lundi 22 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2202965 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | JU3 |
| Avocat requérant | SELARL GUEVENOUX-GLORIAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 septembre 2022, M. A B, représenté par
Me Guevenoux-Glorian, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du 15 août 2022 par laquelle le maire de la commune de Pierrefonds a refusé de faire droit à sa demande de communication de divers documents administratifs présentée les 22 mars et 8 juin 2022 ;
2°) d'enjoindre à la commune de Pierrefonds de lui communiquer les documents sollicités dans le délai d'un mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Pierrefonds la somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision attaquée méconnait les dispositions combinées des articles
L. 300-1, L. 300-2 et L. 311-1 à R. 311-8-2 du code des relations entre le public et l'administration, les documents sollicités étant communicables, selon l'avis favorable du
21 juillet 2022 de la commission d'accès aux documents administratifs, et n'ayant pas été communiqués.
Par lettre du 28 février 2023, une mise en demeure de produire des observations sur la requête qui lui a été communiquée a été adressée au maire de la commune de Pierrefonds, en application de l'article R. 612-3 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Wavelet pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Wavelet, magistrat désigné,
- et les conclusions de Mme Minet, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 22 mars 2022 réitéré le 8 juin 2022, M. B, par l'intermédiaire de son conseil, a demandé au maire de la commune de Pierrefonds la communication du permis de construire de la clinique Eugénie accordé par la commune en vue de sa construction intervenue en 1998, le plan d'aménagement concerté établi en 1998 pour l'aménagement du site avec les plans, intégrant la convention de rétrocession des voies et espaces communs, ainsi que " le justificatif ou tout document attestant du déclassement allégué par M. C d'une partie de la parcelle forestière protégée n° 1425 de Monsieur A B, notamment l'autorisation de déclassement de la propriété par la commission départementale de la nature, des paysages et des sites et le décret de déclassement du Conseil d'Etat ". En raison d'un rejet implicite de sa demande, l'intéressé a saisi la commission d'accès aux documents administratifs laquelle a émis, le 21 juillet 2022, un avis favorable à la communication des documents sollicités sous certaines réserves. M. B demande au tribunal l'annulation de la décision implicite du 15 août 2022 par laquelle le maire de la commune de Pierrefonds a refusé de faire droit à sa demande du 22 mars 2022 réitérée le 8 juin suivant.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 300-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Sont considérés comme documents administratifs, au sens des titres Ier, III et IV du présent livre, quels que soient leur date, leur lieu de conservation, leur forme et leur support, les documents produits ou reçus, dans le cadre de leur mission de service public, par l'Etat, les collectivités territoriales ainsi que par les autres personnes de droit public ou les personnes de droit privé chargées d'une telle mission. Constituent de tels documents notamment les dossiers, rapports, études, comptes rendus, procès-verbaux, statistiques, instructions, circulaires, notes et réponses ministérielles, correspondances, avis, prévisions, codes sources et décisions. () ". Aux termes de l'article L. 311-1 de ce code : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de publier en ligne ou de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre ".
3. En premier lieu, le requérant demande la communication, d'une part, du permis de construire qui aurait été accordé par la commune en 1998 pour la construction de la clinique Eugénie, d'autre part, le plan d'aménagement concerté établi en 1998 pour l'aménagement du site avec les plans, intégrant la convention de rétrocession des voies et espaces communs. A cet égard, les documents détenus par l'administration et relatifs aux autorisations individuelles d'urbanisme, telles que les permis de construire et permis d'aménager, sont par nature communicables à toute personne qui en fait la demande, en application de l'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration, dès lors qu'il a été statué sur la demande d'autorisation. Par ailleurs, ainsi que le précise la commission d'accès aux documents administratifs dans son avis du 21 juillet 2022, le droit à communication de tels documents s'applique à tous les documents qu'il contient, qu'ils émanent du pétitionnaire ou aient été élaborés par l'administration, sous réserve que cette communication ne porte pas atteinte à un secret protégé par les articles L. 311-5 et L. 311-6 du code des relations entre le public et l'administration.
4. En second lieu, le requérant sollicite la communication du " justificatif ou tout document attestant du déclassement allégué par M. C d'une partie de la parcelle forestière protégée n° 1425 de Monsieur A B, notamment l'autorisation de déclassement de la propriété par la commission départementale de la nature, des paysages et des sites et le décret de déclassement du Conseil d'Etat ". Sous réserve de leur existence et de l'occultation des éventuelles mentions couvertes par l'article L. 311-6 du code des relations entre le public et l'administration, de tels documents sont communicables à toute personne qui en fait la demande en application de l'article L. 311-1 du code précité.
5. En l'espèce la commune de Pierrefonds, à qui la requête a été communiquée et qui n'a pas produit d'observations malgré une mise en demeure en ce sens, ne justifie ni de la transmission effective des documents mentionnés aux points 3 et 4, ni de leur inexistence ou de l'impossibilité de les communiquer.
6. Par suite, M. B est fondé à demander l'annulation de la décision attaquée en tant qu'elle rejette sa demande de communication de l'ensemble des documents administratifs sollicités.
Sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte :
7. L'exécution du présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint à la commune de Pierrefonds, sous les réserves mentionnées aux points 3 et 4, de communiquer à
M. B, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, les documents cités au point 1. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Pierrefonds, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par le requérant et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite du 15 août 2022 du maire de la commune de Pierrefonds est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Pierrefonds de communiquer à M. B, sous les réserves mentionnées aux points 3 et 4 du présent jugement, les documents mentionnés au point 1 de ce jugement, dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement.
Article 3 : La commune de Pierrefonds versera à M. B la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Pierrefonds.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
signé
F. WaveletLa greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026