jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2203270 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | HOMEHR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, et un mémoire complémentaire, enregistrés les 13 octobre 2022 et
7 décembre 2023, M. C D, représenté par Me Homehr, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 18 juillet 2022 par laquelle la commission de discipline d'appel a prononcé à son encontre une suspension ferme de huit matchs ;
2°) d'annuler la décision du 12 septembre 2022, par laquelle le conciliateur de la conférence des conciliateurs du comité national et olympique sportif français a déclaré sa demande irrecevable ;
3°) de mettre à la charge du district de la Somme de football, ainsi qu'à celle du comité national olympique et sportif français, chacun une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision du 18 juillet 2022 est illégale, dès lors que la commission de discipline du 23 juin 2022 s'est réunie sans que son dossier ne lui ait été communiqué, en présence de membres qui sont également intervenus en qualité de témoins, et a rendu un avis dont les visas sont erronés ;
- elle est irrégulière, dès lors que son dossier ne lui a pas été préalablement communiqué, en méconnaissance de l'article 3.4.2.1 du règlement disciplinaire ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que la sanction est disproportionnée, compte tenu de l'absence d'élément intentionnel ;
- la décision du comité national olympique et sportif français du 12 septembre 2022 est signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors qu'il était licencié à l'époque des faits ayant fondé la sanction initiale et qu'à la date à laquelle l'audience de conciliation s'était tenue, il avait entamé les démarches pour obtenir sa licence pour l'année suivante.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 décembre 2022, le district de la Somme de football, représenté par Me Chartrelle, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de
3 000 euros soit mise à la charge de M. D, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 23 janvier 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 février 2024, à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du sport ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Rondepierre, rapporteure,
- les conclusions de Mme Minet, rapporteure publique,
- et les observations de Me Homehr, représentant M. D, ainsi que celles de
Me Chartrelle, représentant le district de la Somme de football.
Considérant ce qui suit :
1. M. B D, joueur de football de l'équipe Amiens RC, a été sanctionné par l'arbitre d'une rencontre organisée par le district de la Somme de Football le 6 juin 2022, pour avoir marché sur le bras d'un joueur adverse, entrainant une luxation du coude gauche de ce dernier. Par une décision du 23 juin 2022, la commission de discipline du district fixait la sanction à quinze matches de suspension, sanction ramenée à huit matchs de suspension par une décision de la commission d'appel, le 18 juillet 2022. M. D a contesté cette seconde décision devant la conférence des conciliateurs du comité national olympique et sportif français, qui a déclaré cette demande irrecevable par une décision du 12 septembre 2022. Aux termes de sa requête,
M. D demande au tribunal d'annuler les décisions du 18 juillet 2022 et du 12 septembre 2022.
Sur les conclusions à fins d'annulation de la décision du conciliateur du 12 septembre 2022 déclarant la demande de M. D irrecevable :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 141-4 du code du sport : " Le Comité national olympique et sportif français est chargé d'une mission de conciliation dans les conflits opposant les licenciés, les agents sportifs, les associations et sociétés sportives et les fédérations sportives agréées, à l'exception des conflits mettant en cause des faits de dopage () ". Aux termes de l'article R. 141-16 du même code : " Le président de la conférence des conciliateurs effectue un contrôle préalable de la demande de conciliation. / Le président notifie sans délai, par décision motivée, le rejet de la demande lorsqu'elle : / 1° Ne relève pas de la compétence de la conférence des conciliateurs définie à l'article L. 141-4 ; / 2° Est entachée, au regard des dispositions de l'article R. 141-15, d'une irrecevabilité manifeste non susceptible d'être couverte ultérieurement ; / 3° Est manifestement mal fondée ; / 4° Est devenue sans objet ". Selon l'article R. 141-18 du même code : " Lorsque la demande est recevable, le président de la conférence des conciliateurs désigne un ou plusieurs conciliateurs chargés d'examiner l'affaire ". Par ailleurs, aux termes de l'article R. 141-22 du même code : " L'audience de conciliation a lieu dans les locaux du Comité national olympique et sportif français, sauf s'il en est décidé autrement par le conciliateur () / Les conciliateurs dirigent les débats. () / () Lors de l'audience, le conciliateur désigné a la faculté, alors même qu'il constate que la demande est entachée d'irrecevabilité, d'inviter les parties à participer à une procédure de conciliation facultative, qui est mise en œuvre au cours de la même audience si les parties décident de s'y soumettre () ".
3. Il résulte de ces dispositions que, alors même que le président de la conférence des conciliateurs avait désigné un conciliateur en application de l'article R. 141-18 du code du sport précité, ce dernier pouvait légalement constater l'irrecevabilité de cette même demande. Par suite, M. D n'est pas fondé à soutenir que la décision du 12 septembre 2022 serait entachée d'incompétence.
4. En second lieu, aux termes de l'article R. 131-3 du code du sport : " Les fédérations sportives qui sollicitent l'agrément prévu à l'article L. 131-8 doivent : / () 2° Avoir adopté un règlement disciplinaire conforme au règlement disciplinaire type figurant à l'annexe I-6 () ". Par ailleurs, aux termes de l'article 2 de l'annexe I-6 : " Il est institué un ou plusieurs organes disciplinaires de première instance et un ou plusieurs organes disciplinaires d'appel investis du pouvoir disciplinaire à l'égard : / () 2° Des licenciés de la fédération () ". Il résulte de ces dispositions qu'une fédération sportive agréée n'est habilitée à prononcer une sanction disciplinaire qu'à l'encontre des personnes qui, à la date à laquelle il est statué par l'organe disciplinaire compétent de la fédération, ont la qualité de licencié de cette fédération.
5. Si M. D était licencié de la fédération française de football pour la saison 2021/2022, laquelle arrivait à échéance le 30 juin 2022, il ne ressort en revanche pas des pièces du dossier que, à la date à laquelle s'est prononcé le conciliateur du comité national olympique et sportif français, la licence de l'intéressé ait été renouvelée pour l'année suivante, ni qu'il ait entamé les démarches en ce sens, contrairement à ce qu'il soutient. Il n'est, par suite, pas fondé à soutenir que la décision du 12 septembre 2022 était entachée d'une erreur de droit.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur leur recevabilité, que les conclusions présentées par M. D contre la décision du 12 septembre 2022 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fins d'annulation de la décision de la commission de discipline d'appel du 18 juillet 2022 prononçant une suspension ferme de huit matchs à l'encontre de M. D :
7. En premier lieu, dans le cadre d'un recours administratif préalable obligatoire devant l'organe disciplinaire d'appel en matière sportive, la procédure suivie devant cet organe et la décision prise par ce dernier se substituent entièrement à la procédure suivie devant l'organe disciplinaire de première instance et à la décision prise par ce dernier. Par suite, les moyens tirés de l'irrégularité de la procédure suivie devant l'organe disciplinaire de première instance sont inopérants.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3.4.2.1 du règlement disciplinaire de la fédération française de football : " L'assujetti est avisé de sa convocation devant l'organe disciplinaire d'appel, au minimum sept jours avant la date de la séance au cours de laquelle son cas sera examiné. / La convocation () mentionne () la possibilité () de consulter l'intégralité du dossier avant la séance, dans les locaux des instances, aux dates et horaires fixés en accord avec les services de ces dernières () ".
9. Il ressort des pièces du dossier que, par un courrier électronique du 6 juillet 2022, le district de la Somme de football a adressé au club Amiens RC la lettre de convocation à la séance à la commission d'appel disciplinaire du 18 juillet 2022, aux termes de laquelle figurent, d'une part, l'obligation d'informer le joueur licencié convoqué, qui ne conteste pas l'avoir reçue et, d'autre part, la possibilité de consulter sur demande l'ensemble du dossier au siège du district de la Somme de football. Par suite, M. D n'est pas fondé à soutenir qu'il n'aurait pas été mis à même de consulter son dossier.
10. En dernier lieu, il résulte de l'article 13 du règlement disciplinaire que les actes de brutalité ou coups occasionnant une blessure dument constatée par un certificat médical sont sanctionnables, sans qu'ait d'incidence l'existence ou non d'un caractère intentionnel. Le barème précisé au point 2 de ce même article 13 prévoit, en cas de blessure d'un joueur par un autre joueur, lors d'une rencontre, 5 matchs de suspension, si la blessure intervient lors d'une action de jeu, et 8 matchs si elle intervient hors action de jeu. L'article 13 prévoit enfin que tout document médical par lequel il est prescrit à la victime un arrêt de sport constitue une circonstance aggravante dont il doit être tenu compte dans la détermination du quantum de la sanction.
11. Il est constant que, d'une part, la blessure infligée par M. D à son adversaire est intervenue lors d'une action de jeu et que, d'autre part, cette blessure, qui a entrainé, pour la victime, une intervention chirurgicale sous anesthésie générale et une immobilisation par un plâtre, suivie d'une dispense de sport pendant 45 jours, relève des circonstances aggravantes au sens de l'article 13 mentionné au point précédent. Dans ces conditions, et alors même que M. D soutient ne pas avoir eu l'intention de blesser son adversaire, ce qui n'est d'ailleurs pas contesté, la commission de discipline d'appel a légalement pu tenir compte de ces circonstances pour prononcer, sans disproportion, à l'encontre de M. A 3 matchs de suspension en sus des 5 matchs de suspension prévus par les dispositions précitées lorsque la blessure est intervenue lors d'une action de jeu.
12. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. D contre la décision du 18 juillet 2022 doivent être rejetées.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. D doivent être rejetées, y compris les conclusions qu'il présente sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et au district de la Somme de football.
Délibéré après l'audience du 3 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- Mme Rondepierre, première conseillère,
- M. Le Gars, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
La rapporteure,
signé
A. Rondepierre
Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne au préfet de la Somme en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026