mardi 31 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2203193 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | BLUTEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 5 octobre 2022 et 10 juillet 2023, M. B E et Mme A D, épouse E, représentés par Me Marlot, demandent au tribunal :
1°) de condamner le département de l'Oise à leur verser une somme de 11 000 euros ou, à défaut, de 8 000 euros en réparation des préjudices moral et financier qu'ils estiment avoir subis consécutivement aux agissements commis par un mineur placé auprès du service de l'aide sociale à l'enfance de ce département et accueilli à leur domicile ;
2°) de mettre à la charge du département de l'Oise une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la responsabilité sans faute du département de l'Oise est engagée, dès lors que le vol des fonds qu'ils conservaient à leur domicile a été commis par un mineur dont celui-ci assumait la garde ;
- ils n'ont commis aucune faute de nature à exonérer totalement ou partiellement le département de l'Oise de sa responsabilité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 avril 2023, le département de l'Oise, représenté par Me Bluteau, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. et Mme E une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les préjudices invoqués par M. et Mme E, outre leur surévaluation, ne sont pas réparables, dès lors qu'ils n'établissent pas la licéité de l'origine des fonds dérobés ;
- ils ont commis des fautes de nature à l'exonérer totalement ou partiellement de sa responsabilité, dès lors, d'une part, qu'ils n'ont pas pris les précautions nécessaires pour éviter que les fonds qu'ils conservaient à leur domicile ne soient subtilisés et, d'autre part, que M. E a adopté un comportement humiliant à l'égard du mineur accueilli susceptible d'avoir favorisé la commission de cette infraction.
Par une ordonnance en date du 12 juillet 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 13 octobre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Harang, rapporteur,
- les conclusions de Mme Rondepierre, rapporteure publique,
- et les observations de Me Bluteau, représentant le département de l'Oise.
Considérant ce qui suit :
1. M. B E et Mme A D, épouse E, laquelle exerce la profession d'assistante familiale, demandent au tribunal de condamner le département de l'Oise à leur verser une somme en réparation des préjudices qu'ils estiment avoir subis du fait des agissements commis par un mineur placé auprès du service de l'aide sociale à l'enfance de ce département et qu'ils ont accueilli à leur domicile.
2. Aux termes de l'article L. 421-13 du code de l'action sociale et des familles : " () / Les assistants maternels employés par des personnes morales, les assistants familiaux ainsi que les personnes désignées temporairement pour remplacer ces derniers sont obligatoirement couverts contre les mêmes risques par les soins des personnes morales qui les emploient ".
3. Il résulte de ces dispositions législatives que la responsabilité du département, dont relève le service de l'aide sociale à l'enfance, est engagée, même sans faute, envers une assistante familiale pour les dommages subis par celle-ci du fait d'un enfant dont l'accueil lui a été confié. Eu égard au rôle reconnu à la famille d'accueil par les dispositions de l'article L. 421-16 du code de l'action sociale et des familles, la responsabilité du département s'étend aux dommages subis par les personnes résidant au domicile de l'assistante familiale, notamment par le conjoint de celle-ci. Cette responsabilité n'est susceptible d'être atténuée ou supprimée que dans le cas où elle est imputable à un cas de force majeure ou à une faute de la victime.
4. Si le mineur placé auprès du service de l'aide sociale à l'enfance du département de l'Oise qui a été accueilli par Mme E dans le cadre de son activité d'assistante familiale à compter du 29 janvier 2015 a, au cours du mois de mai 2019, frauduleusement soustrait des liquidités que les requérants conservaient à leur domicile pour un montant au demeurant incertain, alors que leurs déclarations font varier son évaluation à une somme comprise entre 6 000 et 10 000 euros, il résulte toutefois de l'instruction qu'en conservant ainsi durablement des liquidités d'un tel montant dans de simples enveloppes librement accessibles dans le recoin d'une pièce tout aussi accessible à ce mineur, lequel leur était confié depuis plusieurs années et dont ils connaissaient la propension à subtiliser des biens appartenant à eux-mêmes ou à autrui et qui a, au demeurant, été amené à assister M. E, à la demande de ce dernier, dans les travaux que celui-ci effectuait à proximité immédiate de l'endroit où ces enveloppes étaient dissimulées dans des conditions telles qu'il pouvait nécessairement les découvrir, M. et Mme E ont commis des négligences constitutives d'une faute de nature à exonérer totalement le département de l'Oise de sa responsabilité à leur égard.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. et Mme E doit être rejetée, y compris leurs conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme que le département de l'Oise demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme E est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le département de l'Oise au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B E, à Mme A D, épouse E et au département de l'Oise.
Délibéré après l'audience du 18 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- M. Wavelet, premier conseiller,
- M. Harang, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 décembre 2024.
Le rapporteur,
signé
J. HarangLe président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
M. C
La République mande et ordonne au préfet de l'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026