mardi 28 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif d'Amiens |
| Section | Tribunal Administratif d'Amiens |
| N° Dossier | TA80-2203754 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP DUMOULIN CHARTRELLE ABIVEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 22 novembre et
1er décembre 2022, Mme A C, représentée par Me Chartrelle, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 octobre 2022 par lequel la préfète de l'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'admission exceptionnelle au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé l'Arménie comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure ;
2°) d'enjoindre à la préfète de l'Oise de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'admission exceptionnelle au séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.
Elle soutient que :
- la décision lui refusant le séjour méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et la circulaire du 28 novembre 2012 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière, dès lors qu'elle justifie d'une présence en France depuis mars 2014, où elle est intégrée, qu'elle est la mère de deux enfants, nés en France en 2104 et en 2016, scolarisés, insérés socialement et qui ne connaissent pas l'Arménie, qu'elle ne présente pas une menace pour l'ordre public et déclare régulièrement ses revenus ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 3-1 de la convention relative aux droits de l'enfant, dès lors que ses enfants seraient privés de scolarité en France, où ils sont insérés et qu'ils ne connaissent pas l'Arménie ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'obligation de quitter le territoire français est illégale, dès lors que le refus de titre de séjour sur lequel elle se fonde l'est également.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 décembre 2022, la préfète de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est tardive ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Mme C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 octobre 2022.
Par ordonnance du 6 décembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 4 janvier 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le
26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Rondepierre, rapporteure.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante arménienne née le 3 janvier 1987, déclare être entrée en France le 24 mars 2014. Elle a présenté une demande d'admission exceptionnelle au séjour auprès des services de la préfecture de l'Oise le 30 novembre 2021. Par arrêté du 11 octobre 2022, dont elle demande l'annulation, la préfète de l'Oise a refusé de lui délivrer le titre de séjour demandé, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé l'Arménie comme pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".
3. Si Mme C soutient être entrée en France le 24 mars 2014, ne pas avoir quitté le territoire français depuis cette date et si elle se prévaut de plusieurs attestations rédigées par des relations amicales, de voisinage ou de parents d'élèves fréquentant les mêmes établissements que ses deux enfants, respectivement nés en 2014 et 2016, ces éléments ne sont pas, à eux seuls, suffisants à établir des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels au sens des dispositions précitées, alors qu'elle ne justifie par ailleurs d'aucun emploi et qu'elle a déjà fait l'objet de trois mesures d'éloignement auxquelles elle s'est soustraite. Par suite, et sans que
Mme C puisse utilement se prévaloir de la circulaire du 28 novembre 2012 relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière, la préfète de l'Oise n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en refusant de délivrer un titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ".
5. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les enfants de B C ne pourraient poursuivre normalement leur scolarité dans leur pays d'origine, ni qu'ils ne pourraient s'y insérer. Dans ces conditions, compte tenu de ce qui a été ci-dessus au point 3 et de ce que la requérante ne justifie pas d'autre attache familiale en France que celle de ses enfants qui ont vocation à l'accompagner en cas de retour dans son pays d'origine, Mme C, qui ne justifie pas non plus être dépourvue de telles attaches en Arménie, n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté attaqué porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et aurait ainsi méconnu les stipulations précitées.
6. En troisième lieu, aux termes du 1. de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait () des tribunaux, des autorités administratives (), l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
7. Ainsi qu'il a été dit ci-dessus, si Mme C soutient que la décision litigieuse aura pour effet d'interrompre la scolarité de ses enfants en France, il ne ressort pas des pièces du dossier que les enfants de B C ne pourraient la poursuivre normalement dans leur pays d'origine. Dans ces conditions, et alors que les enfants de la requérante ont vocation à accompagner la requérante et son époux, qui a également fait l'objet d'une mesure d'éloignement le
28 septembre 2021, en cas de retour dans leur pays d'origine, Mme C n'est pas fondée à soutenir que la décision litigieuse méconnaitrait les stipulations précitées.
8. Enfin, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents () ".
9. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que Mme C n'est pas fondée à soutenir que la décision l'obligeant à quitter le territoire français serait illégale à raison de l'illégalité qui entacherait la décision lui refusant un titre de séjour.
10. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par la préfète de l'Oise tirée de la tardiveté de la requête, que les conclusions présentées par Mme C tendant à l'annulation de l'arrêté préfectoral du 11 octobre 2022, ainsi que celles qu'elle a présentées à fin d'injonction, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la préfète de l'Oise.
Délibéré après l'audience du 25 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Thérain, président,
- M. Richard, premier conseiller,
- Mme Rondepierre, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2023.
La rapporteure,
signé
A. Rondepierre
Le président,
signé
S. Thérain
La greffière,
signé
S. Chatellain
La République mande et ordonne à la préfète de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026