mardi 31 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2203743 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | PAMLAW - AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires complémentaires, enregistrés le 23 novembre 2022 et les 21 février et 6 avril 2023, Mme E C, M. N C, Mme L G, M. M G, Mme H A B, Mme J K, M. F K, Mme D I et M. O I demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler la délibération du 27 septembre 2022 par laquelle le conseil municipal de Laversines a approuvé une convention à conclure avec la société Free Mobile en vue de l'installation et de l'exploitation d'une antenne de téléphonie mobile sur la parcelle cadastrée section Y n° 173 de la commune, et a autorisé le maire de la commune à la signer ;
2°) de rejeter les conclusions de la société Free Mobile présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Laversines une somme de 4 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la délibération attaquée, qui au regard de son intitulé n'a qu'une valeur d'information du conseil municipal sur le projet envisagé, n'a pas été soumise au vote, le registre des délibérations ne faisant état à son sujet d'aucun vote ni d'aucun nombre de votants, alors que par exemple pour la délibération relative au compte épargne temps il est indiqué le nombre de votants ;
- aucune information technique sur l'antenne n'a été diffusée aux habitants avant la séance du conseil municipal du 27 septembre 2022 ;
- la délibération, qui mentionne " plusieurs échanges avec la société Free ", n'est basée sur aucun document technique, seul un projet de convention étant visé et aucune étude de faisabilité n'a été communiquée, et les informations données aux votants étaient parcellaires et ne leur ont pas permis de se positionner en toute connaissance de cause ;
- le maire de la commune a empiété sur les compétences du conseil municipal en disposant de manière discrétionnaire et sans contrôle de l'affectation du patrimoine foncier public de la commune ;
- les conditions de la convention d'occupation ne sont pas conformes aux intérêts de la commune dès lors que le loyer annuel résiduel fixé à 2 000 euros n'est pas une contrepartie suffisante ;
- l'intervention de la société Free Mobile souhaitée par le tribunal et ses conclusions relatives aux frais liés au litige sont irrecevables.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 23 janvier et 20 mars 2023, la commune de Laversines conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par des observations en réponse enregistrées le 9 mars 2023, la société Free Mobile, représentée par Me Martin, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable en tant qu'elle est dirigée contre un acte détachable de la convention d'occupation du domaine public dont elle bénéficie ;
- la requête est également irrecevable en ce que les requérants n'établissent pas leur intérêt pour agir ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 11 avril 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 mai 2023 à 12h00.
Par une lettre du 27 novembre 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de ce que la délibération attaquée du 27 septembre 2022 du conseil municipal de Laversines est inexistante matériellement et, par suite, nulle et de nul effet, dès lors qu'elle ne comporte aucun dispositif révélant qu'une décision aurait été adoptée à l'issue d'un vote des membres du conseil municipal.
Par un mémoire enregistré le 1er décembre 2024 qui n'a pas été communiqué, la société Free Mobile a présenté des observations en réponse au moyen d'ordre public en indiquant que le moyen d'ordre public communiqué était fondé.
Par un mémoire enregistré le 2 décembre 2024, la commune de Laversines a présenté des observations en réponse au moyen d'ordre public en confirmant qu'une délibération a effectivement été prise lors de la séance du conseil municipal du 27 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Wavelet, rapporteur,
- les conclusions de Mme Rondepierre, rapporteure publique,
- les observations de M. C et celles de Mme G.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 27 septembre 2022, le conseil municipal de la commune de Laversines (60510) a approuvé un projet de convention à conclure avec la société Free Mobile en vue de l'installation et de l'exploitation, sur la parcelle cadastrée section Y n° 173 de la commune, d'une antenne de téléphonie mobile et autorisé son maire à la signer. M. et Mme C, M. et Mme G, Mme H A B, M. et Mme K et M. et Mme I demandent au tribunal l'annulation de cette délibération.
2. En premier lieu, si, la délibération attaquée, telle que retranscrite dans le registre des délibérations du conseil municipal de la commune, ne comporte pas d'indication du sens de ce qui a été finalement décidé par le conseil ni d'indication sur le nombre de votants, la commune de Laversines a cependant produit, en réponse au moyen d'ordre public communiqué tiré de l'éventuelle inexistence de cette délibération, les attestations individuelles établies et signées le 29 novembre 2024 par les treize membres du conseil municipal ayant voté, dont les trois conseillers ayant donné pouvoir à un autre conseiller, indiquant que chacun des membres présents a effectivement voté pour qu'il soit décidé d'autoriser la signature de la convention que cette délibération avait pour objet d'approuver. Par suite, les moyens tirés de ce que la délibération attaquée n'a pas été soumise au vote et n'aurait pas de caractère décisoire doivent être écartés comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, à supposer même qu'en soutenant qu'aucune information technique sur l'antenne n'a été diffusée aux habitants avant la séance du conseil municipal du 27 septembre 2022, les requérants aient entendu se prévaloir des dispositions de l'article L. 2141-1 du code général des collectivités territoriales, ils n'assortissent ce moyen d'aucune précision suffisante permettant d'en apprécier le bien-fondé.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales : " Tout membre du conseil municipal a le droit, dans le cadre de sa fonction, d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération ".
5. Il ressort de la délibération attaquée que celle-ci indique l'objet de la convention faisant l'objet du vote, soit l'installation d'un pylône de radiotéléphonie d'une hauteur de 48 mètres et ses installations techniques accessoires, sa durée de douze ans à compter de sa signature, la localisation du projet sur une surface de soixante-douze mètres carrés située sur la parcelle cadastrée section Y n° 173, à plus de 400 mètres des premières habitations, l'identité du cocontractant, ainsi que les conditions générales de la convention concernant sa reconduction, la remise en état du site au terme du contrat ainsi que le versement d'un loyer annuel de 2 000 euros en contrepartie de la mise à disposition du terrain. Par suite, il ne ressort ni de la délibération attaquée ni d'aucune autre pièce du dossier, alors qu'aucune disposition législative ou réglementaire n'imposait de leur communiquer un document technique ou une étude de faisabilité, que les conseillers municipaux n'auraient pas été suffisamment informés sur le projet de convention avant de délibérer.
6. En quatrième lieu, si la délibération attaquée a également pour objet d'habiliter le maire de la commune à signer la convention soumise à l'approbation du conseil municipal, celui-ci, alors qu'il n'a pris lui-même aucune décision, ne saurait en tout état de cause être regardé, contrairement à ce que soutiennent les requérants, comme ayant incompétemment décidé de conclure cette convention ou de l'affectation du patrimoine foncier public de la commune.
7. En dernier lieu, si les requérants soutiennent que les conditions financières de la convention ne sont pas conformes aux intérêts de la commune dès lors que le loyer annuel fixé à 2 000 euros n'est pas une contrepartie suffisante, ils n'établissent toutefois pas, par la production de pièces venant au soutien de leurs allégations, que cette somme serait inférieure à la valeur locative de cette dernière.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées par la société Free Mobile, que les conclusions à fin d'annulation présentées par les requérants doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions qu'ils présentent au titre des frais liés au litige.
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la société Free Mobile au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. et Mme C, M. et Mme G, Mme A B, M. et Mme K et M. et Mme I est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la société Free Mobile au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E C, représentante unique des requérants, à la commune de Laversines et à la société Free Mobile.
Délibéré après l'audience du 4 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Thérain, président,
M. Wavelet, premier conseiller,
M. Harang, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 décembre 2024.
Le rapporteur,
signé
F. Wavelet
Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne au préfet de l'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026