jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2203345 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | HOMEHR |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée sous le n° 2203345 le 17 octobre 2022, M. B A, représenté par Me Homehr, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 22 mars 2022 par laquelle le président de la commission de discipline de la maison d'arrêt d'Amiens lui a infligé, dans le cadre des procédures disciplinaires n° 2022000151 et n° 2022000153, la sanction de vingt jours de mise en cellule disciplinaire, ensemble la décision du 12 mai 2022 par laquelle la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Lille a rejeté le recours administratif qu'il a formé contre cette décision ;
2°) de mettre à la charge de l'État, à verser à son avocat, la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la commission de discipline était irrégulièrement composée, dès lors que l'identité des rédacteurs des comptes-rendus d'incidents qui ont conduit à la saisine de la commission de discipline n'est pas connue, ce qui ne permet pas de s'assurer que l'un d'eux n'a pas siégé au sein de ladite commission, conformément aux dispositions de l'article R. 57-7-13 du code de procédure pénale.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 décembre 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que l'unique moyen de la requête n'est pas fondé.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 17 août 2022.
II. Par une requête, enregistrée sous le n° 220346 le 17 octobre 2022, M. A, représenté par Me Homehr, demande au tribunal :
1°) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 22 mars 2022 par laquelle la commission de discipline de la maison d'arrêt d'Amiens lui a infligé, dans le cadre des procédures disciplinaires n° 2022000152 et n° 2022000154, la sanction de vingt jours de mise en cellule disciplinaire, ensemble la décision du 12 mai 2022 par laquelle la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Lille a rejeté le recours administratif qu'il a formé contre cette décision ;
2°) de mettre à la charge de l'État, à verser à son avocat, la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soulève le même moyen que dans la requête n° 2203345.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 décembre 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que l'unique moyen de la requête n'est pas fondé.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 17 août 2022.
Par une ordonnance du 26 décembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 15 février 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Sako, conseillère.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, alors incarcéré à la maison d'arrêt d'Amiens, a fait l'objet le 22 mars 2022 de deux sanctions de placement en cellule disciplinaire pour une durée de vingt jours, dans le cadre des procédures disciplinaires ouvertes sous les n°s 2022000151 et 2022000153 d'une part, et n°s 2022000152 et 2022000154 d'autre part. Par deux décisions du 12 mai 2022, la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Lille a rejeté les recours administratifs formés par l'intéressé à l'encontre de ces sanctions. Par les présentes requêtes, M. A demande l'annulation des décisions du 22 mars 2022 du président de la commission de discipline, ensemble les décisions du 12 mai 2022 de la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Lille.
Sur la jonction des requêtes :
2. Les requêtes n°s 2203345 et 2203346 présentées par M. A présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur l'étendue du litige :
3. D'une part, aux termes de l'article R. 57-7-32 du code de procédure pénale, alors en vigueur : " La personne détenue qui entend contester la sanction prononcée à son encontre par la commission de discipline doit, dans le délai de quinze jours à compter du jour de la notification de la décision, la déférer au directeur interrégional des services pénitentiaires préalablement à tout recours contentieux. Le directeur interrégional dispose d'un délai d'un mois à compter de la réception du recours pour répondre par décision motivée. L'absence de réponse dans ce délai vaut décision de rejet ".
4. D'autre part, lorsqu'il est saisi de conclusions tendant à l'annulation d'une décision qui ne peut donner lieu à un recours devant le juge de l'excès de pouvoir qu'après l'exercice d'un recours administratif préalable, le juge de l'excès de pouvoir doit regarder les conclusions dirigées formellement contre la décision initiale comme tendant à l'annulation de la décision, née de l'exercice du recours, qui s'y est substituée.
5. Il ressort des pièces produites par le requérant que l'intéressé a saisi la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Lille de recours contre les sanctions prononcées par le président de la commission de discipline de la maison d'arrêt d'Amiens le 22 mars 2022, comme il en avait l'obligation en vertu des dispositions précitées de l'article R. 57-7-32 du code de procédure pénale alors en vigueur. Par deux décisions du 12 mai 2022, la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Lille a rejeté les recours administratifs préalables obligatoires présentés par M. A. Il suit de là que les conclusions présentées par le requérant tendant à l'annulation des décisions initiales du 22 mars 2022, doivent être regardées comme étant dirigées contre les décisions du 12 mai 2022 portant rejet de ses recours administratifs préalables obligatoires qui s'y sont substituées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
6. Aux termes de l'article R. 57-7-6 alors en vigueur du code de procédure pénale : " La commission de discipline comprend, outre le chef d'établissement ou son délégataire, président, deux membres assesseurs. ". Aux termes de l'article R. 57-7-7 alors en vigueur du même code : " Les sanctions disciplinaires sont prononcées, en commission, par le président de la commission de discipline. Les membres assesseurs ont voix consultative. ". En application de l'article R. 57-7-8 alors en vigueur du même code : " Le président de la commission de discipline désigne les membres assesseurs. / Le premier assesseur est choisi parmi les membres du premier ou du deuxième grade du corps d'encadrement et d'application du personnel de surveillance de l'établissement. / Le second assesseur est choisi parmi des personnes extérieures à l'administration pénitentiaire () ". Enfin, aux termes de l'article R. 57-7-13 alors en vigueur du même code : " En cas de manquement à la discipline de nature à justifier une sanction disciplinaire, un compte rendu est établi dans les plus brefs délais par l'agent présent lors de l'incident ou informé de ce dernier. L'auteur de ce compte rendu ne peut siéger en commission de discipline ".
7. Il résulte de ces dispositions que la présence dans la commission de discipline d'un assesseur choisi parmi les membres du premier ou du deuxième grade du corps d'encadrement et d'application du personnel de surveillance de l'établissement, qui ne peut être l'auteur du compte rendu établi à la suite d'un incident, constitue une garantie reconnue au détenu, dont la privation est de nature à vicier la procédure, alors même que la décision du directeur interrégional des services pénitentiaires, prise sur le recours administratif préalable obligatoire exercé par le détenu, se substitue à celle du président de la commission de discipline.
8. Il ressort des pièces produites en défense que les quatre comptes-rendus d'incidents qui ont conduit à la saisine de la commission de discipline ont été rédigés par trois agents dont les initiales commencent par les lettres " B.B ", " S.B " et " C.C ", alors que le nom du premier assesseur siégeant à la commission de discipline du 22 mars 2022 commence par la lettre " P ". Il résulte de cette différence qu'aucun des auteurs des comptes-rendus d'incidents n'a siégé à la commission de discipline qui s'est réunie pour se prononcer sur les procédures disciplinaires engagées à l'encontre de M. A. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article
R. 57-7-13 du code de procédure pénale doit être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions du 12 mai 2022.
Sur la demande relative aux frais de l'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, verse à Me Homehr la somme que celui-ci réclame au titre des frais exposés au cours de l'instance et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n°s 2203345 et 2203346 de M. A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au garde des sceaux, ministre de la justice et à Me Homehr.
Copie en sera adressée pour information à la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Lille.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Boutou, président,
Mme Pierre, première conseillère,
Mme Sako, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.
La rapporteure,
Signé
B. Sako
Le président,
Signé
B. Boutou La greffière,
Signé
A. Ribière
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2203345 et 2203346
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026