jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2202769 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP SEBAN & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 24 août 2022 et 22 mai 2024, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision implicite née du silence gardé sur son recours administratif préalable obligatoire en date du 9 mars 2022 contre la décision du 7 octobre 2021 par laquelle la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) a limité le montant de l'attribution de l'aide à l'achat d'un insert à granulés à 600 euros.
Il soutient qu'il remplit les conditions lui permettant d'être éligible au versement d'une prime de 1 500 euros et que cette information lui a été indiquée par les opérateurs de l'ANAH.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 mai 2024, l'Agence nationale de l'habitat conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle ne satisfait pas aux exigences de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle demande l'annulation de la lettre du 25 février 2022 de la directrice générale de l'ANAH qui se borne à informer M. A du versement de l'aide pour un montant de 600 euros et qui ne constitue pas, dès lors, un acte susceptible de recours ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique ;
- l'arrêté du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Fumagalli, conseiller,
- les conclusions de M. Liénard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'une demande de subvention " MaPrimeRénov' " souscrite par M. A, l'Agence nationale de l'habitat (ANAH) lui a réservé, le 7 octobre 2021, une prime estimée à 600 euros. M. A a formé un recours administratif préalable obligatoire le 9 mars 2022 contre cette décision, reçu par l'ANAH le 11 mars 2022. Par la présente requête, M. A doit être regardé comme demandant l'annulation de la décision implicite, née du silence de l'administration, rejetant son recours administratif.
2. Aux termes de l'article 1 du décret 14 janvier 2022, dans sa rédaction applicable à la date de la demande de subvention: " I.- La prime de transition énergétique prévue au II de l'article 15 de la loi du 28 décembre 2019 susvisée peut être attribuée aux personnes physiques propriétaires ou titulaires d'un droit réel immobilier conférant l'usage d'un logement pour financer les dépenses en faveur de la rénovation énergétique du logement () ". Aux termes de l'article 3 du même arrêté : " I.-Le montant de la prime est fixé forfaitairement par type de dépense éligible, en fonction des ressources du demandeur () ".
3. Aux termes de l'annexe 2 de l'arrêté du 14 janvier 2020, dans sa rédaction applicable à la date de la demande de subvention : " Barèmes relatifs au montant de la prime. Dans les deux tableaux figurant ci-après : () Foyers fermés, inserts : () Revenus aux ressources intermédiaires : 600 € ".
4. Il ressort des pièces du dossier que M. A a sollicité le versement d'une aide pour l'acquisition d'un insert à granulés pour lequel un devis a été établi le 4 octobre 2020. Il n'est pas contesté que le foyer de M. A relevait de la catégorie des ménages aux ressources intermédiaires et qu'ainsi, en application des dispositions citées au point 3, le montant de l'aide ne pouvait excéder la somme de 600 euros pour cet appareil de chauffage. Par suite, c'est sans erreur d'appréciation que l'ANAH a limité la subvention attribuée au requérant à ladite somme.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à l'Agence nationale de l'habitat.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Lebdiri, président,
M. Richard, premier conseiller,
M. Fumagalli, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2024.
Le président,
signé
S. Lebdiri
Le rapporteur,
signé
E. Fumagalli La greffière,
signé
Z. Aguentil
La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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