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AccueilJurisprudence administrativeN° TA80-2203294

Tribunal Administratif d'Amiens — Décision N° TA80-2203294

mardi 13 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif d'Amiens
SectionTribunal Administratif d'Amiens
N° DossierTA80-2203294
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantBALAKIROUCHENANE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une protestation et des mémoires complémentaires, enregistrés les 14 octobre et

7 novembre 2022, Mme AL O, Mme E A, Mme AJ F,

Mme H AA, M. J AA, Mme AD AC, M. N AC,

Mme AH R, Mme Z I, M. U I, Mme V T,

M. D T, Mme AG B, M. J B, M. L C, Mme AF X de Freitas et M. S M demandent au tribunal d'annuler les opérations électorales relatives à l'élection partielle complémentaire de six conseillers municipaux de la commune de Campeaux qui se sont déroulées le 9 octobre 2022.

Ils soutiennent que les opérations électorales sont irrégulières, dès lors que les électeurs n'ont eu connaissance de leur tenue que le 1er octobre 2022 alors que l'arrêté préfectoral portant convocation des électeurs affiché le 14 septembre 2022 était illisible, de sorte qu'il était impossible de déposer une candidature et que le taux de participation en a été affecté.

Par des mémoires, enregistrés les 26 octobre et 18 novembre 2022, ce dernier n'ayant pas été communiqué, la commune de Campeaux, Mme AM AB, Mme K Q, M. AE P, M. W G, M. AK AI et M. W Y, représentés par Me Balakirouchenane, concluent au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge solidaire des protestataires une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- il n'y a plus lieu de statuer sur la demande, dès lors que les requérants reconnaissent eux-mêmes que leur requête n'aurait plus d'objet alors qu'ils admettent n'avoir pas l'intention de contester la régularité des opérations électorales ;

- la requête est irrecevable en l'absence de qualité pour agir des protestataires ;

- elle est irrecevable en l'absence de signature de la protestation électorale ;

- elle est irrecevable en raison de la notification tardive de cette protestation aux conseillers municipaux élus ;

- les moyens soulevés par les protestataires ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code électoral ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Thérain, président-rapporteur,

- les conclusions de Mme Minet, rapporteure publique,

- et les observations de Mme O, requérante, ainsi que celle de

Me Balakirouchenane, représentant les défendeurs.

Considérant ce qui suit :

1. La commune de Campeaux a organisé des élections municipales partielles complémentaires afin de compléter son conseil municipal par l'élection de six conseillers. À l'issue du premier tour de scrutin du 9 octobre 2022, les six postes ont été pourvus. Mme AL O et d'autres habitants de la commune demandent au tribunal d'annuler ces opérations électorales.

2. En premier lieu, il ne résulte à l'évidence pas des écritures des protestataires que ces derniers admettraient que leur demande aurait été privée d'objet en cours d'instance. Il s'ensuit que les conclusions aux fins de non-lieu opposées sur ce fondement par la commune de Campeaux et les autres défendeurs doivent être écartées.

3. En second lieu, aux termes de l'article L. 247 du code électoral : " () les électeurs sont convoqués pour les élections partielles, par arrêté du sous-préfet. / L'arrêté de convocation est publié dans la commune six semaines au moins avant l'élection ". Selon l'article L. 255-4 du même code : " Une déclaration de candidature est obligatoire au premier tour du scrutin pour tous les candidats () / Elle est déposée à la préfecture ou à la sous-préfecture au plus tard : / 1° Pour le premier tour, le troisième jeudi qui précède le jour du scrutin, à 18 heures () ". Aux termes de l'article R. 127-2 du même code : " Les déclarations de candidature en vue du premier tour de scrutin sont reçues à compter d'une date fixée par arrêté préfectoral () ".

4. Il résulte de l'instruction que les électeurs de la commune de Campeaux ont été convoqués aux élections litigieuses par un arrêté du sous-préfet d'arrondissement du 17 août 2022, lequel mentionnait notamment que le premier tour de scrutin se déroulerait le 9 octobre 2022 et que le dépôt des candidatures s'effectuerait en préfecture du 19 au 22 septembre 2022.

5. Si les protestataires soutiennent que l'organisation des élections a fait l'objet d'une publicité insuffisante n'ayant permis ni le dépôt de certaines candidatures, ni d'obtenir le taux de participation habituellement constaté lors des précédentes élections, il résulte du certificat d'affichage établi le 24 août 2022 par le maire de la commune, lequel fait foi jusqu'à preuve du contraire, que l'arrêté évoqué au point précédent a fait l'objet d'un affichage dans la commune à cette même date, en l'espèce sur le panneau réservé à cette effet situé à proximité de la mairie. Il est au demeurant admis par les protestataires que cet arrêté était affiché au plus tard le

14 septembre 2022, date à laquelle des candidatures pouvaient être encore utilement déclarées en préfecture, sans qu'il ne soit pour autant démontré que cet affichage était illisible. Dans ces conditions, et alors même qu'un autre panneau d'ailleurs inusité se situerait sur le territoire de la commune et que certaines informations d'intérêt communal font habituellement l'objet d'une diffusion postale auprès des habitants, les protestataires ne sont pas fondés à soutenir que le scrutin litigieux aurait donné lieu à un affichage méconnaissant les dispositions précitées, et qu'il aurait par suite fait l'objet d'une publicité insuffisante.

6. Il résulte de ce qui précède que la protestation de Mme O et autres doit être rejetée, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense.

7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme que les défendeurs réclament sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme O et autres est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par les défendeurs sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme AL O, à Mme E A, à Mme AJ F, à Mme H AA, à M. J AA, à

Mme AD AC, à M. N AC, à Mme AH R, à Mme Z I, à M. U I, à Mme V T, à M. D T, à Mme AG B, à M. J B, à M. L C, à Mme AF X de Freitas, à M. S M, à la commune de Campeaux, à Mme AM AB, à Mme K Q, à

M. AE P, à M. W G, à M. AK AI, à M. W Y et à la préfète de l'Oise.

Délibéré après l'audience du 23 novembre 2022 à laquelle siégeaient :

- M. Thérain, président,

- Mme Rondepierre, première conseillère,

- M. Richard, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2022.

Le président-rapporteur,

signé

S. Thérain

L'assesseur le plus ancien,

signé

A. Rondepierre La greffière,

signé

S. Chatellain

La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

N°2203294

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