jeudi 16 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2203275 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | CHAMBRE PRESIDENT |
| Avocat requérant | SCP CARON - DAQUO - AMOUEL - PEREIRA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 octobre 2022, Mme B A C, représentée par Me Pereira, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 juillet 2022 par laquelle la commission de médiation de l'Oise a rejeté son recours en vue de la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement social ;
2°) à ce qu'il soit enjoint à la préfète de l'Oise de réexaminer sa situation.
Elle soutient qu'elle fait partie des personnes auxquelles un logement doit être attribué de façon prioritaire en application des a) et j) de l'article L. 441-1 du code de la construction et de l'habitation, dès lors que son logement actuel, occupé par 7 personnes dont l'un de ses 5 enfants en situation de handicap, est suroccupé et par ailleurs indécent du fait d'un problème d'humidité persistant malgré les travaux réalisés par son bailleur.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 juin 2023, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu la décision du 1er septembre 2022 du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de Senlis accordant l'aide juridictionnelle totale à Mme A C.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, le rapport de M. Wavelet a été entendu et, les parties n'étant ni présentes ni représentées, la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C a formé le 6 octobre 2021 un recours devant la commission de médiation de l'Oise en vue de la reconnaissance du caractère prioritaire et urgent de sa demande de logement social. Par une décision du 12 juillet 2022 dont l'intéressée demande l'annulation, la commission de médiation de l'Oise a rejeté sa demande au motif que " si la requérante peut certes se prévaloir du délai de relogement anormalement long, son logement actuel d'une surface habitable de 77 m2 reste adapté à la situation familiale en termes de surface habitable ".
2. D'une part, aux termes du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation : " La commission de médiation peut être saisie par toute personne qui, satisfaisant aux conditions réglementaires d'accès à un logement locatif social, n'a reçu aucune proposition adaptée en réponse à sa demande de logement dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4. / Elle peut () être saisie, sans condition de délai, lorsque le demandeur est logé dans des locaux manifestement suroccupés ou ne présentant pas le caractère d'un logement décent, s'il a au moins un enfant mineur, s'il présente un handicap au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles ou s'il a au moins une personne à charge présentant un tel handicap. Elle peut aussi être saisie sans condition de délai lorsque le demandeur ou une personne à sa charge est logé dans un logement non adapté à son handicap, au sens du même article L. 114. / () ". Aux termes des dispositions de l'article R. 441-14-1 du même code : " La commission, saisie sur le fondement du II ou du III de l'article L. 441-2-3, se prononce sur le caractère prioritaire de la demande et sur l'urgence qu'il y a à attribuer au demandeur un logement () en tenant compte notamment des démarches précédemment effectuées dans le département (). / Peuvent être désignées par la commission comme prioritaires et devant être logées d'urgence en application du II de l'article L. 441-2-3 les personnes de bonne foi qui satisfont aux conditions réglementaires d'accès au logement social qui se trouvent dans l'une des situations prévues au même article et qui répondent aux caractéristiques suivantes : / - ne pas avoir reçu de proposition adaptée à leur demande dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4 ; / () / - être logées dans des locaux impropres à l'habitation, ou présentant un caractère insalubre ou dangereux ; / () / - être handicapées, ou avoir à leur charge une personne en situation de handicap, ou avoir à leur charge au moins un enfant mineur, et occuper un logement soit présentant au moins un des risques pour la sécurité ou la santé énumérés à l'article 2 du décret du 30 janvier 2002 ou auquel font défaut au moins deux des éléments d'équipement et de confort mentionnés à l'article 3 du même décret, soit d'une surface habitable inférieure aux surfaces mentionnées à l'article R. 822-25 () ". La surface mentionnée à l'article R. 822-25 du code de la construction et de l'habitation est " une surface habitable globale au moins égale à () seize mètres carrés pour un ménage sans enfant ou deux personnes, augmentée de neuf mètres carrés par personne en plus, dans la limite de soixante-dix mètres carrés pour huit personnes et plus ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 441-1 du code de la construction et de l'habitation : " () / En sus des logements attribués à des personnes bénéficiant d'une décision favorable mentionnée à l'article L. 441-2-3, les logements mentionnés au premier alinéa du présent article sont attribués prioritairement aux catégories de personnes suivantes : / a) Personnes en situation de handicap, au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles, ou familles ayant à leur charge une personne en situation de handicap ; / () / j) Personnes ayant à leur charge un enfant mineur et logées dans des locaux manifestement suroccupés ou ne présentant pas le caractère d'un logement décent ; / Les décisions favorables mentionnées à l'article L. 441-2-3 et les critères de priorité prévus au présent article sont pris en compte dans les procédures de désignation des candidats et d'attribution des logements sociaux. / Les réservataires de logements sociaux et les bailleurs rendent publics les conditions dans lesquelles ils procèdent à la désignation des candidats dont les demandes sont examinées par les commissions mentionnées à l'article L. 441-2 () ". Aux termes de l'article L. 441-2 du même code : " I.- Il est créé, dans chaque organisme d'habitations à loyer modéré, une commission d'attribution des logements et d'examen de l'occupation des logements. / () / III.- La commission attribue nominativement chaque logement locatif. / Elle exerce sa mission d'attribution des logements locatifs dans le respect des articles L. 441-1 et L. 441-2-3, en prenant en compte les objectifs fixés à l'article L. 441. / () ".
4. Il résulte des dispositions précitées que la commission de médiation saisie d'un recours présenté sur le fondement des dispositions du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation examine ce recours en appréciant la situation du demandeur au regard des conditions prévues par ces dispositions ainsi que par celles, notamment, de l'article R. 441-14-1 du même code, tandis que les critères de priorité mentionnés à l'article L. 441-1 de ce code, notamment les catégories de personnes prioritaires mentionnées aux a) à m) de cet article, doivent être pris en compte, en sus des décisions favorables mentionnées à l'article L. 441-2-3 précité, dans les procédures de désignation des candidats et d'attribution des logements sociaux par les commissions mentionnées à l'article L. 441-2 du même code.
5. Il résulte de ce qui a été dit au point 4 que Mme A C ne peut utilement soutenir qu'elle fait partie des personnes auxquelles un logement doit être attribué de façon prioritaire en application des dispositions des a) et j) de l'article L. 441-1 du code de la construction et de l'habitation dès lors que le recours qu'elle a présenté auprès de la commission de médiation, dans le cadre du dispositif du droit au logement opposable, est fondé sur les dispositions du II de l'article L. 4141-2-3 du code de la construction et de l'habitation, dans le cadre duquel s'inscrit et s'examine la décision attaquée. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier, notamment du formulaire de recours amiable devant la commission renseigné par l'intéressée le 8 septembre 2021 et de la décision attaquée, que la requérante occupe actuellement un logement de 77 mètres carrés avec ses cinq enfants et un nourrisson ce qui, au regard des dispositions précitées de l'article R. 822-25 du code de la construction et de l'habitation desquelles il ressort que la surface habitable minimale pour 7 personnes doit être de 61 mètres carrés, ne caractérise pas une situation de suroccupation contrairement à ce qui est soutenu. Par ailleurs, si Mme A C se borne à soutenir que son fils est en situation de handicap et qu'il se déplace en fauteuil roulant, la préfète de l'Oise fait valoir sans être contredite que dans le cadre de l'instruction du recours de l'intéressée, la maison départementale des personnes handicapées a été sollicitée et a indiqué que l'état de santé de l'enfant ne nécessitait pas de logement adapté. Enfin, si Mme A C fait état de problèmes d'humidité persistants dans son logement malgré l'intervention de son bailleur pour effectuer des travaux après un dégât des eaux, cette seule circonstance n'est en tout état de cause pas de nature à caractériser l'insalubrité ou l'indécence de son logement. Par suite, l'intéressée n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que la commission de médiation n'a pas reconnu sa demande de relogement comme prioritaire et urgente au titre du droit au logement opposable.
6. Il résulte de ce qui précède que Mme A C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision de la commission de médiation de l'Oise du 12 juillet 2022 ni, par suite et en tout état de cause, à ce qu'il soit enjoint à la préfète de l'Oise de réexaminer sa situation.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A C et à la préfète de l'Oise.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 novembre 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
F. WaveletLa greffière,
Signé
V. Martinval
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026