mardi 13 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2203260 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | JU4 |
| Avocat requérant | QUENNEHEN-TOURBIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 octobre 2022, Mme E A B, représentée par Me Tourbier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 septembre 2022 par lequel la préfète de l'Oise lui a refusé l'admission au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination pour sa reconduite à la frontière ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué en entaché d'une erreur de fait en ce que contrairement à ce qu'a retenu la préfète elle dispose d'attaches sur le territoire français d'une part, et est astreinte à un lourd traitement médical d'autre part ;
- il méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnait les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 novembre 2022, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête sans présenter d'observations complémentaires.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les requêtes relevant des procédures prévues aux articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Binand, magistrat désigné ;
- et les observations de Me Basili représentant Mme A B, en présence de Mme A B et de Mme F D, interprète, qui reprend, en les développant les moyens exposés dans la requête s'agissant de sa situation personnelle et familiale et soutient en outre que l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante angolaise née le 24 novembre 1976, est entrée en France, en 2020, en provenance du Portugal. Sa demande d'asile, ainsi que celles présentées pour ses deux enfants, a été définitivement rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides par une décision du 19 octobre 2021, et par la Cour nationale du droit d'asile le 5 juillet 2022. Par cette requête, elle demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 23 septembre 2022 par lequel la préfète de l'Oise a refusé son admission au séjour au titre de l'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé l'Angola ou tout autre pays dans lequel elle établirait être légalement admissible pour sa reconduite à la frontière.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut-être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué. ". Il y a lieu, par application de ces dispositions, d'admettre Mme A B à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
3. En deuxième lieu, la préfète de l'Oise a exposé de manière suffisamment détaillée les motifs de droit et de fait sur lesquels elle s'est fondée pour prendre l'arrêté contesté. Elle a indiqué en particulier, au visa des stipulations et dispositions dont elle a fait application, que la demande d'asile de Mme G avait été définitivement rejetée et a indiqué les éléments propres à la situation personnelle et familiale de l'intéressée qu'elle a pris en considération. Par suite, et alors que la préfète de l'Oise n'était pas tenue de décrire l'ensemble des éléments caractérisant la situation de Mme G, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En troisième lieu, en se bornant d'une part, à faire état de la présence de ses deux enfants mineurs nés en 2005 et en 2009, qui, scolarisés respectivement en première année de certificat d'aptitude professionnelle et en classe de 4ème, l'accompagnent sur le territoire français sans disposer toutefois d'un droit propre au séjour, et, d'autre part, en produisant divers documents médicaux, consistant essentiellement en des comptes-rendus d'examen médicaux et des prescriptions médicamenteuses diverses, dont il ne ressort pas qu'elle ferait l'objet d'une prise en charge médicale particulière à la date du litige, l'intéressée n'établit pas que l'autorité préfectorale s'est fondée sur des faits inexacts pour estimer qu'aucune considération privée ou familiale ne justifiait son maintien sur le territoire français. Par suite, le moyen doit être écarté.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () "
6. Il ressort des pièces du dossier que Mme A B est entrée en France en 2020. Elle est célibataire avec deux enfants à charge, dont les demandes d'asile ont également été rejetées et qui ne disposent pas d'un droit au séjour en France ainsi qu'il a été dit. Elle ne démontre pas une intégration ancienne, intense et stable sur le territoire français alors qu'elle conserve des attaches dans son pays d'origine. Dans ces conditions, l'intéressée n'est pas fondée à soutenir que la préfète de l'Oise a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7. En cinquième lieu, aux termes des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
8. Dans les circonstances de l'espèce rappelées plus haut, rien ne fait obstacle à ce que les enfants de H A B l'accompagnent dans leur pays d'origine où il n'est pas démontré, notamment, qu'ils ne pourraient pas y poursuivre leur scolarité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de la convention internationale relative aux droits de l'enfant citées au point précédent doit être écarté.
9. En sixième et dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
10. Si Mme A B se prévaut, sans d'ailleurs les décrire, de risques pour sa vie ou sa liberté encourus en cas de retour dans son pays d'origine, le bien-fondé de ses craintes n'est établi par aucune des pièces versées au dossier, alors d'ailleurs que sa demande d'asile a été définitivement rejetée, ainsi qu'il a été dit. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales citées au point précédent doit être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A B doit être admise à l'aide juridictionnelle provisoire et que sa requête doit être rejetée en toutes ses conclusions, en ce compris celles à fin d'injonction et celles présentées au titre des frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : Mme A B est admise à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2: La requête de Mme A B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E A B, à la préfète de l'Oise et à Me Tourbier.
Rendu public par mise à disposition au greffe de la juridiction le 13 décembre 2022.
Le magistrat désigné,
signé
C. C
Le greffier,
signé
N. VERJOT
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026