jeudi 12 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2202840 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP BACLET - CATHERINE BACLET-MELLON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 août 2022, la société à responsabilité limitée (SARL) B.A.D., représentée par Me Baclet, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 25 août 2022 par lequel la préfète de l'Oise a décidé la fermeture de l'établissement " El Patio " pour une durée d'un mois.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris au terme d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'a pas été tenu compte de ses observations émises lors de la procédure contradictoire ;
- cet arrêté a été pris sur le fondement de faits matériellement inexacts ;
- cet arrêté est entaché d'une erreur de droit au regard de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique dès lors que les faits reprochés, qui ne sont pas délictueux et qui n'ont pas eu lieu au sein de l'établissement, ne sont pas en relation avec la fréquentation de l'établissement ou ses conditions d'exploitation ;
- cet arrêté méconnaît les dispositions de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique et est disproportionné eu égard d'une part, à l'atteinte qu'il porte à la liberté d'entreprendre et la liberté du commerce et de l'industrie, d'autre part, à ses conséquences financières pour elle-même ainsi que pour son personnel et ses prestataires et, enfin, au comportement irréprochable de son service de sécurité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 janvier 2023, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Richard, rapporteur,
- les conclusions de M. Liénard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 25 août 2022, la préfète de l'Oise a décidé de fermer pour une durée d'un mois l'établissement " El Patio " situé à Compiègne, qui exerce notamment une activité de débit de boissons de nuit et de discothèque. La société à responsabilité limitée B.A.D., gestionnaire de cet établissement, demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Aux termes de l'article L. 211-2 du même code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° () constituent une mesure de police ; () ".
3. Il est constant qu'à la suite de l'invitation qui lui a été faite, la société B.A.D. a présenté des observations le 16 août 2022 sur la mesure qu'il était envisagé de prendre à son égard. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que ces observations, qui ont été visées dans l'arrêté attaqué, n'ont pas été prises en compte par la préfète de l'Oise, ainsi que l'affirme la requérante. Par suite, la société B.A.D. n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté attaqué aurait été pris au terme d'une procédure irrégulière.
4. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué a été pris aux motifs que d'une part, le 21 mai 2022, à l'occasion d'un différend opposant deux groupes de clients sur le parking de l'établissement, un des protagonistes aurait fait usage d'une gazeuse, que, d'autre part, un signalement pour agression sexuelle aurait été effectué le 25 juin 2022 et, qu'enfin, le 17 juillet 2022 aux alentours de 5 heures du matin, à la suite d'un accrochage en voiture, une rixe aurait opposé plusieurs individus dont deux fortement alcoolisés qui auraient dû être maitrisés par le service d'ordre de l'établissement tandis que d'autres se seraient enfuis. Ces faits ont chacun donné lieu à des interventions des services de police.
5. L'ensemble de ces événements a fait l'objet d'un rapport administratif des services de police du 26 juillet 2022, accompagné de mains courantes. Si la préfète de l'Oise a considéré de manière erronée que la rixe du 17 juillet 2022 a eu lieu dans l'établissement et non sur son parking, cette erreur est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué dès lors que la circonstance que des clients ont participé à la dite rixe, ainsi que le mentionne le rapport de police, n'est pas sérieusement contestée par la société B.A.D et que la préfète aurait dès lors pris la même décision si elle n'avait pas commis d'erreur quant à la localisation précise des faits. Par ailleurs, l'arrêté attaqué n'est pas fondé sur une défaillance quelconque des services de sécurité de l'établissement, ainsi que l'allègue la société B.A.D., mais sur les troubles à l'ordre public qui ont été constatés en relation avec la fréquentation de l'établissement ou ses conditions d'exploitation. Enfin, la circonstance que le signalement pour agression sexuelle se soit avéré sans fondement est indiquée dans l'arrêté attaqué. Dans ces conditions, la société B.A.D. n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté attaqué aurait été pris sur le fondement de faits matériellement inexacts.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique : " () 2. En cas d'atteinte à l'ordre public, à la santé, à la tranquillité ou à la moralité publiques, la fermeture peut être ordonnée par le représentant de l'Etat dans le département pour une durée n'excédant pas deux mois. () 4. Les crimes et délits ou les atteintes à l'ordre public pouvant justifier les fermetures prévues au 2 et au 3 doivent être en relation avec la fréquentation de l'établissement ou ses conditions d'exploitation () ".
7. La circonstance que les faits qui fondent l'arrêté attaqué n'aient pas donné lieu à des poursuites pénales ou ne soient pas délictueux est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué. Par ailleurs, le déroulement de ces faits en dehors de l'établissement ne fait pas obstacle à ce qu'ils soient regardés comme étant en relation avec la fréquentation de l'établissement ou ses conditions d'exploitation alors qu'il n'est pas sérieusement contesté que les rixes ont eu pour protagonistes des clients de l'établissement. Dans ces conditions, la société B.A.D. n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté attaqué serait entaché d'une erreur de droit au regard des dispositions citées au point précédent.
8. En quatrième lieu, eu égard à la nature et à la gravité des faits décrits au point 4 et à leur caractère répété sur une période de temps restreinte ainsi qu'à la circonstance que la discothèque a fait l'objet d'une fermeture administrative de quinze jours pour des troubles à l'ordre public par un arrêté du 29 septembre 2021, la préfète de l'Oise a légalement pu décider de fermer l'établissement et a pu fixer la durée de cette fermeture à un mois sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la société B.A.D. doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société B.A.D. est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société B.A.D. et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet de l'Oise.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Lebdiri, président,
- M. Fumagalli, conseiller,
- M. Richard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2024.
Le rapporteur,
Signé
J. Richard
Le président,
Signé
S. Lebdiri
La greffière,
Signé
Z. Aguentil
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
No 2202840
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026