mercredi 16 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2202864 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | HOMEHR |
Vu la procédure suivante :
Par un arrêt n° 21DA01235 du 30 août 2022, la cour administrative d'appel de Douai, saisie d'un appel présenté par Mme C, a annulé l'ordonnance n° 2100667 du 4 mai 2021 rendue par le président de la 3ème chambre du tribunal administratif d'Amiens et a renvoyé l'affaire devant ce même tribunal pour qu'il y soit statué à nouveau.
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 1er mars 2021 et 27 juin 2023, Mme A C, représentée par Me Homehr, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er octobre 2020 par laquelle le président de la communauté d'agglomération Creil Sud Oise a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa pathologie et l'a maintenue en congé de maladie à demi-traitement ;
2°) d'enjoindre à la communauté d'agglomération Creil Sud Oise de réexaminer sa situation, dans un délai de quinze jours et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de condamner la communauté d'agglomération Creil Sud Oise à lui verser une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée, dès lors que l'administration n'a pas exposé les considérations de fait et de droit sur lesquelles elle s'est fondée pour retenir un taux d'incapacité permanente partielle de 20 % ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que le médecin spécialiste ayant siégé au sein de la commission de réforme chargée d'émettre un avis sur sa situation n'a pas eu voix délibérative et que deux médecins généralistes ont pris part au vote, en méconnaissance des dispositions de l'article 19 du décret du 14 mars 1986 ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que l'un des médecins généralistes ayant siégé au sein de la commission de réforme chargée d'émettre un avis sur sa situation n'était plus, à la date de cet avis, praticien de médecine générale, en méconnaissance des dispositions de l'article 3 de l'arrêté du 4 août 2004 ;
- l'administration a commis une erreur de droit en s'estimant liée par l'avis rendu par la commission de réforme le 24 septembre 2020 ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors que son taux d'incapacité permanente partielle a été fixé à une date ultérieure à celle à laquelle elle a été examinée par la praticienne agréée ;
- l'incapacité permanente partielle dont elle est affectée ne saurait être évaluée à un taux inférieur à 25 %, alors que la praticienne agréée qui l'a examinée a conclu à l'imputabilité au service de sa pathologie et a ainsi nécessairement estimé que son taux d'incapacité permanente partielle était au moins égal à ce taux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 avril 2023, la communauté d'agglomération Creil Sud Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Un mémoire, enregistré le 12 juillet 2023, a été produit par la communauté d'agglomération Creil Sud Oise et n'a pas été communiqué.
Par une ordonnance en date du 30 juin 2023, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 21 juillet 2023.
En application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, l'instruction a été rouverte pour les éléments demandés en vue de compléter l'instruction par lettre du 5 septembre 2024.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 20 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Harang, rapporteur,
- les conclusions de Mme Rondepierre, rapporteure publique,
- et les observations de Mme B, représentant la communauté d'agglomération Creil Sud Oise.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C, adjointe administrative territoriale auprès de la communauté d'agglomération Creil Sud Oise, demande au tribunal d'annuler la décision du 1er octobre 2020 par laquelle le président de cette collectivité a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa pathologie et l'a maintenue en congé de maladie à demi-traitement.
2. En premier lieu, si la décision attaquée, qui vise la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, ne vise en revanche pas son article 21 bis sur le fondement duquel elle est intervenue, les considérations de fait exposées aux termes de cette décision étaient, dans les circonstances de l'espèce, dépourvues de toute ambiguïté sur les considérations de droit et la disposition dont l'autorité administrative a fait application. Par suite, Mme C n'est pas fondée à soutenir que cette décision serait insuffisamment motivée en droit.
3. En deuxième lieu, en application de l'article 3 de l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière, cette commission doit notamment comprendre deux praticiens de médecine générale. Aux termes de l'article 8 de cet arrêté : " () / En toute autre circonstance, en cas de perte de qualité pour siéger (), le premier suppléant devient automatiquement titulaire. () ".
4. En se bornant à soutenir que l'un des membres de la commission de réforme ayant émis un avis sur sa situation le 24 septembre 2020 avait cessé son activité de médecine libérale depuis le 2 juin 2020, Mme C n'établit pas qu'il aurait perdu sa qualité de praticien de médecine générale, au sens des dispositions citées au point précédent, dès lors, notamment, qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé aurait sollicité et obtenu son retrait du tableau de l'ordre des médecins.
5. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le président de la communauté d'agglomération Creil Sud Oise se serait, à tort, cru lié par l'avis rendu par la commission de réforme le 24 septembre 2020.
6. En quatrième lieu, il ne résulte d'aucune disposition ni d'aucun principe que le taux d'incapacité permanente partielle d'un fonctionnaire territorial doive être évalué à la date à laquelle il a été examiné par le médecin agréé.
7. En cinquième lieu, aux termes du IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors en vigueur : " () Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'État ". Selon l'article 37-8 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux, dans sa rédaction alors en vigueur : " Le taux d'incapacité permanente servant de seuil pour l'application du troisième alinéa du même IV est celui prévu à l'article R. 461-8 du code de la sécurité sociale. / Ce taux correspond à l'incapacité que la maladie est susceptible d'entraîner. Il est déterminé par la commission de réforme compte tenu du barème indicatif d'invalidité annexé au décret pris en application du quatrième alinéa de l'article L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite ". Aux termes de l'article R. 461-8 du code de la sécurité sociale : " Le taux d'incapacité mentionné au septième alinéa de l'article L. 461-1 est fixé à 25 % ".
8. Il ressort des pièces du dossier que le président de la communauté d'agglomération Creil Sud Oise a, par la décision attaquée, refusé de reconnaître l'imputabilité au service de la maladie de Mme C et l'a maintenue en congé de maladie à demi-traitement au motif que, si sa pathologie présentait un lien direct et certain avec le service, elle n'avait entraîné qu'un taux d'incapacité permanente partielle évalué, ainsi que l'a relevé la commission de réforme, à 20 %. D'une part, contrairement à ce que soutient la requérante, il ne saurait être déduit de l'expertise versée au dossier que son taux d'incapacité permanente partielle serait au moins égal à 25 %, alors que son auteur n'a pas présumé remplie cette condition en se bornant à relever le lien entre sa pathologie et l'exercice de ses fonctions. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en évaluant à 20 % le taux d'incapacité permanente partielle résultant du syndrome dépressif dont est atteinte la requérante, alors que celui-ci est qualifié d'intensité modérée, la commission de réforme ou l'autorité administrative en faisant sienne cette évaluation aurait méconnu les dispositions précitées.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée, y compris ses conclusions à fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la communauté d'agglomération Creil Sud Oise.
Délibéré après l'audience du 2 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- M. Truy, premier conseiller honoraire,
- M. Harang, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 octobre 2024.
Le rapporteur,
signé
J. HarangLe président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026