,46 euros pour d'une part réparer les préjudices subis par M. A au titre du déficit fonctionnel temporaire, des souffrances endurées, du déficit fonctionnel permanent, du préjudice sexuel et des frais d'assistance à l'expertise à hauteur de
38 798,67 euros et d'autre part obtenir le remboursement des frais d'expertise à hauteur de la somme de 916,79 euros.
9. Le CHU Amiens-Picardie ne conteste que l'évaluation du déficit fonctionnel permanent subi par M. A en lien avec le manquement commis.
10. Il résulte de l'instruction que l'expert désigné par la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales a évalué à 33 % le déficit fonctionnel permanent imputable au manquement commis par le CHU Amiens-Picardie. Si l'établissement public de santé fait valoir qu'en considération de la forme modérée de l'incontinence urinaire subie par l'intéressé et compte tenu du barème du concours médical, un taux de 10 % devrait être retenu, il résulte toutefois de l'instruction que le taux de 33 % retenu résulte de la prise en compte par l'expert d'une incontinence urinaire importante nécessitant le port de protections en permanence subie par l'intéressé et la nécessité de recourir à une radiothérapie et de lui administrer à titre viager un traitement de blocage androgénique. En considération de ces éléments, le déficit fonctionnel permanent subi par M. A doit être évalué à 33 % et le CHU Amiens-Picardie n'est pas fondé à solliciter la réduction de son obligation de payer à ce titre.
11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête numéro 2202685 du CHU Amiens-Picardie doit être rejetée.
En ce qui concerne les conclusions reconventionnelles de l'ONIAM :
S'agissant de la demande de remboursement des frais d'expertise :
12. Lorsqu'il cherche à recouvrer les sommes versées aux victimes en application de la transaction conclue avec ces dernières, l'ONIAM peut soit émettre un titre exécutoire à l'encontre de la personne responsable du dommage, de son assureur ou du fonds institué à l'article L. 426-1 du code des assurances, soit saisir la juridiction compétente d'une requête à cette fin. Toutefois, l'Office n'est pas recevable à saisir le juge d'une requête tendant à la condamnation du débiteur au remboursement de l'indemnité versée à la victime lorsqu'il a, préalablement à cette saisine, émis un titre exécutoire en vue de recouvrer la somme en litige. Réciproquement, il ne peut légalement émettre un titre exécutoire en vue du recouvrement forcé de sa créance s'il a déjà saisi le juge ou s'il le saisit concomitamment à l'émission du titre. Ces règles d'articulation ne trouvent à s'appliquer que lorsqu'est en cause la même créance de l'ONIAM sur le responsable du dommage ou son assureur.
13. L'ONIAM n'est pas recevable à solliciter par une demande reconventionnelle le remboursement des frais d'expertise qui ont par ailleurs fait l'objet du titre exécutoire contesté.
S'agissant de la pénalité de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique :
14. Aux termes du cinquième alinéa de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique : " En cas de silence ou de refus explicite de la part de l'assureur de faire une offre, ou lorsque le responsable des dommages n'est pas assuré, le juge, saisi dans le cadre de la subrogation, condamne, le cas échéant, l'assureur ou le responsable à verser à l'office une somme au plus égale à 15 % de l'indemnité qu'il alloue ". La pénalité prévue à cet article en cas de silence ou de refus de l'assureur de faire une offre, ou lorsque le responsable des dommages n'est pas assuré, ne peut être prononcée que par le juge.
15. Compte tenu du manquement commis par le CHU Amiens-Picardie et de son refus infondé de formuler une quelconque indemnisation, il y a lieu de condamner ce dernier à verser à l'ONIAM une somme de 5 819,80 euros, représentant 15 % de la somme dont l'ONIAM est fondé à solliciter le recouvrement par le biais du titre litigieux.
S'agissant des intérêts et de leur capitalisation :
16. Lorsque l'ONIAM a émis un titre exécutoire en vue du recouvrement de la somme versée à la victime en application de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique, les intérêts sont dus de plein droit et pourront être directement recouvrés par le comptable public. En effet, les débiteurs d'un titre exécutoire peuvent introduire contre celui-ci, devant la juridiction compétente, un recours qui présente un caractère suspensif en application d'un principe général du droit auquel le décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ne saurait avoir dérogé. En l'espèce, le recours contentieux formé par le CHU Amiens-Picardie contre le titre exécutoire a suspendu le recouvrement de celui-ci. Le présent jugement mettant fin au sursis de paiement, il a rétabli le CHU Amiens-Picardie dans son obligation de payer la somme mentionnée dans le titre exécutoire. Il s'ensuit que les intérêts moratoires sont dus de plein droit et pourront être directement recouvrés par le comptable public, l'ONIAM n'étant pas recevable à les demander au juge. Par voie de conséquence, la demande de capitalisation portant sur le même objet doit être rejetée.
Sur les conclusions de la CPAM de la Somme :
En ce qui concerne le remboursement des débours :
17. La CPAM de la Somme justifie de frais d'hospitalisation, de frais médicaux, de frais pharmaceutiques et de frais d'appareillage à hauteur de la somme de 25 330,22 euros par la production d'un relevé détaillé de ses débours et d'une attestation d'imputabilité établie par son médecin-conseil. Compte tenu du taux de perte de chance retenu au point 7 du présent jugement, il y a lieu de lui accorder la somme de 16 717,95 euros à ce titre.
En ce qui concerne les intérêts et leur capitalisation :
18. La CPAM de la Somme a droit aux intérêts au taux légal correspondant à l'indemnité de 16 717,95 euros à compter du 1er décembre 2022, date de réception de la demande indemnitaire préalable.
En ce qui concerne l'indemnité forfaitaire de gestion :
19. Aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : "'() En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. À compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget ()'". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 18 décembre 2023 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2024 : "'Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 118 € et 1 191 € au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2024'".
20. En application des dispositions précitées, il y a lieu de mettre à la charge du CHU Amiens-Picardie le versement, à la CPAM de la Somme, de la somme de 1 191 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Sur les dépens :
21. En l'absence de dépens, les conclusions du CHU Amiens-Picardie et de l'ONIAM tendant à leur condamnation respective ne peuvent à ce titre qu'être rejetées.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'ONIAM, qui n'est pas la partie perdante dans l'instance numéro 2202685, la somme que le CHU Amiens-Picardie demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge du CHU Amiens-Picardie une somme de 1 500 euros chacun au titre des frais exposés par l'ONIAM et la CPAM de la Somme et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1 er : La requête numéro 2202685 du CHU Amiens-Picardie est rejetée.
Article 2 : Le CHU Amiens-Picardie est condamné à payer à l'ONIAM la somme de 5 819,80 euros au titre de la pénalité prévue par l'article L. 1142-15 du code de la santé publique.
Article 3 : Le CHU Amiens-Picardie est condamné à verser à la CPAM de la Somme, en remboursement de ses débours, la somme de 16 717,95 euros avec intérêts au taux légal à compter du 1er décembre 2022.
Article 4 : Le CHU Amiens-Picardie est condamné à verser à la CPAM de la Somme la somme de 1'191 euros au titre de l'indemnité prévue à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
Article 5 : Le CHU Amiens-Picardie versera une somme de 1 500 euros chacun à l'ONIAM et à la CPAM de la Somme au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié au centre hospitalier universitaire Amiens-Picardie, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, à la caisse primaire d'assurance maladie de la Somme et à M. B A.
Délibéré après l'audience du 13 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Boutou, président,
Mme Pierre, première conseillère,
M. Menet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition le 27 juin 2024.
Le rapporteur,
Signé
M. Menet
Le président,
Signé
B. Boutou La greffière,
Signé
A. Ribière
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2202685 et 2300193
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026