lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2202735 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | DEMAILLY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 août 2022, la SARL Villagrill, représentée par
Me Demailly, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 juin 2022 par laquelle l'administratrice générale des finances publiques chargée de la direction des grandes entreprises lui a refusé le bénéfice du dispositif de l'aide " coûts fixes consolidation " à destination des entreprises dont l'activité est particulièrement affectée par l'épidémie de covid-19, au titre des mois de décembre 2021 et de janvier 2022 ;
2°) de condamner la direction générale des finances publiques à lui verser les sommes de 9 592, 20 euros au titre de décembre 2021 et de 5 724,90 euros au titre de janvier 2022 ;
3°) à défaut, d'enjoindre à la direction générale des finances publiques de réexaminer sa situation dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte d'un montant à définir par le tribunal ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a été privée de tout débat contradictoire avec l'administration fiscale ;
- elle remplit les conditions d'éligibilité pour bénéficier d'une aide dite " coûts fixes consolidation " qui s'élève à 9 592,20 euros au titre de décembre 2021 et à 5 724,90 euros au titre de janvier 2022.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 octobre 2022, l'administratrice générale des finances publiques chargée de la direction des grandes entreprises constate que la société Villagrill est éligible à l'octroi d'une aide dite " coûts fixes consolidation " d'un montant total de 15 317 euros au titre des mois de janvier 2021 et de janvier 2022.
Elle fait valoir qu'en application de la décision de la Commission européenne adoptée le 18 novembre 2021 sous la référence 2021/ 473/01 fixant la date limite d'octroi de cette aide au 30 juin 2022, elle ne peut verser le montant de cette aide à la société Villagrill qu'à la suite d'une décision du tribunal en ce sens.
Par une ordonnance du 15 mars 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 14 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;
- le décret n° 2022-111 du 2 février 2022 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Gars, conseiller ;
- et les conclusions de Mme Minet, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Villagrill, qui exerce une activité de restauration, a sollicité le 15 juin 2022 le bénéfice de l'aide dite " coûts fixes consolidation " instituée par le décret du 2 février 2022 pour les mois de décembre 2021 et de janvier 2022. Par une décision du 22 juin 2022, dont la société Villagrill demande l'annulation, l'administratrice générale des finances publiques chargée de la direction des grandes entreprises a refusé de faire droit à sa demande.
2. Aux termes de l'article 1er du décret du 2 février 2022 instituant une aide dite " coûts fixes consolidation " visant à compenser les charges fixes non couvertes des entreprises dont l'activité est particulièrement affectée par l'épidémie de covid-19 : " I. - Les entreprises mentionnées à l'article 1er du décret du 30 mars 2020 susvisé, à l'exception de celles mentionnées aux 5° et 5° bis, peuvent bénéficier, au cours de la période éligible comprise entre le 1er décembre 2021 et le 31 janvier 2022, d'une aide mensuelle dont le versement est bimestriel, destinée à compenser leurs coûts fixes non couverts par les contributions aux bénéfices, lorsqu'elles remplissent les conditions suivantes au jour de la demande : / 1° Elles exercent leur activité principale dans un secteur mentionné à l'annexe 1 ou à l'annexe 2 du décret du 30 mars 2020 précité dans sa rédaction en vigueur au 30 juin 2021 ; / 2° Elles ont été créées avant le 1er janvier 2019 ; / 3° Au cours du mois éligible, elles ont subi une perte de chiffre d'affaires, calculée selon les modalités prévues à l'article 3, d'au moins 50 % ; / 4° Leur excédent brut d'exploitation coûts fixes consolidation au cours du mois éligible, tel qu'il résulte du calcul mentionné à l'annexe du présent décret, est négatif ".
3. Pour rejeter la demande du 15 juin 2022 de la société Villagrill relative au versement de l'aide dite " coûts fixes consolidation " au titre des mois de décembre 2021 et de janvier 2022, l'administratrice générale des finances publiques chargée de la direction des grandes entreprises s'est fondée sur les motifs tirés de ce que la qualité d'expert-comptable du signataire de la demande n'avait pu être établie en raison d'une erreur dans son numéro d'identification dit "A" et que la société avait omis de prendre en compte le solde créditeur du compte 791 " Transfert de charges d'exploitation " dans le calcul de son excédent brut d'exploitation initial au titre de la période concernée.
4. D'une part, il ressort des pièces du dossier et n'est pas contesté en défense que la société Villagrill a produit auprès de l'administration fiscale des éléments permettant d'établir la qualité d'expert-comptable du signataire de la demande d'aide du 15 juin 2022. D'autre part, il ressort des pièces du dossier et est admis en défense que la société Villagrill est éligible à l'octroi d'une aide dite " coûts fixes consolidation " d'un montant de 9 592,20 euros au titre du mois de janvier 2021 et de 5 724,90euros au titre du mois de janvier 2022 après la prise en compte du solde créditeur du compte 791 " Transfert de charges d'exploitation " dans le calcul de son excédent brut d'exploitation. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la société Villagrill est fondée à demander l'annulation de la décision du 22 juin 2022 de l'administratrice générale des finances publiques chargée de la direction des grandes entreprises et la condamnation de la direction générale des finances publiques à lui verser la somme de 15 317,10 euros au titre de l'aide dite " coûts fixes consolidation " pour les mois de décembre 2021 et de janvier 2022.
5. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, qui est la partie perdante dans la présente instance, la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à la société Villagrill la somme de
15 317,10 euros au titre de l'aide dite " coûts fixes consolidation " pour les mois de décembre 2021 et de janvier 2022.
Article 2 : L'Etat versera à la société Villagrill la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Villagrill et au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie.
Copie en sera adressée au directeur départemental des finances publiques de la Somme.
Délibéré après l'audience du 5 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Thérain, président,
Mme Rondepierre, première conseillère,
M. Le Gars, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2024.
Le rapporteur,
signé
V. Le Gars
Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026