mercredi 16 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2202753 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP DUMOULIN CHARTRELLE ABIVEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 août 2022, M. A B, représenté par Me Chartrelle, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 juin 2022 par laquelle le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse a refusé de lui octroyer le bénéfice d'une allocation temporaire d'invalidité au titre de l'accident dont il estime avoir été victime le 21 mai 2019 ;
2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation en droit ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juillet 2023, le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance en date du 12 juillet 2023, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 13 octobre 2023.
Par un courrier du 10 septembre 2024, les parties ont été informées, par application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement du tribunal était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de ce que la décision refusant à M. B l'octroi d'une allocation temporaire d'invalidité est entachée d'incompétence dès lors que cette décision relève de la compétence conjointe du ministre intéressé et du ministre du budget en application de l'article 3 du décret n° 60-1089 du 6 octobre 1960 et qu'il ne résulte pas de la décision attaquée que sa signataire ait agi au nom de ces deux autorités.
Des observations, enregistrées le 12 septembre 2024, ont été présentées par la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse sur le moyen susceptible d'être relevé d'office.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 60-1089 du 6 octobre 1960 ;
- le décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Harang, rapporteur,
- les conclusions de Mme Rondepierre, rapporteure publique,
- et les observations de Me Chartrelle, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, professeur des écoles, demande au tribunal d'annuler la décision du 24 juin 2022 par laquelle le ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse a refusé de lui octroyer le bénéfice d'une allocation temporaire d'invalidité au titre de l'accident dont il estime avoir été victime le 21 mai 2019.
2. Lorsqu'il est saisi d'un litige en matière d'allocation temporaire d'invalidité, il appartient au juge administratif, en sa qualité de juge de plein contentieux, de se prononcer sur les droits de l'intéressé en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, et aussi, le cas échéant, d'apprécier, s'il est saisi de moyens en ce sens ou au vu de moyens d'ordre public, la régularité de la décision en litige.
3. En premier lieu, aux termes de l'article 3 du décret du 6 octobre 1960 portant règlement d'administration publique pour l'application des dispositions de l'article 23 bis de l'ordonnance n° 59-244 du 4 février 1959 relative au statut général des fonctionnaires, qui détermine les conditions dans lesquelles peut être octroyée une allocation temporaire d'invalidité aux fonctionnaire de l'État : " () Le pouvoir de décision appartient dans tous les cas au ministre dont relève l'agent et au ministre chargé du budget ".
4. D'une part, la décision attaquée a été signée par Mme D C, attachée d'administration de l'État, cheffe de section au département des retraites et des cotisations à la direction des affaires financières du ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports, en vertu d'une délégation de signature, consentie par une décision du 22 septembre 2021 de la directrice des affaires financières de ce ministère et publiée au Journal officiel de la République française le 29 septembre 2021, elle-même compétente en application des dispositions de l'article 1er du décret susvisé du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du Gouvernement.
5. D'autre part, M. B, qui est professeur des écoles, ne relève pas du ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation. Il ne saurait, dès lors et en tout état de cause, utilement soutenir que la décision attaquée serait entachée d'incompétence faute pour sa signataire de justifier d'une délégation de signature de ce ministre.
6. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée doit être écarté.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / À cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir () ". Aux termes de l'article L. 211-5 de ce code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
8. La décision attaquée mentionne les décisions juridictionnelles dont résultent les principes dont elle fait application, lesquelles font elles-mêmes références aux dispositions sur lesquelles elles se fondent et sont librement accessibles. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que cette décision serait insuffisamment motivée en droit.
9. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article 65 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'État, dont les dispositions ont été reprises à l'article L. 824-1 du code général de la fonction publique à compter du 1er mars 2022 : " Le fonctionnaire qui a été atteint d'une invalidité résultant d'un accident de service ayant entraîné une incapacité permanente d'au moins 10 % ou d'une maladie professionnelle peut prétendre à une allocation temporaire d'invalidité cumulable avec son traitement dont le montant est fixé à la fraction du traitement minimal de la grille mentionnée à l'article 15 du titre Ier du statut général, correspondant au pourcentage d'invalidité. / () ".
10. Constitue un accident de service, pour l'application des dispositions précitées, un évènement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci. Sauf à ce qu'il soit établi qu'il aurait donné lieu à un comportement ou à des propos excédant l'exercice normal du pouvoir hiérarchique, lequel peut conduire le supérieur hiérarchique à adresser aux agents des recommandations, remarques, reproches ou à prendre à leur encontre des mesures disciplinaires, un entretien, notamment d'évaluation, entre un agent et son supérieur hiérarchique, ne saurait être regardé comme un événement soudain et violent susceptible d'être qualifié d'accident de service, quels que soient les effets qu'il a pu produire sur l'agent.
11. Il ne résulte pas de l'instruction que l'entretien auquel M. B a été convoqué le 21 mai 2019, et lors duquel il lui a été indiqué qu'il devrait reprendre la charge d'une classe d'élèves à compter de la prochaine rentrée scolaire, aurait donné lieu, de la part du directeur académique des services de l'éducation nationale, à un comportement ou à des propos excédant l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. Dans ces conditions, cet entretien ne saurait être regardé comme un événement soudain et violent susceptible d'être qualifié d'accident de service. M. B n'est dès lors pas fondé à soutenir qu'en refusant de lui accorder pour ce motif le bénéfice d'une allocation temporaire d'invalidité, l'autorité administrative aurait méconnu les dispositions et principes cités ci-dessus, sans qu'aient d'incidence les circonstances que le requérant ait développé un syndrome dépressif nécessitant son placement en congé de maladie, que la commission de réforme ait émis un avis favorable à la reconnaissance d'une imputabilité au service de cet évènement ou que le recteur de l'académie d'Amiens l'ait invité à la suite de cet avis à déposer une demande tendant au bénéficie de l'allocation litigieuse.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée, y compris ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la ministre de l'éducation nationale.
Délibéré après l'audience du 2 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- M. Truy, premier conseiller honoraire,
- M. Harang, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 octobre 2024.
Le rapporteur,
signé
J. HarangLe président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026